|
|
Depeche Mode : "A broken frame" Dessine-moi un mouton dimanche 22 mai 2005, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
1982. Après plusieurs semaines en studio, des sessions chapeautées en majeure partie par Daniel Miller, le patron de Mute Records, Depeche Mode sort ce qui allait être son deuxième opus, aujourd’hui méprisé par le groupe et par la plupart des fans bien-pensants. Bien plus triste que son prédecesseur Speak & Spell, le disque au tube Just can’t get enough, A broken frame n’en reste pas moins un album charnière : Vince Clarke a quitté le groupe pour des problèmes de tensions internes qui marqueront Depeche Mode jusqu’à aujourd’hui, et pendant la tournée subséquente, le trio de Basildon recrutera Alan Wilder.
A broken frame est un album atypique, nostalgique et à fleur de peau, dans la mesure où la plupart des chansons avaient été écrites par un Martin Gore adolescent, un Martin Gore qui était obligé de s’improviser songwriter du groupe, puisqu’ils avaient perdu leur source d’écriture principale en la personne de Vince Clarke, le concepteur de New life, Just can’t get enough ou encore Puppets. Sur le premier opus, seules deux chansons avaient été écrites par Gore : l’instrumental Big muff et le toujours aussi mystérieux Tora ! Tora ! Tora !. Ici, les textes sont sombres et écorchés, comme une sorte de collection mélancolique et extrêmement poignante des sentiments les plus antagonistes et les plus douloureux de l’adolescence ; et c’est un Dave Gahan en proie au doute qui pose une voix mal assurée sur les ritournelles amères de cet opus. Même si la production semble datée, elle contribue à l’atmosphère sombre et claustrophobe de ce disque unique dans l’histoire du groupe. Des titres mythiques en émergent, comme le superbe Leave in silence, qui ouvre le tout dans une atmosphère plutôt ténébreuse ("We have reached a full stop, nothing’s gonna save us from the big drop"), ou encore le splendide et touchant The sun & the rainfall, probablement un des plus beaux morceaux de Depeche Mode, toutes périodes confondues. L’anthémique morceau instrumental Nothing to fear se dresse en hymne synthétique, véritable phare lumineux dans un album où seuls quelques morceaux d’une naïveté presque attristante (A photograph of you, The meaning of love) contrebalancent des titres moroses et dénués d’espoir (Monument, Satellite). De cette fantastique bipolarité naîtra également le single See you qui, malgré des textes d’une incroyable innocence, semble souillé par les synthétiseurs mouillés mis en place par Daniel Miller. A broken frame dépeint un monde à part dans l’univers musical du combo britannique, un monde que l’on ne reverra plus jamais dans aucun album, que cela soit dans les litanies industrielles de Construction time again ou le romantisme gothique de Black celebration. Ici, tout paraît à la fois simple et menaçant, comme si une épée de Damoclès imperturbable planait au-dessus de moments à peine sortis de l’enfance. Ce deuxième effort de Depeche Mode est un album simple, presque trop pour certains, alors qu’il ne fait que plonger avec énormément de pudeur dans un cœur adolescent et désabusé, comme en témoigne Shouldn’t have done that, la comptine glauque et pessimiste sur laquelle Martin Gore pose une voix encore hésitante qui se fond à merveille dans les paysages sonores de la musique. Délicates et fragiles, toutes les chansons de ce disque semblent constituer une parenthèse hésitante dans l’histoire d’un groupe qui, déjà à l’époque, se posait moult questions sur le bien-fondé de son existence (en témoignent les photos plutôt tristounettes de ses trois membres dans le livret) : une sorte de Petit prince de la musique, comme oublié sur une planète solitaire, désireux de se créer un monde onirique pour échapper à un univers trop dur. Ceux qui allaient plus tard composer le vibrant Enjoy the silence offraient ici un testament qui n’aurait pas dénoté sur un album de post-punk errant à la recherche d’une raison de vivre : "Things must change, we must re-arrange them, or we’ll have to estrange them". Tout est dit. |
|||
|
|
|
Il y a 17 contribution(s) au forum. Depeche Mode : "A broken frame"
(1/13) 30 avril 2013, par Williamz Depeche Mode : "A broken frame"
(2/13) 30 avril 2013, par Williamz Depeche Mode : "A broken frame"
(3/13) 30 avril 2013, par Williamz Depeche Mode : "A broken frame"
(4/13) 12 avril 2013, par Julie Depeche Mode : "A broken frame"
(5/13) 10 avril 2013, par Punk Depeche Mode : "A broken frame"
(6/13) 23 juillet 2012, par Mike Depeche Mode : "A broken frame"
(7/13) 16 juin 2006, par Cédric Depeche Mode : "A broken frame"
(8/13) 4 juin 2006, par Blague-Angel Depeche Mode : "A broken frame"
(9/13) 21 avril 2006, par june > Depeche Mode : "A broken frame"
(10/13) 22 mai 2005, par Kao > Depeche Mode : "A broken frame"
(11/13) 22 mai 2005, par goyogoy > Depeche Mode : "A broken frame"
(12/13) 22 mai 2005 > Depeche Mode : "A broken frame"
(13/13) 22 mai 2005 |
> Depeche Mode : "A broken frame" 28 mai 2005, par steph [retour au début des forums] entièrement d’accord ! Un vrai bijou que j’écoute encore fréquement avec beaucoup de nostalgie. Toute l’essence de Depeche mode est là...
> Depeche Mode : "A broken frame" 13 novembre 2005, par sevvy [retour au début des forums] Bonjour,
Merci Vince, grace à ton départ Martin a donné libre cours à ses obsessions et la musique de Dépêche Mode a atteint des profondeurs de noirceur (Black Celebration) et Alan Wilder est arrivé avec son immense talent de forçat de studio, qui a tant fait évoluer le style du groupe. Bien joué. 25 ans aprés Dépêche Mode est toujours là à nous envouter où sont donc Yazoo, The Assembly et Erasure ? Merci pour Playing The Angel : on vous disait morts-nés en 1980, quelle délicieuse agonie ! > Depeche Mode : "A broken frame" 13 novembre 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums] où sont Erasure ?
> Depeche Mode : "A broken frame" 13 janvier 2006 [retour au début des forums] C’est depeche mode et pas Dépêche Mode !!!
|