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Def Leppard : "Hysteria" Hystérie collective justifiée ? lundi 30 janvier 2006, par |
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Comme Genesis, Bon Jovi ou Whitesnake, Def Leppard a su marquer les années 80 de son empreinte par le biais d’un album immense à l’optique mondialisatrice, bourré de hits explosifs. Un album récompensé par des ventes colossales et une nomination immédiate au statut de classic-album du rock. Un album dont je n’ai jamais compris l’enthousiasme qu’il avait suscité.
Une tragédie venait pourtant de frapper le groupe anglais, alors en pleine ascension : le batteur Rick Allen, victime d’un violent accident de voiture, dût être amputé du bras après plusieurs opérations infructueuses. Sans se laisser démoraliser par ce coup du sort, le groupe se mit patiemment à l’œuvre afin de concevoir une batterie sur-mesure qui permettrait à Allen de conserver sa place et son rang au sein du groupe. Un bel exemple de solidarité humaine à méditer, alors qu’il aurait été si simple, vu les line-up fluctuants de la plupart des groupes, de débarquer l’infirme pour engager un cogneur de fûts en pleine possession de ses moyens. Ces considérations médico-sociales mises à part, le succès d’Hysteria tient en un unique point : comme beaucoup d’albums de cette époque, il répond à une demande de cette époque, friande de rock léger et clinquant, de chansons accrocheuses et festives, de strass et de paillettes. Animal, Woman ou Rocket sont, du point de vue de leur impact immédiat, d’excellentes chansons, avec des mélodies carrées, entraînantes, dansantes même, des mélodies qui constituent l’exemple parfait de tubes capitalisables dont tout groupe avide de reconnaissance oserait seulement rêver. Pour some sugar on me et son crétin de refrain se plantent dans le cerveau comme une tique vicieuse, et n’en partent pas avant que l’on ait trouvé un placebo tout aussi obsédant, Armageddon it par exemple. Quant aux ballades comme Love bites, elles s’appliquent avec insistance à suivre le contenu d’un hypothétique cursus en « composition de ballades », un peu dans la même idée que Bon Jovi, si ce n’est que même ces derniers parviennent encore à avoir l’air plus rudes que leurs cousins anglais. Hysteria est sournois dans sa manie de capter l’attention de l’auditeur. Oui, on éprouve l’envie de s’époumoner à entonner les refrains dans sa salle de bain avec le sèche-cheveux en guise de micro. Quoi que je puisse prétendre en société, les Destiny’s Child aussi me font cet effet-là. Certes, cette manie de reprendre les refrains en chœur de manière un peu niaise reste une des caractéristiques fondamentales du rock des années 80. Et c’est effectivement devenu un gimmick immédiatement identifiable chez Europe, MSG ou Whitesnake. Mais avec Def Leppard, les choses sont poussées un cran plus loin : je ne parviens à m’ôter l’impression d’être face à la source d’inspiration principale de tous ces horribles boys bands qui allaient polluer les ondes quelques années plus tard. Je suppose que tout le monde commence à voir poindre ma mauvaise humeur : Hysteria me rend tout sauf hystérique : pire, il me hérisse littéralement. En accusé principal, une production trop luxueuse, trop chargée, trop douceâtre, qui laisse un goût d’écœurement persistant en bouche. Le producteur Mutt Lange, à qui on ne peut pas reprocher de mal connaître son boulot, a semblé prendre un plaisir démoniaque à gonfler artificiellement la production. Avec ce synthé virevoltant, ces guitares lissées et proprettes et cette batterie qui claque comme un coup de fouet, il est parvenu à appliquer avant l’heure à Hysteria ce que j’appelle la « méthode Britney Spears » (l’ex égérie du Mickey Mouse club n’est citée que par pur désir d’acharnement ; bien d’autres mériteraient qu’on associe leur patronyme à cette méthode), une technique prônant la surcharge pour la surcharge, ce qui permet de mieux dissimuler une absence totale de contenu. Remettons les choses en perspective : Def Leppard est tout de même très loin de ce dernier constat, mais on cherche tout de même où a bien pu se planquer le côté rock de la chose, tant il est dominé par des artifices pop. Même au niveau vocal, le désir de conquête des sommets a fait des ravages. S’il est vrai que le chanteur Joe Elliott avait plus que souvent tendance à concurrencer Brian Johnson dans les hurlements acérés, peut-être eut-il mieux valu persévérer dans cette voie que d’adopter ces intonations malheureuses, aigrelettes ou pleurnichardes suivant la soi-disant émotion qu’il essaie péniblement d’insuffler. Evidemment, avec un tel principe de base, dire qu’Hysteria récolta un immense succès relève de l’euphémisme. L’album se vendit par millions d’exemplaires, squatta les charts pendant près de deux ans, et s’octroya même la place de choix d’être l’un des rares groupes britanniques à avoir su conquérir totalement les Etats-Unis, pratiquement au même niveau que les Beatles. Il est de notoriété publique que je suis bien le premier à défendre les années 80 dans ce qu’elles peuvent avoir de plus ridicule. Principalement parce qu’elles diffusaient une arrogance, une esbroufe, un lustre clinquant, une légèreté qui ont rapidement disparu quand des ploucs en chemise canadienne sont venus épancher leur mal être sur toutes les scènes d’Occident. Mais avec Hysteria, je coince. Def Leppard a crée un son unique avec cet album, c’est certain. Mélanger du rock, de la musique à la base forte, fiévreuse, avec des visées totalement, profondément pop, était original et potentiellement séduisant. Dans un certain sens, le pari a d’ailleurs été remporté on ne peut plus brillamment. Mais pourtant... la greffe ne prend pas, mon organisme fait un rejet. J’en viens presque à penser qu’à l’époque, j’en aurais appelé à la relève grunge de mes vœux. Hysteria n’est pas une catastrophe, dans l’acceptation totale du terme. Seize millions de consommateurs ne peuvent pas tous se tromper. Et des mélodies aussi aisément mémorisables et fédératrices forcent quelque part à un certaine empathie vis à vis des musiciens qui les ont imaginées. Mais on a aussi le droit d’être totalement hermétique à la direction artistique prise par le groupe anglais à cette époque. On peut aimer le rock. On peut aimer la pop. Mais cette mixtion très particulière des deux file des aigreurs d’estomac. Tout le problème d’Hysteria se résume à cela : on sent trop le savon et pas assez la sueur. |
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Il y a 14 contribution(s) au forum. Def Leppard : "Hysteria"
(1/5) 23 mai 2013, par Anderson Def Leppard : "Hysteria"
(2/5) 17 novembre 2008 Def Leppard : "Hysteria"
(3/5) 19 janvier 2007 Def Leppard : "Hysteria"
(4/5) 19 juin 2006, par andrewharlan Def Leppard : "Hysteria"
(5/5) 2 février 2006 |
Def Leppard : "Hysteria" 19 janvier 2007, par Marc Lenglet [retour au début des forums] Jaloux ? Non, puisque je ne fais pas de musique. Et je ne suis pas français non plus d’ailleurs. Vous vous imaginez peut-être que j’en veux au strass et aux paillettes. Non, c’est juste que je ne suis pas fan d’Hysteria et qu’ici, ça ne passe pas chez moi.
Def Leppard : "Hysteria" 27 janvier 2007 [retour au début des forums] "Malgré que" n’est pas français mr. le journaliste. Si vous ne faites pas de musique, alors n’en parlez pas ! Def Leppard : "Hysteria" 27 janvier 2007, par Marc Lenglet [retour au début des forums] Vous non plus, mon cher. Je vous interdis de défendre Def Leppard si vous ne faites qu’écouter leur musique. Et si vous ne travaillez pas sur un site de chroniques amateur, vous devez baisser les yeux quand vous me parlez et garder vos impressions pour vous... Def Leppard : "Hysteria" 28 janvier 2007 [retour au début des forums] Figurez vous que je la chante, par ailleurs allez donc voir ce que vaut votre statut de chroniqueur, sur votre chronique de "slippery when wet" : quel respect de la part de vos lecteurs !!! Def Leppard : "Hysteria" 25 février 2007 [retour au début des forums] def leppard pue et craint. ce n’est pas de la musique. Def Leppard : "Hysteria" 17 juillet 2007 [retour au début des forums] Alors, tu dois etre fan de rap toi !
Def Leppard : "Hysteria"-Un peu plus pop, mais bon... 24 avril 2006, par Evil Frissou [retour au début des forums] Cet album a un son moins cru que les trois précédents (qui son très bons en passant...) mais c’est ce que ça prenait pour que Les Léopards Sourd devienent méga. Il ont mi de l’eau dans leur vin mais la production est bonne. L’album aux complèt est facile à écouté, les tounes facile à retenirs. J’ai tu vraiment besoin dans dire plus ? Ce disque, on l’à tous déja entendu ! Evil frissou Def Leppard : Créer donc de la musique... 17 mai 2007, par eponyme [retour au début des forums] Essayer donc de composer vous même des morceaux de musiques et critiquer vous 20ans après. On verra alors si vous penser toujours la même chose. (Cela fonctionne aussi pour n’importe quel autre travail réalisé...)
Je pense surtout que la critique est facile et le travail mal reconnu.... Def Leppard : Créer donc de la musique... 18 mai 2007, par danchasse [retour au début des forums] nul n’est besoin de creer de la musique pour l’ecouter , l’apprecier ou la critiquer.
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