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The Bollock Brothers : "The last supper"
Quand punks et synthés font bon ménage

jeudi 18 juin 2009, par Jérôme Delvaux

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Ils sont Ecossais, ils sont laids, ils boivent de la bière et aiment le foot au-delà du raisonnable. Ils sont les Bollock Brothers, une bande de voyous qui s’inscrivent dans la descendance directe des Sex Pistols (ils tirent bien sûr leur nom de Never mind the bollocks), mais en chipotant sur des synthétiseurs et en multipliant les reprises improbables. The last supper, leur premier album, est paru en 1983.

Avant cela, les Bollock Brothers se font remarquer au Royaume-Uni via plusieurs singles et maxis pas banals. The act became real et The bunker, tout d’abord, en 1981, pour lesquels le chanteur Jock McDonald, seul membre permanent du groupe, fait équipe avec le producteur Jimmy Lydon, frère de John, chanteur des… Sex Pistols ; The slow removal of Vincent Van Gogh’s left ear ensuite, plus rock, plus rude, plus ambitieux aussi, avec Geordie Walker et Youth de Killing Joke en renfort aux guitares et basse. La presse de l’époque est enthousiaste, et il y a de quoi car ces premiers morceaux sont très bons et explorent des horizons différents (énergique et dansant pour The bunker, sombre et froid pour The slow removal of...). The last supper, leur premier (double !) LP, sort finalement en 1983 et vient confirmer la créativité de Jock McDonald et de ses sbires (en fait des musiciens interchangeables, engagés pour autant qu’ils soient bons buveurs et fans des Celtics de Glasgow).

Mais quoi, c’est du punk, ton truc ? Pas vraiment... The last supper, on peut dire que c’est de la new wave, mais de la new wave qui ne se prendrait absolument pas au sérieux, contrairement à de très nombreux groupes du genre. C’est une new wave bourrée d’humour, de second degré et de surréalisme, loin, très loin de l’image sérieuse et arrogante que pouvaient donner, en 83, des groupes comme Killing Joke et Public Image Ltd., par exemple.

Horror movies, qui ouvre l’album, semble dans les premières secondes faire un appel du pied aux gothiques (les Bollocks ont joué à la Batcave, leur antre londonienne) : une voix d’outre-tombe déclame des titres de films d’épouvante sur un air de clavier sinistre, puis le morceau évolue en ce qui aurait très bien pu être un générique de teenage movie américain (avec Eddie Murphy en chasseur de fantômes, quelque chose comme ça…) : un vrai single de synth-pop sympa comme tout.
Je hais les chroniques track-by-track, passons donc ensuite directement à mon gros coup de cœur, soit le dernier titre, The gift 2, qui occupe toute une face du second disque. The gift 2 n’est rien d’autre qu’une suite parodique de The gift, le célèbre morceau de spoken-words du Velvet Underground (sur White light/White heat). Secondé par deux membres des Vibrators en guest-stars, Jock McDonald imite les intonations de John Cale pour conter une (longue) histoire désopilante où il est question, entre autres, de Boy George et d’une intrusion impromptue dans la chambre de la Reine d’Angleterre (allusion à un fait divers de l’époque), le tout sur un tapis de psyché-rock oppressant.

Entre ces deux titres bien représentatifs de l’univers déjanté des Bollocks (les couilles, littéralement), on a droit à sept chansons d’une qualité variable où s’entrechoquent des synthés cheap mais bien manipulés (comme du Visage en mieux, avec un chanteur qui ne se prendrait pas pour la huitième merveille du monde - cf. Reincarnation of, un tube pour clubbeurs ivres), des sonorités parfois presque disco (Save our souls), des lignes de basse funky bondissantes (particulièrement sur Face in the mirror, sorte de parodie alcoolisée des premiers Duran Duran), des samples décalés, des guitares quelques fois très rock (sur la plage titulaire, elles flirtent avec le hard) et des vocalises nonchalantes de punk à l’accent écossais qui roule bien les Rrrrrr.

C’est sûr, les Bollock Brothers n’ont pas inventé l’eau chaude, mais leurs albums des années 80, et celui-ci en particulier, soutenaient tout à fait la comparaison face des productions bien plus prétentieuses.


PS : Cela ne se voit pas sur l’illustration ci-dessus, mais les visages des apôtres de la dernière cène ont été remplacés par des photos d’icônes décédées comme James Dean, Elvis Presley, Marilyn Monroe, Jim Morrison et Bruce Lee !



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Jérôme Delvaux





Il y a 4 contribution(s) au forum.

The Bollock Brothers : "The last supper"
(1/3) 15 mai 2013, par sérieuse
The Bollock Brothers : "The last supper"
(2/3) 18 juin 2009, par CZ
The Bollock Brothers : "The last supper"
(3/3) 18 juin 2009, par CZ




The Bollock Brothers : "The last supper"

15 mai 2013, par sérieuse [retour au début des forums]

Mais la nouvelle tendance qui n’est certainement pas prendre au sérieux, contrairement à de nombreux groupes de la catégorie. Il s’agit d’une nouvelle tendance chargé de comédie, deuxième niveau et le surréalisme, loin, très loin de l’image sérieuse et vaniteux qui pourrait donner, dans 83 descriptive essay examples

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The Bollock Brothers : "The last supper"

18 juin 2009, par CZ [retour au début des forums]

Oui, possible. A vérifier donc.

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The Bollock Brothers : "The last supper"

18 juin 2009, par CZ [retour au début des forums]

Pour info, l’intrusion dans la chambre de la reine
d’Angleterre était l’oeuvre d’un proche du groupe
justement.

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