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Queen : "The works" Soupe populaire et grosse moustache jeudi 4 novembre 2010, par |
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Extrait d’une correspondance de notre rédac-chef préféré à votre serviteur : « J’ai envie de te lancer un défi : chroniquer un album de pop ! ». Je ne suis pas homme à reculer devant un tel défi, même si cela signifie devoir révéler mon sombre secret. Car oui, cher lecteur, sous des dehors de gros métalleux de base, fan de tempos endiablés et de chanteurs hurlants comme des sirènes d’alarme et de musicos qui portent sur le dos l’équivalent en cuir d’un demi troupeau de vache, je cache un secret quasi inavouable dans ce milieu : je suis un inconditionnel de Queen. Et quel meilleur album pop chroniquer pour répondre au défi de mon rédac-chef, si ce n’est celui qui marque le tournant majeur dans la carrière de la Reine ?
Le retournement de veste de Queen au début des années 80 est de ces initiatives qui divisent. Si Jazz et The game (sans mentionner l’atroce Hot space) laissaient entrevoir le changement d’aspirations des Anglais d’un rock années 70 pur jus vers une musique plus pop, oserais-je le terme de plus commercial, c’est The works qui a la lourde tâche d’enfoncer le clou dans le cercueil des influences zeppelinesques du groupe. Pour le meilleur et pour le pire, Mercury et sa bande font le choix de s’engager sur la voie d’une musique plus contemporaine, au risque de s’aliéner une partie de leurs fans. Je reste personnellement plus porté sur la période rock de Queen, mais il faut bien avouer que ce revirement pop n’a pas produit que des horreurs. Preuve à l’appui, Radio Ga Ga ouvre l’album de superbe façon. Le titre est une véritable leçon sur comment composer un titre pop. La mélodie est accrocheuse, le refrain, calibré stadium-rock, est imparable et il est certain que de nombreux producteurs de soupe seraient ravis de pouvoir produire un titre aussi efficace à l’heure actuelle. Même si on a droit à la totale de la musique de l’époque, batterie électronique et nappes de synthés en avant, on reconnaît immédiatement la patte de Queen, quand bien même la chanson est à des années-lumières d’un Killer Queen ou d’un Bohemian Rhapsody. D’un point de vue personnel, je n’aurais pas craché sur une guitare un brin plus présente, mais même le plus chagrin des esprits doit reconnaître les qualités de Radio Ga Ga. Ceci dit, on voudrait pouvoir en dire autant du reste de l’album. Si les autres singles de The works sont autant d’hymnes pop, leur qualité reste néanmoins discutable. Premier sur le banc des accusés, I want to break free. Le titre figure généralement en bonne place dans les « classiques » de Queen, mais il s’agit là de Queen à son plus commercial. La chanson est un concentré de pop bubblegum, calibré pour faire un score dans les charts. I want to break free n’est vraiment sauvé que par la performance de Mercury, qui est au sommet de son art. Détail amusant, le chanteur semble étrangement plus à l’aise dans un registre strictement pop que dans ses envolées lyriques des débuts. Reste à savoir si c’est le changement de style qui lui profite, ou si ça vient de sa grosse moustache... Autre single issu de The works, It’s a hard life est une autre abomination pop. Pourtant, on y retrouve les Anglais dans un cadre plus connu. Point de synthés à l’horizon, juste le bon vieux piano de Freddie. Basse, batterie et guitare, on est ici en présence de Queen dans sa version la plus épurée, de celle qui nous a livré des classiques comme A day at the races, pour ne citer que celui-là. Le problème est que le titre contient les pires clichés du genre, et que les paroles sont d’un stupide intégral. It’s a hard life est de ces titres qui feraient passer You’re my best friend pour un titre d’AC/DC. La vaste majorité de l’album est du même tonneau, comme si il y avait derrière cela une volonté consciente de servir la soupe. Ainsi, Keep passing the open windows est un sorte de power-pop que ne renieraient pas Hall & Oates, et Tear it up semble hésiter entre l’hymne stadium-rock, calibré pour faire chanter le stade, et la chute de The game, que l’on récupère histoire de meubler. Bref, une série de titres qui n’ont rien d’inoubliable. A ce rythme-là, la stupeur n’en est que plus grande quand on tombe en fin d’album sur le brûlot rock qu’est Hammer to fall. Soyons clair, il ne s’agit ni d’un White man, ni d’un Sheer heart attack, mais pour l’auditeur désespéré par tant de soupe, le titre apparaît comme une bouffée d’air frais, un peu comme si Queen adressait un clin d’oeil à ses anciens fans, pour dire « ne vous inquiètez pas, on est toujours là ». Le titre comporte tous les éléments du groupe et, comme une vision d’avenir, montre que la bête a toujours ses crocs et a encore sous le capot des titres à venir comme I want it all ou Princes of the universe. On aurait sans doute préféré que Queen aborde le virage des années 80 avec cette direction artistique à l’esprit, mais on sait que les Anglais ont toujours bouffé à tous les râteliers, même durant leur âge d’or. L’une des qualités du groupe a toujours été de représenter la somme de ses influences, et l’on sait que les membres de Queen ont des horizons pour le moins variés. Au final, on se retrouve avec un album symptomatique de son époque. Queen a fait le choix, pour le meilleur et pour le pire, de suivre la voie du stadium-rock, terme politiquement correct pour désigner de la pop qui s’ignore. Après quelques albums de transition, The works représente le fruit de ces expérimentations. Que l’on aime ou pas ce choix, les fans doivent au moins au groupe de le respecter. Et si nous sommes effectivement en présence d’un album de soupe, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il ne s’agit pas de soupe en sachet, mais plutôt de soupe maison avec des légumes frais, épluchés à la main. Malheureusement pour le connaisseur, celle-ci s’avère franchement fade. Mais au-delà de cette métaphore culinaire, il faut surtout voir en The works la préface d’un album beaucoup plus réussi, A kind of magic. En ce début d’années 80, Queen reste un groupe au talent inégalable et, suite à la désertion ou la disparition des autres « grands » groupes des années 70, on est en droit d’estimer que les Anglais ont fait le bon choix, du moins pour leur carrière. |
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Il y a 9 contribution(s) au forum. Queen : "The works"
(1/3) 4 novembre 2010, par Jérôme Delvaux Queen : "The works"
(2/3) 4 novembre 2010 Queen : "The works"
(3/3) 4 novembre 2010, par Nobuko |
Queen : "The works" 10 novembre 2010, par Arnaud Splendore [retour au début des forums] Spandau, à la rigueur. Eurythmics me sort par tous les trous, je serais incapable d’en faire une critique objective. Kajagoogoo, je vois à peine ce quie c’est. C’est le groupe de Limahl, non ? Ceci dit, je n’ai rien contre l’expérience, mais faut que je me documente sur le sujet, vu mon peu de connaissances dans ce domaine. Par contre, si tu as un album à me suggérer ? Queen : "The works" 10 novembre 2010, par Jérôme Delvaux [retour au début des forums] Rio de Duran Duran n’a pas encore été chroniqué... Je dis ça, je dis rien... ;) Queen : "The works" 12 novembre 2010 [retour au début des forums] ok, ne dis plus rien !, ça vaudra mieux Queen : "The works" 12 novembre 2010, par Arnaud Splendore [retour au début des forums] Ca peut s’envisager... ;-) Queen : "The works" 27 novembre 2010, par Jean-Michel DECKX [retour au début des forums] Arnaud, j’ai 3 albums bien "eighties" à te suggérer, histoire de te régaler. Si ça t’intéresse, tu pourras faire ton choix entre "It’s my life" de Talk Talk, "Forever young" d’Alphville et "Running in the family" de Level 42.
Queen : "The works" 5 novembre 2010, par kissforever [retour au début des forums] Si tu as totalement raison pour "The Game" (un must), "Hot Space" (horrible !) et "The works" (mal vieilli, je trouve), je pense que tu es un peu dur avec "A kind of magic" (quelques pépites quand même) et surtout "The Miracle" que je pense être une vraie résurrection en 1989, hormis l’horrible pochette !!! Cela dit, ca ne vaut pas les albums seventies qui étaient tous excellents, avec une mention pour mon choucou, le méconnu ’Queen’, 1er album du groupe, qui part vraiment dans tous les sens ! A quand la critique sur Pop-Rock ?
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