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Samantha Fox : "Touch me"
Chaude adolescente

lundi 10 janvier 2011, par Jérôme Delvaux

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J’ai acheté chez Nuits de Chine (un magasin d’articles érotiques vintage, place Fontainas) un DVD consacré à Marilyn Jess. Si vous ne la connaissez pas, Marilyn Jess est une actrice française qui tenta tant bien que mal, au début des années 80, de prendre la place de superstar du X laissée vacante par Brigitte Lahaie. Et moi, bien qu’ayant toujours été plutôt attiré par les brunes, Marilyn Jess est l’une de ces petites blondes pétillantes aux courbes de rêves qui a le don de me faire fondre sur place. C’est ce qui m’a incité à acheter ce DVD qui présente trois de ses films, dont Chaudes adolescentes que j’ai particulièrement apprécié.

Chaudes adolescentes a été réalisé en 1980 par Gérard Kikoïne. A cette époque, la vidéo n’existait pas. Le seul moyen de visionner un film pornographique était donc de se rendre dans un cinéma porno. C’est une démarche que tout le monde ne faisait pas, ce n’était pas aussi simple que de télécharger une vidéo sur internet. Rendez-vous compte, il fallait prendre sa voiture, se garer, faire la file entre les pépés lubriques, dire « Bonsoir Madame, je voudrais une place pour Chaudes adolescentes » à la caissière, payer son billet et s’installer ensuite dans une petite salle, à côté de parfaits inconnus. Et là, des gens se masturbaient au vu de tous, des couples faisaient l’amour, d’autres se contentaient de mater… On croisait des vicelards mais aussi Monsieur et Madame Tout-le-monde. Votre femme de ménage ou votre patron. C’était dans cette période charnière entre l’après Mai 68, la libération des mœurs et la découverte du Sida.

Et Chaudes adolescentes, donc, est sorti dans ce contexte. C’est l’un de ces films dotés d’un scénario (si, si), voire même d’un semblant d’intrigue (à en croire Gérard Tikoïne, c’était la norme avant l’apparition de la vidéo). Ce n’est certes pas du Coppola ou du Scorsese, mais ce n’est pas non plus une vulgaire succession de banales scènes de cul. Il se passe quelque chose, il y a une histoire, des dialogues pas trop mal ficelés, les acteurs jouent plutôt bien (Marilyn Jess, ce n’est pas Catherine Deneuve, mais on se comprend) et il n’est pas rare de voir passer près de quinze minutes sans apercevoir la moindre paire de seins ou de testicules à l’écran. Bref, on reste encore très loin des standards du X d’aujourd’hui, à savoir le gonzo : une absence totale de récit, la caméra à l’épaule avec prises de sons directes, cinq ou six mecs body-buildés et une fille refaite de partout qui se fait triple-pénétrer à la chaîne. Cela en fait aussi un film sympa à regarder en compagnie féminine, car les scènes, bien que hard, ne sont pas trop dégueulasses ou vulgaires. En outre, les filles y sont plutôt mises en valeur. Ici, ce sont elles qui utilisent les hommes comme des objets sexuels et en disposent, et non l’inverse comme c’est presque toujours le cas dans les très machistes productions américaines actuelles [1].

Une autre curiosité du X de cette époque, c’est l’apparence des femmes, leur aspect « naturel », réaliste. Les poitrines n’étaient pas siliconées et certaines actrices, sans être grosses, étaient bien en chair. Mais la première chose qui frappe, au risque de vous faire sourire, c’est la pilosité de leur entre-jambes. De nos jours, l’épilation intégrale est presque devenue la norme dans le cinéma X, vous en conviendrez. Mais en 1980, l’épilation du maillot se limitait précisément à ce qui dépasse du maillot. Les femmes arboraient toutes un pubis très touffu, ce qui, il faut bien le dire, choque un peu l’œil aujourd’hui.

Pour le reste, Chaudes adolescentes présente une esthétique très 1980 sans verser outrancièrement dans le kitsch ou le mauvais goût. Marilyn Jess et sa camarade de jeu (Laura Clair), vêtues de rouge et de noir, roulent dans Paris en décapotable la nuit, ne se séparent pas de leurs lunettes de soleil pour faire l’amour, le champagne coule à flots au bord de la piscine… Bref, on a parfois l’impression de se trouver dans un clip de Roxy Music période Flesh and blood.

Attention, si vous décidez de visionner le film (il est apparemment facile à trouver en torrent), la première scène a de quoi vous laisser sur le cul ! Je peux vous assurer que vous ne verrez plus jamais une femme passer l’aspirateur de la même manière après cela.


[1] Personnellement, je n’ai pas trop d’affinités avec le porno moderne. Je trouve les productions actuelles malsaines (le gonzo, pitié !). Les réalisateurs semblent tous être tristement embarqués dans une surenchère à qui sera le plus hardcore. Les femmes sont systématiquement présentées comme des objets et les actrices se voient souvent contraintes d’accepter des pratiques de plus en plus violentes si elles veulent percer (ou simplement durer) dans le métier. Voir à ce propos Gang Bang, le livre édifiant de Frédéric Joignot sur l’industrie du X (Editions du Seuil, 2007).



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Jérôme Delvaux





Il y a 87 contribution(s) au forum.

Samantha Fox : "Touch me"
(1/5) 11 janvier 2011
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(3/5) 10 janvier 2011
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(4/5) 10 janvier 2011, par Mangouste
Samantha Fox : "Touch me"
(5/5) 10 janvier 2011, par Niknak




Samantha Fox : "Touch me"

11 janvier 2011 [retour au début des forums]

Merci pour cet article hautement poétique, qui me rassure sur le niveau intellectuel masculin.

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Samantha Fox : "Touch me"

10 janvier 2011 [retour au début des forums]

A noter : Marilyn Jess a tourné dans Poker Partouze de Joe de Palmer avec Catherine Ringer des Rita Mistouko. Hé oui...

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    Samantha Fox : "Touch me"

    11 janvier 2011 [retour au début des forums]


    Gainsbourg, pas très frais, avait d’ailleurs salement allumé Catherine Ringer dans une émission TV.

    "Vous êtes une putain, vous êtes dégueulasse etc".

    LOL

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Samantha Fox : "Touch me"

10 janvier 2011 [retour au début des forums]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marily...

"Marilyn Jess n’a tourné qu’une seule sodomie à l’écran dans Gamines en chaleur de Jean Rollin. Elle est doublée dans tous les autres films, notamment pour Initiation d’une jeune marquise ou lors de la double pénétration de Sens interdits."

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Samantha Fox : "Touch me"

10 janvier 2011, par Mangouste [retour au début des forums]

"Bref, on a parfois l’impression de se trouver dans un clip de Roxy Music période Flesh and blood."

Et c’est surtout ça qui vous a excité, avouez-le !

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    Samantha Fox : "Touch me"

    21 juillet 2012, par jaffa [retour au début des forums]


    Many cultures include strong traditions of solo and performance, such as in Indian classical music, and in the Western art music tradition. Other cultures, such as in Bali, include strong traditions of group performance. Thanks.
    Regards,
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    Samantha Fox : "Touch me"

    7 août 2012, par jpcukZZclGdZpfpb [retour au début des forums]


    THIS is why I choose you to be my seoinr photographer and future photographer for anything. I absolutely LOVE your passion for what you do. you dont let your passion get too out of hand. you know when to stay professional. I respect you and you inspire me to feel the same way about my career, whatever it may be.

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Samantha Fox : "Touch me"

10 janvier 2011, par Niknak [retour au début des forums]

Heu, ressortir un billet d’il y a 370 jours, c’est un concept ?

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