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The Jam : "The gift" Les pères de la Britpop mardi 26 octobre 2004, par |
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Avant de devenir l’artiste solo à succès et le patriarche sourcilleux de la Britpop, Paul Weller avait dirigé un groupe qui, s’il n’a eu d’influence majeure ni sur la scène des années 80, ni hors de la blanche Albion, n’en a pas moins connu un succès estimable durant ses six brèves années d’existence.
Bien que faisant partie de ces groupes trop british pour connaître un réel succès international, The Jam a réussi à réaliser une percée majeure à la fin des années 70. Face à la crasse punk, une partie du public est en quête d’un peu plus d’élégance. De nombreuses formations s’engouffreront dans la brèche mais The Jam, principalement par le talent de composition et le goût de la polémique de Paul Weller, sera celle qui incarnera le plus parfaitement le renouveau des Mods. Les Mods ? Mais oui, ces jeunes gens des sixties sapés comme des milords, coiffés avec un soin maniaque, qui ne juraient que par les Who, roulaient en meute sur des vespas dégoulinantes de rétroviseurs et de catadioptres, se bourraient d’amphets’ pour tenir le coup toute la nuit, et partaient le week-end à Brighton pour se coltiner avec les pouilleux en perfecto amateurs de rock’n roll des années 50. Du moins, si l’on en croit le film Quadrophenia (film réalisé en 1980 par Frank Roddam, inspiré par l’album des Who du même nom, et qui voyait en outre Sting faire ses premiers pas au cinéma). Cet album, le dernier avant que Weller parte suivre sa propre voie en solo, fut assez décrié à sa sortie. Abandonnant l’optique qui l’avait propulsé comme nouvelle icône mod des années 80, The Jam abordait des rivages tropicaux qui n’eurent pas l’heur de plaire à tous les fans. Il remporta néanmoins un franc succès commercial. Si on y retrouve d’excellentes chansons proto-Britpop à la Happy together ou Ghosts, on surfe sur un rythme funk torride dès la troisième piste, l’ébouriffant Precious. Par la suite, l’album plonge totalement dans le cross-over avec des rythmes afro, des cuivres reggae, et des emprunts voyants à la Motown. On peut ne pas apprécier, mais cette exotisme apporte une atmosphère suave à The gift. Car en fin de compte, c’est bien un cadeau que nous fait Paul Weller, en sabotant sa propre image de marque pour rendre sa musique la plus colorée possible. Le point culminant de l’album reste bien entendu le merveilleusement entraînant A town called malice et sa ligne d’orgue survoltée. Ce dernier titre a d’ailleurs été repris, entre autres trésors du rock anglais, sur la bande originale du film Billy Elliott de Stephen Daldry. Cette trahison à la ligne de conduite mod n’est pas le seul point de rupture de cette production avec le passé, et le second reproche qu’on lui fait est peut-être plus justifié : Weller s’est ramollit. Lui qui n’a jamais mâché ses mots vis-à-vis de la société britannique, lui qui appelait à la révolte en prenant le très sélect collège d’Eton comme symbole honni de l’establishment, le voilà qui verse dans un idéalisme lennonien à la « Imaginez seulement si… ». Certes, dans Just who is the 5 o’clock hero ?, il critique toujours la politique économique du gouvernement Thatcher qui met les travailleurs sur les rotules (« My hard earned dough goes in bills and the larder…and that Prince Philip tell us we gotta work harder ! ») Plus loin, il prend position contre la guerre des Malouines, mais on sent bien que le cœur n’y est plus. Au contraire, les chansons sentimentales s’imposent avec force sur cet album. Et pourquoi pas après tout ? Si Weller avait eu son content de rock traditionnel et de discours engagés, et préférait se consacrer à des sonorités plus groovy et à des récits plus inoffensifs, quelle importance ? C’est vrai, j’ai bon dos, ça ne m’a pas marqué outre mesure à l’époque vu que j’étais encore loin de savoir que les mods ou même l’Angleterre existaient. Mais il n’y a guère besoin d’avoir été musicalement engagé voici 20 ans pour considérer ce testament jammien pour ce qu’il est : un recueil de titres chaleureux, inventifs et rafraîchissants, qu’on écoute encore et toujours sans lassitude. Le signe inaltérable des groupes pop-rock qui ont un réel talent. |
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Il y a 3 contribution(s) au forum. The Jam : "The gift"
(1/3) 11 décembre 2008, par Audrey The Jam : "The gift"
(2/3) 29 mai 2006, par jmsmirnoffice > The Jam : "The gift"
(3/3) 27 juin 2005, par lkj |
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