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Talking Heads : "Remain in light"
La pop, telle qu’elle aurait dû être

dimanche 14 août 2005, par Albin Wagener

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Quatrième album de la formation new-yorkaise emmenée par le singulier ex-étudiant en art David Byrne, cette véritable œuvre d’art est considérée comme le meilleur disque des Talking Heads. Paru en 1980, cet opus est la troisième partie d’une longue et fructueuse collaboration entre Brian Eno et David Byrne. Véritable album-concept, il réussit à porter la musique pop à des sommets rarement atteints depuis lors et fait du groupe une pièce maîtresse essentielle dans l’histoire de la pop et du rock - est-il besoin de dire que l’une de leurs chansons a influencé le baptême du groupe Radiohead ?

Remain in light est en effet l’un des albums les plus warholiens de tous les temps, dans la mesure où le concept même de pop art, tel qu’il était décrit par Warhol, se devait de réunir et mélanger plusieurs courants et plusieurs cultures afin d’aboutir à quelque chose de populaire et d’accessible. Et, curieusement, le travail réalisé par Byrne et Eno correspond tout à fait à cette définition ancestrale, même si, au premier abord, l’album peut sembler décalé et indéchiffrable.

Qu’il est loin le temps où un David Byrne gentiment à côté de la plaque entonnait le célèbre refrain de Psycho killer ! Avec Remain in light, les Talking Heads ne sont plus un groupe à proprement parler mais deviennent un véritable collectif, avec toujours Byrne comme leader qui écrit et produit les titres avec ce cher échappé de chez Roxy Music, le désormais incontournable Brian Eno. Pour rajouter de l’huile sur ce feu, c’est le guitariste Adrian Belew de King Crimson qui vient assaisonner ces chansons étranges de sa guitare rythmique reconnaissable entre mille.

Difficile de vous décrire la musique de cette pièce de collection. Si le single Once in a lifetime, célèbre pour sa vidéo déjantée, peut vous donner une indication pertinente sur l’orientation rythmique et mélodique suivie par Byrne et Eno, il règne sur cet album un mélange évident d’art-rock, de new wave minimaliste, de white funk bondissant, de world music et de rythmiques africaines tribales et entraînantes. Si le disque s’ouvre sur un épileptique Born under punches (The heat goes on), une chanson comme Seen and not seen se déroule sous les pieds de l’auditeur comme un tapis magique et serein de visions éparpillées dans le temps et l’espace. Je vais essayer de faire plus clair : il n’y a rien de clair dans cet album. Tout n’est que collages, essais artistiques, expérimentations rythmiques décalées, bruitisme mélodique et ambiances de stratosphère. Listening wind paraît dépeindre un voyage à travers les civilisations, et c’est ce genre de chanson que Peter Gabriel reprendra en écho lorsqu’il fera entrer la world music dans sa pop marginale, notamment sur des chansons comme Rhythm of the heat ou Lay your hands on me. A l’inverse de ces grooves hypnotiques, l’album est également truffé de véritables danses de la pluie pour citadin occidental survolté, notamment l’effréné Crosseyed and painless qui donne envie de secouer son corps dans tous les sens, comme dans une transe vaudou improbable et purificatrice. En revanche, l’album se clôt sur un lancinant The overload en pleine déliquescence, une sorte de disparition totale et paisible de l’individu qui désirerait se fondre avec le monde...

Remain in light est un disque extrêmement inventif et terriblement influent pour tous ceux qui ne voulaient pas faire de la new wave un carcan dépressif pour guitares humides. D’ailleurs, ce n’est même pas vraiment de new wave qu’il s’agit, mais d’un tournant décisif dans l’histoire de la pop au sens noble du terme.



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Albin Wagener





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Talking Heads : "Remain in light"
(1/3) 17 octobre 2011, par hogan shoes
Talking Heads : "Remain in light"
(2/3) 16 février 2008
Talking Heads : "Remain in light"
(3/3) 2 février 2006, par Paipone




Talking Heads : "Remain in light"

17 octobre 2011, par hogan shoes [retour au début des forums]

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Talking Heads : "Remain in light"

16 février 2008 [retour au début des forums]

Remain In Light se termine presque comme Fear Of Music se finissait ! en point d’interrogation ! suivie de suspensions....
’The Overload’, espèce de machin lancinant et hypnotique qui tourne au ralenti est (toute proportions gardées) un peu le pendant de ’Drugs’ sur l’album précédent mais ’The Overload’ est encore plus zarbe parce que là on a l’impression de flotter perdu dans l’espace ou bien de couler en haute mer à bord d’un sous-marin (au choix !). géniale conclusion à un album tout aussi génial.

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Talking Heads : "Remain in light"

2 février 2006, par Paipone [retour au début des forums]

Entièrement d’accord, cet album est majeur dans l’histoire du rock.

C’est un truc de fou, des guitares déjantées, des mélodies à n’en plus finir qui se superposent sur un même titre. Véritablement hypnotique !

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