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The Pogues : "Rum sodomy & the lash"
Whiskey in the jar

jeudi 4 mars 2004, par Marc Lenglet

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Les Pogues (raccourci de l’expression gaélique « Pogue Mahone » , autrement dit, « Embrasse mon cul ») ont symbolisé, par leurs débordements et leurs sujets de prédilection, tout ce que la digne Angleterre a pu haïr chez les Irlandais : une meute des gens grossiers et querelleurs, de poivrots mal embouchés aux dents gâtées et à l’haleine fétide. Et ces Celtes caricaturaux sont venus narguer les charts anglais tout au long des années 80. Le rhum, la sodomie et le fouet, plaisante description de la vie maritime, reste leur album le plus connu.

Les punks, le leader du groupe Shane MacGowan les connaît bien pour avoir été dans l’oeil du cyclone dans les folles années 75-77 (et s’y être au passage déjà taillé une réputation de fou furieux). Si le jeune irlandais admire l’énergie et la fougue de ce nouveau mouvement, il juge néanmoins qu’à trop vouloir faire abstraction du passé, les groupes punk tournent en rond et deviennent rapidement inaptes à composer une bonne chanson. C’est au plus profond de ce passé justement, dans le folklore irlandais, que MacGowan ira chercher ce qui lui paraît absent du mouvement punk : des mélodies efficaces et éternelles. Si les Pogues sont composés d’un batteur, d’un guitariste et d’une bassiste (Caith O’Riordan, future madame Elvis Costello - qui produit cet album par ailleurs), les joueurs de Bagpipe, de Fiddle ou de tambourin sont réellement ceux qui apportent aux Pogues leur spécificité et leur charme. Et, à moins d’être totalement hermétique à la musique celtique, les titres de Rum sodomy & the lash donnent pour la plupart irrépressiblement envie de danser.

Mais qu’est-ce qui différencie les Pogues de groupes traditionnels irlandais tels que les Chieftains ou les Dubliners ? Simple : l’énergie et la colère punk, surtout présentes dans le chant rauque, haineux et balbutiant de MacGowan, et enfin - surtout - les textes du de frontman d’exception, sans doute l’un des personnages les plus dangereux et extrêmes de toute l’histoire du rock.

Qu’il s’agisse de gigues endiablées ou de balades désabusées, son talent affleure à chaque syllabe. Car être un déplorable sac à Guiness n’empêche pas de savoir écrire et évoquer avec génie les sujets les plus variés. Authentique poète, « l’édenté » sait invoquer au travers de ses textes une large palette de sentiments, de l’humour au cynisme, en passant par la tristesse et la nostalgie.

Qu’il invite les personnages du folklore irlandais (The sick bed of Cucchulaín), rende hommage aux bandits du Far-West (Jesse James) ou énumère avec un mépris affectueux ses souvenirs de paysage urbain cradingue (Dirty old town), on peut être sûr que tôt ou tard, l’un des protagonistes du récit de Shane finira vautré dans un caniveau, la gueule tapissée de vomi. Hé oui, la Green Erin, ce ne sont pas que vertes prairies et harpistes aux voix enchanteresses : ce sont aussi des tripots par milliers, bourrés de rouquins rustauds à la mine patibulaire, où il est de bon ton d’écluser du Stout jusqu’à ignorer si l’on est sur mer ou sur terre. Sous la plume de MacGowan, c’est tout le cœur gonflé d’alcool de la vieille Irlande qui se met à battre.

Shane MacGowan, ivrogne de génie, se considérait lui même comme l’héritier lointain des bardes irlandais dont l’unique rétribution consistait dans le droit de passer la nuit dans la réserve de whiskey du château. Il sabotera sa carrière au sein du groupe pour cause d’alcoolisme défiant les imaginations les plus fertiles, et sera remplacé un temps par Joe Strummer. Aujourd’hui officiant dans les Popes, après 5 ou 6 ans de vide artistique et éthylique, il ne semble pour autant pas avoir mis un frein à son goût pour le méthanol. Mais peu importe : s’il est bien une de ces étoiles filantes du rock, à avoir su trouver le ton et les mots justes, à avoir établi l’équilibre entre passé et présent d’une part, entre textes soignés et pop-songs immédiates de l’autre et, contre toute attente, à avoir été épargné par la faucheuse, c’est bien ce diable d’irlandais !



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

The Pogues : "Rum sodomy & the lash"
(1/3) 30 mars 2013, par stavros
The Pogues : "Rum sodomy & the lash"
(2/3) 23 janvier 2008, par Nicolas
The Pogues : "Rum sodomy & the lash"
(3/3) 9 juillet 2006, par Dam from Anneçy




The Pogues : "Rum sodomy & the lash"

30 mars 2013, par stavros [retour au début des forums]

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The Pogues : "Rum sodomy & the lash"

23 janvier 2008, par Nicolas [retour au début des forums]

"Aujourd’hui officiant dans les Popes, après 5 ou 6 ans de vide artistique et éthylique, il ne semble pour autant pas avoir mis un frein à son goût pour le méthanol."

Il s’agit d’Ethanol et non pas de méthanol qui est un produit toxique !

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The Pogues : "Rum sodomy & the lash"

9 juillet 2006, par Dam from Anneçy [retour au début des forums]

Ca c’est bien vrai !!! on en a passé des moments a "pogoter" sur Sally Mc Lennane......

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