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Phillip Boa & The Voodooclub : "Hair" Sur les toits du monde mardi 7 août 2007, par |
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Hair, le quatrième album de Boa, sort à un moment où sa popularité est au plus haut au sein du monde du rock indépendant européen. Acclamé en Grande-Bretagne après une tournée déjantée, Boa s’offre le luxe d’enregistrer un album avant-gardiste avec Tony Visconti, le légendaire producteur de David Bowie. Et ce avec succès.
Enregistré en 1988 aux studios Woodhouse, Hair est ce qu’on peut appeler un album baroque, malgré ses références claires au punk et au rock alternatif de l’époque. Mais avant tout, le quatrième album de Boa est l’hébergeur de l’archi-tube Container love, entretemps devenu un classique outre-Rhin notamment. Il fallait bien un album à hit radiophonique pour Boa, et ce sera celui-ci. Hair permet au Voodooclub d’accéder à une audience plus large grâce à des morceaux rock construits en forme de contes ou de petites histoires. Le ludique et déboussolé Happy spider côtoie ainsi le metal à peine voilé de Albert is a headbanger, tout en laissant Annie flies the lovebomber siroter sa pop à la fois douce et amère, qui restera un véritable succès outre-Manche. Déjà, le rock de Boa intrigue, puisque le Voodooclub met un point d’honneur à garder intactes ses envies d’expériences sonores ethniques et ses rythmiques sud-européennes. Boa est toujours aussi fou à l’époque. On raconte des choses stupéfiantes de ses concerts : piétinement de fans à coups de tatane, menace du groupe à l’aide d’un couteau pour qu’il joue plus fort, départ de la scène pour aller se saoûler la gueule avec des clochards dans une gare. Tout est bon pour Boa qui vit alors une vie résolument rock’n’roll, dans l’excès, la décadence et la folie. Une attitude qui contrastera par la suite avec son côté plus assagi et plus cynique également. On le ressent également dans la musique : clarinettes nostalgiques pour You sent all my letters, rock nerveux pour I wanna be your hoover, fierté libératrice sur le Britannique Morlocks in England. Toutes les raisons sont bonnes pour casser le rythme d’un morceau ou lui imposer un instrument inattendu : le style de Boa et de son Voodooclub commence à se peaufiner et à devenir bien plus subtil. En général, la tonalité de l’album est plutôt rock, même si quelques pistes plus innovantes commencent à se faire jour, brisant les carcans de l’âme punk que l’on connaissait de Boa jusque-là : le difficile Tragic mastery of Stockhausen côtoie alors le fragile et inimitable Fine art in silver. Cette période est également celle où Boa annonce qu’il se met à composer une symphonie de musique classique expérimentale, symphonie que l’on attend toutefois toujours... Mais quel régal de pouvoir souffler après le punk de Primitive man et de pouvoir savourer des perles rares telles que l’orchestral et digne Boleria ! Je me retrouve littéralement catapultée sur une autre planète lorsque je réécoute cet album : on a l’impression de se retrouver en terre inconnue, mais avec des références connues. La folie de Boa alliée au génie de Visconti ont certainement permis de faire de Hair un album accessible et original à la fois, permettant ainsi au jeune Allemand d’accéder à un succès moins confidentiel. |
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