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Nick Cave & The Bad Seeds : "Your Funeral... My Trial"
Et le verbe se fit chair...

mercredi 25 février 2009, par Duke

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Les salves de rééditions, c’est encore un bon moyen pour vendre du disque hors de prix. On vous bourre un vieil album de bonus inutiles, en veux-tu en voilà et on se retrouve avec un prix de vente aux environs de 25€ pour un disque qui a entre 10 et 40 ans d’âge et a souvent eu droit plus qu’à son tour aux honneurs d’une ressortie. Prochaine poule aux oeufs d’or sur la liste, Nick Cave, dont le catalogue (à commencer par les quatre premiers Bad Seeds en mars) va se retrouver réédité pour le bonheur de tous et surtout de Mute et EMI. Le bon côté de la chose, c’est qu’en attendant les nouveaux vieux disques flambant neufs, les commerçants doivent écouler les stocks de vieilleries qui ne sont plus en odeur de sainteté 5.1... J’en ai donc profité pour dégoter à prix réduit (4,99€) ce Your Funeral... My Trial daté de 1986.

Quatrième LP de la discographie Bad Seeds (en comptant l’album de reprises Kicking Against The Pricks), Your Funeral... My Trial s’inscrit dans la première période de Cave, dite berlinoise, celle qui suit directement la dissolution des Birthday Party. A l’époque, les Bad Seeds sont encore vus d’un oeil craintif par l’intelligentia rock, qui les regarde de loin, de peur de trop s’approcher de cet Australien incontrôlable qui partage son temps entre les squats à smack et la lecture de l’Ancien Testament et de sa bande de freaks à géométrie variable. Seule Berlin accueille les Bad Seeds à bras ouverts, la ville en ayant connu d’autres, comme ce Mur qui la divise alors.

Aujourd’hui, ce qui a été retenu de ces Funérailles (soit, ce qui s’est retrouvé sur le Best Of et qui continue à être joué de temps à autre en concert), ce sont ces quelques chansons (Stranger Than Kindness, The Carny) et une idée abstraite de ce que pouvait proposer Cave à l’époque, sans pour autant en retrouver le contexte... Des chansons dures et sèches jusqu’à l’os, noires, tendues, quelque part entre (post) punk et industriel et imprégnées par les récits sanglants de l’Ancien Testament... En clair, c’est la légende de Cave telle qu’elle a survécu, bien avant les ballades au piano et autres mélodies emplies de saudade de The Good Son, cette imagerie de prêcheur de l’Apocalypse que le père Cave s’amusera à pasticher plus tard sur Murder Ballads. Une imagerie, donc... Mais entrez maintenant dans ce disque (ce monde !) et la légende prend vie...

Une personne avisée m’a un jour lancé : « Ce qui est surtout intéressant avec Nick Cave, c’est son é criture, son langage ». Et de fait, Your Funeral... My Trial regorge d’exemples qui placent Cave comme un parolier atypique, en marge de tout ce qui se produisait à l’époque et se produit actuellement (lui-même compris). Ici, les mots se font images et les phrases éructées par le bonhomme recèlent des sentiments, des sensations d’une rare intensité. Et le verbe se fit chair...

Vers 1985, 86, Cave est occupé à écrire son premier roman, And The Ass Saw The Angel. Jour et nuit il se tient dans sa chambre à Berlin et écrit, sans cesse. Il s’en souvient dans une récente interview pour Mojo « (Le roman) était au sujet d’une communauté religieuse imaginaire dans le Vieux Sud alors j’ai commencé à lire l’Ancien Testament. Et ça m’a attiré, ça m’a ramené à l’enfance. Je l’ai utilisé comme pierre angulaire du roman. » Et de ses chansons. Your Funeral... My Trial n’est que désir charnel et jugement divin : dur, furieux, violent... C’est bien simple, même quand il parle de cul (surtout quand il parle de cul !) il ne peut s’empêcher de faire référence au vieux livre : « Well I swear I seen that girl before/Like she walked straight outa the book of Leviticus ». Dans la même chanson (Hard On For Love, littéralement, Bander pour l’Amour) il parvient même à utiliser le Psaume 23 à ses fins de désir charnel : « The Lord is My Shepard, I Shall Not Want/ But He Leathed Me Like A Lamb to the Lips Of The Mouth Of The Valley Of The Shadow Of Death ».

On joue ici dans un équilibre quasi parfait entre musique (composition), paroles et interprétation (cette manière de dire les mots comme celle de durcir le tempo) qui donne à ces chansons une dimension insoupçonnée pour de la pop (comprise au sens large). Cette écriture, dans sa forme, ce vieux parlé biblique ouvre véritablement une nouvelle porte pour l’imagination, comme dans The Carny, peut-être sa chanson la plus forte qui, derrière sa mélodie rythmique dans un style cabaret brechtien fantôme, raconte l’histoire de la fuite d’un responsable d’un cirque et l’enterrement de son cheval par des nains alors qu’une pluie diluvienne se met à tomber. Une chanson qui se regarde autant qu’elle s’écoute : « And Then The Rain came hammering down/Everybody running for their wagons (...) The three dwarves peering from their wagon’s hind/ Moses says to Noah ’We shoulda dugga deepa one’/ Their grizzled faces like dying moons/Still dirty from the digging done (...) And A Murder Of Crows did circle ’round/ First One, then the others flapping blackly down ».

L’interprétation (qui fait toujours merveille chez Cave aujourd’hui), trouve une certaine apogée dans Stranger Than Kindness, dont la musique a été écrite par le Neubauten en chef Blixa Bargeld et les paroles par Anita Lane, la compagne de Cave à l’époque. Histoire charnelle à nouveau, mais écrite du point de vue féminin, avec une plume et une sensibilité féminine que Cave s’approprie en la jouant tout en attente, avec une douceur mystérieuse et inquiétante. Il y a quelque chose de troublant, de réellement puissant à l’entendre chanter « Tell me I’m dirty » dans un souffle érotique qui n’est pas le sien, point de vue d’une autre, comme si un transfert avait concrètement eu lieu.

Il y a matière à continuer l’analyse. On pourrait s’attarder sur le choix des reprises du bonhomme, souvent des traditionnels qu’il parvient à installer dans son monde personnel (ici Long Time Man, chanson qu’on a il y a peu enfin attribué au songwriter Tim Rose et qui a été reprise par Noir Désir sur le live Dies Irae), sur l’apport des Bad Seeds, toujours justes et au service des chansons... On pourrait gloser sur l’évolution de l’écriture du bonhomme dans les années 90, vers un style plus « confessionnel » et marqué par le Nouveau Testament avant de récemment troquer ce dernier contre le journal du matin, mais c’est déjà une autre histoire... Et puis, c’est déjà pas mal pour un disque dégoté à 4,99€ !



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Duke





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Nick Cave & The Bad Seeds : "Your Funeral... My Trial"
(1/4) 8 juin 2016, par asiapk.net
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(2/4) 29 avril 2016, par Jacob Martin
lo siento si using bk29s
(3/4) 19 avril 2009, par Peksraluale
Nick Cave & The Bad Seeds : "Your Funeral... My Trial"
(4/4) 25 février 2009




Nick Cave & The Bad Seeds : "Your Funeral... My Trial"

8 juin 2016, par asiapk.net [retour au début des forums]

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29 avril 2016, par Jacob Martin [retour au début des forums]

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19 avril 2009, par Peksraluale [retour au début des forums]

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Nick Cave & The Bad Seeds : "Your Funeral... My Trial"

25 février 2009 [retour au début des forums]

25€ pour un disque qui a entre 10 et 40 ans d’âge. Et le verbe se fit cher...

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