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Noir Désir : "Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient)"
Je l’ai, je le garde !

jeudi 20 novembre 2008, par Vincent Ouslati

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Noir Dez’, c’est l’archétype du groupe chantant franchouille mais pas trop niais, engagé comme il faut, refusant la médiatisation bien qu’elle leur arrive fatalement dans le coin de la tronche dès le son du tocsin. Ce disque est un recueil de ces petits moments de saine colère juvénile, tout un pan d’une époque sympa, coincée entre l’enfance heureuse et l’âge adulte terriblement chiant. Nous étions alors de sombres petits héros pas encore amers, et Noir Désir nous fournissait la bande-son de cette époque.

Loin de 666.667 Club et autres machines à succès qui iront leur coller aux poils, Noir Désir en 1989 amorce son ascension dans un rock français bien pâlichon. Vous avez beau jeu de manier l’objet dans tous les sens, il conserve une indéfinissable fraicheur, une once féroce de liberté. Cantat, encore un peu frais, ne maitrise pas encore totalement ses lancées chamaniques qui feront des concerts des Bordelais des messes occultes à la limite de l’exorcisme, mais il est au moins rapidement reconnaissable.

Non, Noir Désir se cherche encore un chemin et Veuillez rendre l’âme... a la dure tache d’évoluer entre deux eaux. Passer des Sombres héros de l’amer à La chaleur, l’écart est grand entre un fort bon petit morceau fm et un brulot d’énergie. Tout l’album dégage une bizarre atmosphère de rites anciens, de forces naturelles s’arrachant des guitares, de la batterie tribale. Premier véritable album, il est à considérer comme une œuvre déjà accomplie, totale. les textes sont empreints de cette plume propre à Cantat, ce talent de parolier doublé de ses interprétations possédées.

De lentes imprécations en furies rockeuses, Noir Désir atteignait soudainement une autre sphère. Accompagnant les quêtes personnelles de milliers de gosses et moins gosses, émaillé de références aux substances les plus hallucinogènes des cinq continents (mezcal, peyotl et autres racines mexicaines piquées dans la besace de Castaneda), cet album offrait un univers totalement décalé aux abords du rock franchouille commun type Telephone et autres rebelles rigolos. De fun et idiot, le rock français par Noir Désir devenait mature et sincère, de grands débuts pour une fin très moche...



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Vincent Ouslati