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Scraping Foetus Off The Wheel : "Nail" Collect call to no one at all lundi 23 février 2009, par |
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Fut un temps où la musique industrielle ne semblait pas être un genre facile à décrire, un temps où l’appellation même de "musique industrielle" n’évoquait pas nécessairement un mélange de grosses guitares et de rythmes martiaux soutenant des slogans porteurs de foules hurlés par une voix saturée et/ou déformée. A la fin des années 70, la gent industrielle était une famille plus ou moins hétérogène constituée de membres plus barrés les uns que les autres. Ce qu’ils avaient surtout en commun : une vision artistique bien définie et cette envie de faire de la musique "autrement". De cette famille, Jim Thirlwell est un oncle excentrique quelque peu méconnu mais qui a néanmoins influencé (et remixé) plus d’un artiste des années 80, 90 et 2000.
Fans de Einstürzende Neubauten, agenouillez-vous et remerciez Mr Thirlwell ! C’est grâce à lui que Blixa Bargeld et sa clique ont eu leur premier contrat, chez les Anglais de Some Bizarre. Thirlwell n’a en effet daigné ne signer le sien qu’à la condition unique que Einstürzende Neubauten reçoive lui-même sa chance*. Ce coup de pouce inconditionnel ne vient pas de nulle part car les projets Neubauten et Foetus ont en commun une esthétique de la destruction, une fascination pour la table rase et pour les facettes sombres de l’existence. Ce qui distingue toutefois l’Australien expatrié à Londres des Berlinois, c’est un penchant encore plus grand pour le grand guignol ainsi qu’un humour certes macabre mais clairement affiché et revendiqué. Les divers pseudonymes, noms et titres choisis pour ses projets successifs et son label personnel de l’époque (Self Immolation) en attestent : Scraping Foetus off the wheel, Foetus under glass, Foetus Interruptus, Foetus over Frisco, Philip and His Foetus Vibrations, Foetus All nude revue, You’ve got Foetus under your breath, Steroid Maximus, Manorexia, Stinkfist... Tout comme Einstürzende Neubauten, Thirlwell entretient la volonté de ne pas se laisser arrêter par les restrictions et les codes de la musique populaire. Il poursuit toutefois sur Nail une voie industrielle aussi personnelle qu’originale : certes, les percussions métalliques sont présentes, mais uniquement comme ingrédient spécifique d’un potage sonique surtout influencé par l’amour du jazz des big bands ainsi que par des musiques de films. Attention, Thirwell n’est pas qu’un grand synthétiseur : les ingrédients de métal, de musique classique (je me demande comment réagirait Edvard Grieg en entendant comment est intégré son Peer Gynt dans Enter The Exterminator), de music-hall et de musique contemporaine servent surtout à réaliser sa vision musicale. Et la vision artistique et musicale de Jim Thirlwell, chers lectrices et lecteurs, elle swingue, ce qui, à ma connaissance, ne peut pas toujours être dit de la musique des autres membres de la famille industrielle. Pour parfaire le tout, la voix de Thirlwell et les choeurs (chantant "Ram-balam-balam-bam-damn-damn" sur DI-1-9026 sèment sur le disque les nécessaires graines d’humour et de relativisation, rendant ainsi l’ensemble non seulement digeste, mais en plus excellent et intemporel. Thirlwell n’est pas excentrique que d’un point de vue musical. Les textes de Nail sont un long pamphlet élaboré où il crie son mal de vivre et le mélange à des références culturelles variées, le tout matiné d’un sens de l’humour plus que noir. Quelques extraits de cette prose réjouissante : « "Hello Operator...Give me NO-MAN’S-LAND Collect call to no one at all Been yelling into an empty closet to the point of no return (and no deposit)" » (extrait de The Throne of Agony) « "You can take the ham outa the man but not the BONER You can take the ham outa the man but not the PIG (..)And if you take the Pig outa the MAN you sure as hell gonna be stuck with the PORK." » (extrait de Helstinki Jail 8/7/85) « "Another hungover morning in the bottom of the black lagoon Purgatory disguised as a room with a view I used to be in heaven looking down...now I know the inferno from the inside" » (extrait de Descent into the Inferno) En dernière page du livret de Nail, vous lirez : "All songs written, arranged and performed by Scraping Foetus off the wheel". Tout sur ce disque ambitieux a donc été réalisé par Jim Thirlwell qui, avant d’entrer dans le studio, a toujours écrit et préparé en détail tous les arrangements musicaux de ses projets*. On ne peut être qu’ impressionné par le résultat. Les derniers mots du livret sont la déclaration d’intention de Jim Thirlwell : "CHANGE YOUR MIND- MIND YOUR CHANGE- BLAST THE PAST - PAST THE BLAST- POSITIVE NEGATIVISM". Ce négativisme positif, j’en nourris mon système neuro-cardio-musical depuis 17 ans. Je me porte très bien, merci. “* Simon Reynolds, ‘Rip it up and Start Again’, Faber and Faber, 2005, p 482-484.” |
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Il y a 3 contribution(s) au forum. Scrapping Foetus Of The Wheel : "Nail"
(1/1) 24 février 2009, par Fan du Mélomane |
Scrapping Foetus Of The Wheel : "Nail" 24 février 2009 [retour au début des forums] Je fanatise aussi, et même depuis la période "simple" commentateur du Mathieu. Et au final, c’est bon pour tous les autres nouveaux chroniqueurs du site ça -à part le chef : aime le goût mais pas l’odeur de méchanceté... Scrapping Foetus Of The Wheel : "Nail" 24 février 2009, par Matelot [retour au début des forums] Question, tu trouves un moyen de râler en disant que tu es content, ou tu dis que tu es content en râlant ? J’ai pas compris.
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