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The Offspring : "The Offspring"
Les débuts

mercredi 17 mars 2010, par Vincent Ouslati

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The Offspring a commencé bas sur l’échelle musicale, vraiment bas. Et si l’on oublie un instant qu’ils ont bercé les années collège de ma génération, il faut avouer la franche absence d’intérêt de leurs deux premiers disques. Notamment celui-ci que l’on a souvent qualifié de grosse merde. Attiré par l’odeur, je m’y suis remis récemment, pensant me taper des barres en écoutant du vide. Après une petite cure enceintes à fond, The Offspring à ses débuts ne vaut pas vraiment tout les tombereaux de purin versés sur leurs gueules. Il y avait comme une étincelle là-dedans... Un petit déclic.

Entendons-nous bien, je ne considère pas ce groupe comme essentiel au domaine musical, ils sont secondaires sur pas mal de plans et en premier lieu au niveau de la composition. Ce qui rend la popularité de The Offspring aussi incompatible avec son talent, c’est qu’ils sont tombés au bon moment dans les oreilles des teenagers. Avec leur punk à roulettes calibré pile-poil pour les années 90, ils sont parvenus à coups de riffs simples et de refrains automatiques à faire exploser l’acnée de millions de gosses, dont moi...

À partir de Smash, ils ont viré plus accessibles encore, matraquant leurs courts petits succès à la radio, payant ainsi leur grosse dette à MTV. Mais nous n’allons pas aller voir aujourd’hui du côté de leurs heures de gloire. On va se rapprocher doucement des débuts, avec un chanteur complètement faux, des musiciens en pleine puberté et une production que l’on qualifiera avec mansuétude de "brute". Penser que ces mioches ont cherché à ranimer la flamme du punk historique serait exagéré. Ce premier album s’apparente simplement à un gentil petit machin fait par de gentils garnements, tout ça avec de petits moyens.

Le niveau général est donc faible (envoyez-vous le solo de guitare de Elders...), ce qui pour une première oeuvre n’est pas forcément criticable, du moins peut-on le tolérer. Dexter Holland y chante parfaitement mal et ne semble pas pouvoir faire mieux. Mais bien que mauvais, le groupe avait alors une belle énergie. Et bien que plié en quatre à l’écoute du disque, on trouve tout de même quelques moments plutôt sympathiques.

Entre autres la petite introduction acoustique de Out on patrol, ou la très correcte Crossroads et sa ligne de guitare pas miteuse. Titres courts et globalement dotés d’une belle énergie qui masque l’inexpérience des musiciens. La production au niveau des égouts associée aux éléments précités est dans le ton de ce qui rend The Offspring non pas miraculeux mais plutôt cohérent dans sa ligne de conduite. Soit jeune et con, rapide et pressé, baclé mais honnête.

Dans une soirée totalement dédiée à la déconne et avec des invités aux aptitudes musicales proches du néant, vous pouvez vous offrir un petit succès critique avec cette ébauche boutonneuse. Curieusement, l’évolution d’avec les gros tubes des années 90 n’est pas flagrante, Dexter chante mieux certes, le niveau musical a progressé, mais globalement The Offspring en reste à offrir une musique assez basique et efficace. A l’image des Ramones, des Dead Kennedys ou des Stooges (trois crans en dessous sur l’échelle de la gloire quand même), les keupons à roulettes de The Offspring s’éclataient bien en 1989. Et ça s’entend toujours plus de vingt ans après.

En dernière plage, le groupe a inséré une chanson intitulée Kill the President, chose qui ne manquera pas de choquer le présentateur Wally George en 1989.



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Vincent Ouslati