Pop-Rock.com



Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
La philosophie dans le boudoir

jeudi 7 octobre 2010, par Jérôme Delvaux

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Scraping Foetus Off The Wheel : "Nail"
Cabaret Voltaire : "The crackdown"
Soft Cell : "Non-stop erotic cabaret"
Click Click : "Rorschach testing"
Pixies : "Surfer Rosa" & "Come on Pilgrim"
Henry Rollins : "Hot Animal Machine + Drive By Shooting EP"
The Police : "Synchronicity"
Duran Duran : "Big thing"
Duran Duran : "Duran Duran"
The Psychedelic Furs : "The Psychedelic Furs"


Il n’y a pas un seul coin sur la terre ou ce prétendu crime de sodomie n’ait eu des temples et des sectateurs. Les Grecs, qui en faisaient pour ainsi dire une vertu, lui érigèrent une statue sous le nom de Vénus callipyge ; Rome envoya chercher des lois à Athènes, et elle en rapporta ce goût divin.
Quel progrès ne lui voyons-nous pas faire sous les empereurs ! A l’abri des aigles romaines, il s’étend d’un bout de la terre à l’autre ; à la destruction de l’empire, il se réfugie près de la tiare, il suit les arts en Italie, il nous parvient quand nous nous poliçons. Decouvrons-nous un hémisphère, nous y trouvons la sodomie.

Eugénie, très animée : Oh ! mes amis, que l’on m’encule ! Tenez, voilà mes fesses… je vous les offre ! Foutez-moi, je décharge ! (Elle tombe, en prononçant ces mots, dans les bras de Mme de Saint-Ange, qui la serre, l’embrasse et offre les reins élevés de cette jeune fille à Dolmancé.)

Mme de Saint-Ange : Divin instituteur, résisterez-vous à cette proposition ? Ce sublime derrière ne vous tentera-t-il pas ? Voyez comme il bâille, et comment il s’entrouve !

Dolmancé : Je vous demande pardon, belle Eugénie ; ce ne sera pas moi, si vous le voulez bien, qui me chargerai d’éteindre les feux que j’allume. Chère enfant, vous avez à mes yeux le grand tort d’être femme. J’ai bien voulu oublier toute prévention pour cueillir vos prémices ; trouvez bon que j’en reste là ; le chevalier va se charger de sa besogne. Sa sœur, armée de ce godemiché, portera au cul de son frère des coups les plus redoutables, tout en présentant son beau derrière à Augustin, qui l’enculera et que je foutrai pendant ce temps-là ; car, je ne vous le cache pas, le cul de ce beau garçon me tente depuis une heure, et je veux absolument lui rendre ce qu’il m’a fait.

Eugénie : J’adopte le change ; mais, en vérité, Dolmancé, la franchise de votre aveu n’en soustrait pas l’impolitesse.

Dolmancé : Mille pardons, mademoiselle ; mais, nous autres bougres, nous ne nous piquons pas que de franchise et d’exactitude dans nos principes.

Mme de Saint-Ange : La réputation de franchise n’est pourtant pas celle que l’on donne à ceux qui, comme vous, sont accoutumés à ne prendre les gens que par derrière.

Dolmancé : Un peu traître, oui, un peux faux ; vous croyez ? Eh bien, madame, je vous ai démontré que ce caractère était indispensable dans la société. Condamnés à vivre avec des gens qui ont le plus grand intérêt à se cacher à nos yeux, à nous déguiser les vices qu’ils ont, pour ne nous offrir que les vertus qu’ils n’encensèrent jamais, il y aurait à nous le plus grand danger à ne leur montrer que la franchise ; car alors il est clair que nous leur donnerions sur nous tous les avantages qu’ils nous refusent, et la duperie serait manifeste. La dissimulation et l’hypocrisie sont des besoins que la société nous a faits : cédons-y. Permettez-moi de m’offrir à vous un instant pour exemple, madame : il n’est assurément dans le monde aucun être plus corrompu ; hé bien, mes contemporains s’y trompent ; demandez-leur ce qu’ils pensent de moi, tous vous diront que je suis honnête homme, tandis qu’il n’est pas un seul crime dont je n’aie fait mes plus chères délices !

Mme de Saint-Ange : Oh ! vous ne me persuaderez pas que vous en ayez commis d’atroces.

Dolmancé : D’atroces… en vérité, madame, j’ai fait des horreurs.

Mme de Saint-Ange : Eh bien, oui, vous êtes comme celui qui disait à son confesseur : « Le détail est inutile, monsieur ; excepté le meurtre et le vol, vous pouvez être sûr que j’ai tout fait ! »

Dolmancé : Oui, madame, je dirai la même chose, mais à l’exception près.

Mme de Saint-Ange : Quoi ! libertin, vous vous êtes permis… ?

Dolmancé : Tout, madame, tout ; se refuse-t-on quelque chose avec mon tempérament et mes principes ?

Mme de Saint-Ange : Ah ! foutons ! foutons !... Je ne puis plus tenir à ces propos ; nous y reviendrons, Dolmancé ; mais, pour ajouter plus de foi à vos aveux, je ne veux les entendre qu’à tête fraîche. Quand vous bandez, vous aimez dire des horreurs, et peut-être nous donneriez-vous ici pour des vérités les libertins prestiges de votre imagination enflammée.

Dolmancé : Attends, chevalier, attends : c’est moi-même qui vais l’introduire ; mais il faut préalablement qu’elle me permette de la fouetter pour la mettre en train. (Il la fouette.)

Eugénie : Je vous réponds que cette cérémonie était inutile… Dites, Dolmancé, qu’elle satisfait votre luxure ; mais, en y procédant, n’ayez pas l’air, je vous prie, de ne rien faire pour moi.

Dolmancé, toujours fouettant : Ah ! tout à l’heure, vous m’en direz des nouvelles ! Vous ne connaissez pas l’empire de ce préliminaire… Allons, allons, petite coquine, vous serez fustigée !

Eugénie : Oh ! ciel ! comme il y va !... Mes fesses sont en feu !... Mais vous me faites mal, en vérité !

Mme de Saint-Ange : Je vais te venger, ma mie ; je vais le lui rendre. (Elle fouette Dolmancé.)

Dolmancé : Oh ! de tout mon cœur, je ne demande qu’une grâce à Eugénie, c’est de trouver bon que je la fouette aussi fort que je désire l’être moi-même ; vous voyez comme me voilà dans la loi de la nature ; mais, attendez, arrangeons cela : qu’Eugénie monte sur vos reins, madame ; elle s’accrochera à votre col, comme ces mères qui portent leurs enfants sur leur dos ; là, j’aurai deux culs sous ma main ; je les étrillerai ensemble ; le chevalier et Augustin me les rendront en frappant à la fois tous deux sur mes fesses… Oui, c’est ainsi… Ah ! nous y voilà !... Quelles délices !

Mme de Saint-Ange : N’épargnez pas cette petite coquine, je vous en conjure, et comme je ne vous demande pas de grâce, je ne veux pas que vous lui en fassiez aucune.

Sade, La philosophie dans le boudoir, 1795.



Répondre à cet article

Jérôme Delvaux





Il y a 10 contribution(s) au forum.

Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
(1/6) 19 octobre 2012, par globob
Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
(2/6) 12 octobre 2010, par Phil Dantachambre
Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
(3/6) 8 octobre 2010
Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
(4/6) 7 octobre 2010, par Glose
Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
(5/6) 7 octobre 2010, par ultra101
Serge Gainsbourg : "Love on the beat"
(6/6) 7 octobre 2010




Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

19 octobre 2012, par globob [retour au début des forums]

De Candolle a substitué le acheter cialis en ligne embryon petit ou punclirorme. de manera indirecta y con no poca ironía, venta de viagra en madrid En Jesús resucitado descubrimos la .

[Répondre à ce message]

Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

12 octobre 2010, par Phil Dantachambre [retour au début des forums]

Yu sort de ce corps !

Cette chronique n’a ni queue (hum...), ni tête.

[Répondre à ce message]

Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

8 octobre 2010 [retour au début des forums]

Et Francis Cabrel mixé à un copier/coller d’un chapitre d’Into The Wild de Jon Krakauer, c’est pas une bonne idée ?

[Répondre à ce message]

Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

7 octobre 2010, par Glose [retour au début des forums]

"Tu es belle vu de l’extérieur
Hélas je connais tout ce qui se passe à l’intérieur"

[Répondre à ce message]

Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

7 octobre 2010, par ultra101 [retour au début des forums]

Au moins pour cette chronique, tu cites tes sources.
Contrairement à la chronique sur Richard Hell, qui reprend l’intégralité d’un texte qui circule depuis plusieurs années sur le net, et dont l’auteur est un étudiant français.
Ledit texte est une réponse donnée lors d’un examen en chimie. D’ailleurs si loufoque que le correcteur l’a partagée avec ses collègues et sur la toile.
D’ailleurs l’étudiant est le seul à avoir obtenu la note de 20/20.

[Répondre à ce message]

    Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

    7 octobre 2010 [retour au début des forums]


    J’y crois pas trop, à cette fable de l’étudiant français qui serait auteur de cette blague. ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas JD.

    [Répondre à ce message]

      Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

      7 octobre 2010, par Coosemando Mix [retour au début des forums]


      Ce n’est pas français, mais québécois. JD a adapté la structure du texte, modifié quelques détails (dont le prénom de la fille) et ajouté l’un ou l’autre paragraphe... Le but serait de démontrer que le rock n’est qu’une succession de plagiat et que le punk n’a été qu’une escroquerie.

      (D’après un pote qui lui a écrit un mail, c’est ce qu’il aurait rétorqué...).

      [Répondre à ce message]

Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

7 octobre 2010 [retour au début des forums]

toute cette prôse foireuse et inutile pour évoquer "Love On The Beat" !!!!!!
il ne vaut pas mieux que son piètre successeur "You’re Under Arrest"....
que l’on est loin des géniaux "Melody Nelson" et autres "Rock Around The Bunker" !!!

[Répondre à ce message]

    Serge Gainsbourg : "Love on the beat"

    9 octobre 2010 [retour au début des forums]


    Absolument d’accord, comparons les deux périodes, Sergio y était toujours obsédé par le sexe, mais la forme variait un chouia.

    D’un côté, on trouve :
    "Tandis que des médailles
    D’impérator
    Font briller à sa taille
    Le bronze et l’or
    Le platine lui grave
    D’un cercle froid
    La marque des esclaves
    A chaque doigt
    Jusqu’en haut des cuisses, elle est bottée, et c’est comme un calice, à sa beauté..." ; ou "Il faut savoir s’étendre, sans se répandre, pauvre Lola...".

    De l’autre, on doit se farcir : "Tequila Aquavit, un glass securit,
    Pour prendre ton clit,
    Ajeun, j’trouve ça limite,
    J’ai besoin d’une biture bien composite. (…)
    Que de langues sodomites, de doigts troglodytes,
    Des plombes que je te visite,
    Absence de coït. OK, on est quitte."
    Même un glandeur BCBG, fils à papa cocaïnomane et dandy sur les bords (la canette de bière sifflée en rue, mon dieu !) comme Jérôme Delvaux devrait avoir préservé quelques neurones de la mort chimique pour s’en rendre compte. A mon avis, il frimouille en affirmant préférer la période la plus récente. Vilain poseur, va !

    [Répondre à ce message]