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The Passage : "Enflame"
Passage obligé des vrais fans de Cold Wave

lundi 2 février 2004, par Alan Brausseau

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"The Cure ? Joy Division ? Bowie ? Kraftwerk !? Connais pas" pourrait nous mettre au défi le démiurge Dick Witts, tant son groupe s’affranchit de ces modèles New Wave d’ordinaire incontournables.

The Passage s’avère donc être l’Ovni musical de ce mouvement -déjà alternatif en soi- dont la complète réédition CD de leur catalogue jusque-là vinyle permet de dévoiler l’évidence. Autant le dire tout de suite : je suis fan ! Mais bien que les quatre albums du groupe fouillent le même concept sonore, la même trouvaille inégalée, je vous pose la question : qui peut prétendre avoir réalisé en tout juste six années d’existence quatre chefs d’oeuvres d’affilée ? The Passage justement.

Alors j’ai choisi, non sans mal, de m’intéresser à leur dernier opus. Ce n’est peut-être pas mon préféré, je dois reconnaître pourtant qu’il s’agit véritablement d’un achèvement musical. Il regroupe donc les trois thèmes clef ("fear", "power" & "love") relatifs aux trois précédents albums pour porter à son terme une écriture constamment anti-consensuelle de la mélodie.

Cela commence fort avec le tube Sharp tongue. Ne vous fiez surtout pas à ce titre pop non représentatif de la suite ! Je ne dis pas non plus qu’ils ont vendu leur âme, puisqu’il y a subtilité : les chœurs féminins sucrés sont pris pour ce qu’ils sont (le machisme, vous connaissez ?) et Dick Witts clôt la démonstration vocale d’un grand "there’s nothing left to be said". Ensuite, Clear as crystal met à jour "la machine" The Passage dans un vacarme sec de 3 minutes. Le talent fait qu’ils n’ont pas besoin de mélodie pour œuvrer. J’admets que c’est un titre difficile d’accès, il en faut, surtout que l’électronique Drugface vient à pont nommé. Basé sur un arpeggiateur réglé sur les graves, les nappes de synthétiseur analogique, déconcertantes de facilité, nous entraînent dans un tunnel en verre. Avec The half of it : twats on touche enfin à l’emballement imparable, qui provoque chez moi des sautillements nerveux intérieurs cinglants ! On reprend l’entrain décalé de Degenerates (le précédent album), sauf que cette fois-ci la dissonance et les incessantes ruptures de chant sont exploitées avec force. C’est comme si Dick Witts et ses collègues se régalaient à se jouer de nos oreilles, de nos habituelles attentes musicales. Et ça marche !

La seconde partie de The half of it : sissies est davantage électronique, avec une voix robotique. Seulement l’électronique chez The Passage ne relève jamais, à la différence de bien d’autres, d’une soumission à la machine. Dick Witts, la tête pensante du groupe qui signe tous les morceaux, sait comme personne plier l’instrument à son génie. Quand les soli au Prophet de John Foxx peuvent rappeler ceux de Gary Numan à la même époque (soit 1979-81), la mélodie arythmique et déglinguée de The Passage ne trouve pas à ma connaissance d’équivalent.

Dogstar est un titre atypique. Le batteur troque alors ses toms pour une boîte à rythme dépouillée et surtout un chant ironique. En effet, Joe McKechnie relate sa récente déconvenue dans un pub allemand. Portant une étoile rouge en guise de badge, le vigile lui interdit l’entrée... à ce "sale chien de communiste" ! Joe se permet donc de siffler un cabot imaginaire sur le couplet final. On arrive à Horseplay, résolument le plus beau titre, le plus humain. Malgré des paroles toujours aussi sérieuses, phrasées ("maybe you see us as a contest…"), le ton mélodique de l’ensemble invite un solo de guitare incessant, une fois n’est pas coutume. Basé sur la rupture d’ambiance, l’album se poursuit sur un titre concept que je qualifierai d’Heavy Electro. Brd usa ddr jfk exploite ainsi un sample de discours politique pour éviter d’être trop passé à la radio ! Sunburn referme donc Enflame avec une rythmique toujours aussi dure et riche (on ne compte plus les pistes de batterie et percussions).

Lorsqu’on parle de New Wave, on pense aux synthétiseurs et à la basse. Si Dick Witts crée des parties fabuleuses et complètes au synthé, il met beaucoup d’énergie et de passion dans les percussions. Venant d’un orchestre où il jouait des tympans, ce statut atypique va marquer la différence avec les autres groupes dits électroniques.

A l’écoute d’un des albums de The Passage vous oublierez à coup sûr The Cure, Joy Division, New Order et compagnie. J’insiste, ce groupe Cold Wave a imposé durant sa courte carrière une écriture musicale unique, sans aucun soucis de vente, qui le classe parmi les très grands. Alléluia !

Moby a samplé une phrase de Drugface ("the drug fits the face") pour un de ses titres. Je n’en sais pas plus. Je n’ai pas cherché à écouter non plus...



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Alan Brausseau





Il y a 5 contribution(s) au forum.

The Passage : "Enflame"
(1/3) 5 juin 2014, par Lee
The Passage : "Enflame"
(2/3) 27 septembre 2005, par Youki Smayas
> The Passage : "Enflame"
(3/3) 26 août 2004, par FD




The Passage : "Enflame"

5 juin 2014, par Lee [retour au début des forums]

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The Passage : "Enflame"

27 septembre 2005, par Youki Smayas [retour au début des forums]

Le pire est que ce disque n’est dispo nulle part, donc on ne saura jamais si ce passage obligé valait le détour :-(

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> The Passage : "Enflame"

26 août 2004, par FD [retour au début des forums]

bien marrant ce chroniqueur... "passage obligé des vrais fans de cold wave". Et encore quoi ??

dommage qu’il écrit plus celui-là, on se marrait bien

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