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Rick Astley : "Whenever you need somebody"
Ou pas.

mercredi 16 décembre 2009, par Jérôme Delvaux

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Oui, on m’a collé l’étiquette de « fan des années 80 », c’est très réducteur (les Stooges, Velvet Underground, Doors, Roxy Music, David Bowie, Talking Heads,… sont TOUS des groupes d’AVANT 1980), mais pas totalement faux pour autant (je suis aussi une groupie de Duran Duran, comme vous le savez certainement). Et oui, deuxième aveu, je n’ai pas vécu cette période en direct. Moi, en 1987, j’avais 9 ans et j’étais sans doute un peu jeune pour déjà idolâtrer Cure, Depeche Mode ou les Smiths (je n’avais pas la chance d’avoir un grand frère, moi). En 1987, j’ai un peu honte, mais j’écoutais Rick Astley…

Rick Astley est un produit de l’usine à tubes Stock-Aitken-Waterman, le trio d’auteurs, compositeurs et producteurs pop/variété le plus vendeur de l’époque (ils ont placé treize singles en tête des charts UK entre 1985 et 1990). D’un certain point de vue, toutes proportions gardées, ils ont été les Jerry Leiber et Mike Stoller de leur génération, même si, contrairement à ce qu’une certaine presse anglaise a pu brièvement écrire, Rick Astley ne fut pas le nouveau Elvis. La comparaison fait forcément sourire aujourd’hui, mais durant l’été 1987, elle peut se justifier dans le chef des magazines mainstream, tant le succès populaire de ce gamin de 21 ans est énorme.

Rick Astley est découvert un peu par hasard par le trio de hits makers anglais alors qu’il se produit dans un bar comme chanteur d’un petit groupe de soul du nom de F.B.I. Après Kylie Minogue et Jason Donovan, les trois songwriters voient en ce minet à la moue boudeuse leur nouvelle poule aux œufs d’or. Ils lui offrent sur un plateau d’argent le single Never gonna give you up, qui sera numéro 1 du hit-parade tant en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis, au Canada et en Allemagne. L’album Whenever you need somebody sort dans la foulée chez RCA (la maison de disques… d’Elvis) pour la fin de l’année et rencontre partout le même accueil triomphal. La combinaison de la voix de soulman de Rick avec la musique pop commerciale (on parle alors d’eurobeat) de Stock, Aitken et Waterman, parfaitement calibrée pour la bande FM, donne un résultat très efficace, dansant, immédiatement accessible aux oreilles des masses. Outre Never gonna give you up, l’album comprend d’autres singles imparables (dans leur genre) : Whenever you need somebody, qui donne son nom au LP, Together forever et When I fall in love, une reprise pas trop mal troussée d’une ballade langoureuse de Nat King Cole.

Le chanteur s’essaie lui-même dès ce premier opus à la composition. Ses chansons (You move me, Slipping away, The love has gone,…) sont toutefois surtout là pour remplir... Aucune n’a le potentiel des tubes des trois faiseurs d’or et ne peut légitimement prétendre à une sortie en 45 tours. Il en sera de même sur le deuxième album, Hold me in your arms : Mike Stock, Matt Aitken et Pete Waterman en écrivent les singles et laissent le soin à leur poulain de décorer les autres plages du LP de ses compos fadasses… Mais cette fois, le succès ne sera pas au rendez-vous. Astley finira pas se rebeller : il claque la porte, se laisse pousser les cheveux tel un rockeur et sort le bien nommé (mais totalement médiocre !) Free, en 1991. Et c’est déjà la fin de l’histoire.

Le triomphe de Rick Astley n’aura duré que quelques mois, entre 1987 et 1988. Son premier album, guère consistant, vaut qu’on y prête une oreille pour la qualité de ses singles, mais c’est à peu près tout. L’ensemble a vieilli, ce n’était absolument pas un produit destiné à s’inscrire dans la durée et cela s’entend. Pour moi, cette pop star sirupeuse est surtout un souvenir lié à l’enfance et, avec le recul, je suis le premier à dire que ce LP reste très, très loin du raffinement, de la puissance et de l’intemporalité d’un Scoundrel days, par exemple.



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Jérôme Delvaux





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Rick Astley : "Whenever you need somebody"
(1/1) 19 décembre 2009




Rick Astley : "Whenever you need somebody"

19 décembre 2009 [retour au début des forums]

Malheureusement, tout ce que la plupart des journalistes se rappellent de a-ha, c’est "Take on Me", et ils s’en servent pour les traîner dans la boue. Aucun ne cite jamais cette merveille qu’est "Scoundrel Days". A-t-on déjà vu un groupe aussi injustement ostracisé ??? Moi,non.

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