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Spandau Ballet : "Diamond"
Tous les diamants ne sont pas éternels...

mardi 20 décembre 2005, par Albin Wagener

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Le cas Spandau Ballet est bien moins simple qu’on voudrait nous le faire croire. Toujours intrigué par l’unitéralité concernant le « génie » de tel groupe ou la « nullité » d’un autre, j’ai décidé de monter une expédition musicale pour voir ce qu’il en était vraiment du groupe qui avait enfanté du slow le plus sirupeux et le plus hypocondriaque des années 80, True, musique typique pour séries californiennes à piscines, à cocktails et à blondes superficielles, avec tout ce qu’il faut de suaves sentiments, de minauderies vocalistiques et de nez repoudrés.

Tour à tour estampillés comme un avatar grossier de Duran Duran ou d’ABC, les Spandau Ballet (appelés ainsi d’après un quartier berlinois) sont pourtant beaucoup plus proches du funk de Kool & The Gang que des frasques néoromantiques. Musicalement en tout cas. Car malheureusement, à l’époque, être un oiseau de nuit à Soho et fréquenter Steve Strange de Visage signifiait qu’il fallait absolument adopter des permanentes improbables, des moues dédaigneuses et faussement séductrices, le tout enrobé dans un regard bovin des plus intrigants. Pourtant, les ingrédients sont bons : la pop est mâtinée de funk, et le mélange des genres est bien réussi. Mais je vous le dis tout de suite (pour ceux qui ne l’avaient pas encore remarqué) : la bande de Tony Hadley ne fait pas de rock et n’en a jamais fait, donc inutile d’utiliser des arguments propres à des groupes de cette mouvance musicale.

Deuxième opus du groupe, Diamond se divise en deux parties, de sorte que le canon de la face A et de la face B soit respecté. Et là, première étrangeté : si les quatre premiers morceaux sont essentiellement produits à destination des nightclubbers effrénés de l’époque, les quatre derniers titres constituent un mélange quasi ésotérique d’influences ethniques diverses, à la limite des musiques progressives - une piste que les cinq musiciens n’avaient malheureusement pas choisi de suivre pour leurs autres productions. En figures de proue, on retrouve Instinction et son refrain imparable, le tout produit par l’inimitable Trevor Horn, mais également le fantastique Chant No. 1, qui ferait pâlir d’envie Nile Rodgers, véritable tube en puissance qui procure une irrésistible envie de danser. Et puis il y a le fabuleux Paint me down et la basse élastique de Shawn Kemp, dont le talent n’est plus à démontrer. Mais derrière ces trois morceaux se dresse le monumental Coffee club, sorte de funk expérimental hautement tribal aux cuivres minimalistes et à la rythmique cassée, à deux doigts de verser soit dans le free-jazz, soit dans le ska : une vraie surprise qui ne cadre absolument pas avec l’image que l’on a de la formation britannique.

Derrière ces quatre éclatantes chansons, on retrouve des pistes bien plus mystiques : Pharaoh se dresse comme une lente et étrange procession aux allures presque mythiques, et après la petite ballade gentillette She loved like diamond, on sent que le songwriting de Gary Kemp est en train de nous emmener dans un monde englouti assez particulier. Suivent, en file indienne, Innocence and science et ses inspirations hindi fortement déroutantes, propres à provoquer des pulsions d’encens et de massages relaxants, puis le final Missionary, qui termine l’album comme un supplice chinois. Comme vous pouvez le voir, on est bien plus proches du Tin drum de Japan que du Rio de Duran Duran, tous deux sortis la même année.

Avant de faire de la soupe radiophonique et de barboter dans sa propre fange, piégé par les fans et la presse musicale, Spandau Ballet a su faire de bons albums, en marge de la vague néoromantique classique, sans jamais tomber dans la new wave, ce qui est en soi un exploit pour l’époque. Et je n’ai pas peur de dire que, au risque de m’attirer les foudres des pontes bien-pensants du bon goût musical et de passer pour un ringard, Diamond est probablement l’un des albums les plus ambitieux du début des années 80.



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Albin Wagener





Il y a 15 contribution(s) au forum.

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(1/5) 29 novembre 2012, par web design company Madurai
Spandau Ballet : "Diamond"
(2/5) 28 septembre 2012, par coco peat
Spandau Ballet : "Diamond"
(3/5) 9 août 2012, par Felix
Spandau Ballet : "Diamond"
(4/5) 12 mars 2012, par harrisp019
Spandau Ballet : "Diamond"
(5/5) 5 novembre 2008, par Dr. Taylor




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29 novembre 2012, par web design company Madurai  [retour au début des forums]

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Spandau Ballet : "Diamond"

28 septembre 2012, par coco peat  [retour au début des forums]

I think I would have to agree with this article,Keep sharing More Thanks

coco peat

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Spandau Ballet : "Diamond"

9 août 2012, par Felix [retour au début des forums]

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Spandau Ballet : "Diamond"

12 mars 2012, par harrisp019 [retour au début des forums]

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Spandau Ballet : "Diamond"

5 novembre 2008, par Dr. Taylor [retour au début des forums]

Entièrement d’accord avec cette analyse.

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