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Chris Isaak : "Silvertone"
La vie avant Wicked Game

samedi 3 janvier 2009, par Serge Coosemans

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Chris Isaak eut une vie avant Wicked Game, son tube mondial de 1991, on a souvent tendance à l’oublier. Tout comme on oublie tout aussi souvent que le morceau date en fait de 1989, est extrait du troisième album un poil tordu de l’artiste et doit la mise à feu de son succès aux amateurs de David Lynch, qui s’en servit pour illustrer quelques scènes de Sailor & Lula (Wild at Heart). A vrai dire, même avant Blue Hotel (1987), autre tube plus radiophonique que rentable cette fois, Chris Isaak eut une vie. Cette vie, c’est Silvertone, soit un album de douze morceaux enregistrés en 1984 et sortis l’année d’après sur Warner Bros Records. Un album aujourd’hui assez oublié, sombre, pas du tout souriant, hanté par la tristesse, la solitude et les guitares klang. Un EXCELLENT disque, qu’on se le dise !

La première fois que j’ai entendu parler de Chris Isaak, c’était dans Les Enfants du Rock, l’émission d’Antoine De Caunes. Si mes souvenirs sont bons, le clip Dancin’ passa entre ceux des Cramps et de Wall Of Voodoo et De Caunes ne tarit ensuite pas d’éloges au sujet de l’album Silvertone, ce qui l’aida d’ailleurs à convenablement démarrer sous nos latitudes. Je n’ai jamais trop aimé ni Roy Orbison, ni Elvis Presley, icônes dont se réclamait le Californien gominé alors âgé de 30 ans. Par contre, on sentait chez lui comme chez beaucoup d’autres de l’époque ce mélange sinon subtil du moins très accrocheur de distance moqueuse et de premier degré, de fascination réelle pour ses modèles mais aussi de tentations iconoclastes par rapport à leurs héritages culturels.

Comme chez les Cramps ou les B 52’s, comme un peu plus tard chez Quentin Tarantino, Chris Isaak transmettait un respect et une passion quasi religieux pour tous un tas de choses formant son background. Ce qui n’empêchait pas une façon de jouer et de régurgiter ces choses qui pouvait paraître carrément punk aux yeux de bien des tenants des cultes abordés.

Punk, Chris Isaak ? Non, bien sûr. Dès le début, au moins quatre morceaux de l’album Silvertone annoncent la couleur du futur : la roucoulade débonnaire, le rock romantique bien joué, bien fabriqué, très sympathique mais pas non plus immensément passionnant. Peut-être parce que c’était la mode, peut-être parce qu’il pensait que c’était un personnage à jouer, il n’en demeure pas moins que durant les premières années de sa carrière, Chris Isaak assume parfaitement un net côté schizo.

Sur scène, il est généreux et rigolard. Sur disques, une bonne partie de ses trois premiers albums a de quoi faire douter les midinettes venues pour sa petite gueule et son charme certain. Il y a certes de bien jolies et innocentes chansons dans ce catalogue mais il y en a aussi beaucoup d’autres où l’ambiance se fait nettement plus plombée, sombre, voire même un poil glauque. L’ex-surfeur plus tard acteur aime y (sur)jouer une image ténébreuse. Celle d’un loner, un solitaire que personne ne comprend vraiment, dont les relations sont compliquées. Un mec dont le monde intérieur est d’autant plus désespéré et sombre qu’hanté par des icônes mortes un peu ridicules et éclairé de néons aux couleurs criardes comme on en trouve du côté de Tijuana. La détresse existentielle au temps de la pop-culture, en d’autres termes, ce qui ne pouvait que forcément plaire à David Lynch, autant dire Le Pape de ce courant de pensée.

De Silvertone, Lynch utilisa déjà deux chansons sur la BO de Blue Velvet, en 1986, dont l’une illustre l’éprouvante virée en bagnole où Kyle Mac Lachlan finit par se faire démonter la tronche dans un terrain vague. Il aurait tout aussi bien pu en tirer encore quelques autres, tant l’ambiance générale de ce disque est extrêmement proche de son univers d’alors, les naïfs moments d’innocence purs étant généralement suivis de descentes sèches vers des paliers psychologiques nettement moins aimables. Bien sûr, on n’est pas chez Nine Inch Nails : tout cela reste très abordable, un poil dandy, crooner même... bien chanté, bien produit, très agréable.

Ce qu’il faut surtout en retenir, c’est que s’il y a bien un album de Chris Isaak qui ne ressemble pas à ce que l’on s’imagine aujourd’hui de Chris Isaak (dont le disque à ce jour le mieux vendu est tout de même une compilation best of fatalement réductrice), c’est celui-là. Mené par Dancin’, exemple parfait de tout ce qui est ici avancé. Changez (à peine) la voix, étirez le morceau, gardez les guitares, rajoutez en d’autres du même genre et vous obtenez un résultat plus proche du groupe new-yorkais Television (surtout celui de 1992) qu’inspiré par un quelconque revival rockabilly. Hé oui, c’était cela la vie de Chris Isaak avant sa Wicked Fame.



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Serge Coosemans





Il y a 13 contribution(s) au forum.

Nice post
(1/5) 6 février 2013, par sarim
lo siento si using cg17f
(2/5) 19 avril 2009, par Peksraluale
Chris Isaak : "Silvertone"
(3/5) 3 janvier 2009, par Psycho-Fox
Chris Isaak : "Silvertone"
(4/5) 3 janvier 2009, par kozmik
Chris Isaak : "Silvertone"
(5/5) 3 janvier 2009, par Vintage




Nice post

6 février 2013, par sarim [retour au début des forums]

That is so so best and fantastic post.I liked such a nice and awesome information so much .

Like :Hairstyles 2013

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lo siento si using cg17f

19 avril 2009, par Peksraluale [retour au début des forums]

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Chris Isaak : "Silvertone"

3 janvier 2009, par Psycho-Fox [retour au début des forums]

De Chris Isaak, je ne suis pas trop sûr de savoir quelle place il a encore dans la "culture populaire" (vilaine expression si il en est). Personnellement, je me fiche totalement qu’il ait du charisme ou pas, ce que je sais, c’est que sa musique, et bien sûr sa voix, ont de la gueule. Effectivement, je me range parmi ceux qui voient en lui un personnage authentique, dont autant le personnage public que l’amateur de rockabilly sont finalement sympathiques, à défaut d’être renversants. J’éprouve toujours du plaisir à l’écouter, comme on boit un vin qui vieillit bien. Et ça m’est franchement égal qu’il ne soit pas un poète maudit du genre Jeffrey Lee Pierce ; ça ne peut pas remettre son optique en cause. Wicked Game mérite franchement son succès, Blue Spanish Sky est une petite rêverie mélancolique et merveilleuse, Funeral In The Rain est tout aussi poignante, de même que Voodoo, et j’en passe. Chris Isaak peut singer Roy Orbison autant qu’il le souhaite, ça ne me pose pas de problème, c’était lui aussi un fabuleux chanteur. Indubitablement, Isaak est un artiste passionné, souvent entouré d’un excellent backing-band, et je prendrais du plaisir à aller écouter un gars comme lui en concert.

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    Chris Isaak : "Silvertone"

    5 septembre 2012, par John [retour au début des forums]


    Funeral In The Rain est tout aussi poignante, de même que Voodoo, et j’en passe. Chris Isaak peut singer Roy Orbison autant qu’il le souhaite, ça ne me pose pas de problème hometextilieshop, c’était lui aussi un fabuleux chanteur. Indubitablement,

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    complicated

    3 décembre 2012, par kollpoi [retour au début des forums]


    There are certainly very pretty and innocent songs in this catalog but there are also many others where the atmosphere is much more leaden, dark, and even a bit creepy. The former Fairtrade gifts surfer later actor likes to (over) play a dark picture. That of a loner , a loner that no one really understands, whose relations are complicated.

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Chris Isaak : "Silvertone"

3 janvier 2009, par kozmik [retour au début des forums]

Je lui ai toujours trouvé autant de charisme qu’un Fish Stick Igloo ton Chris Isaak. Trop light, trop calibré gendre idéal, un Jesse Caron branchouille. Pourtant, comme toi, d’autres ont vu une certaine authenticité en lui allant même jusqu’a le programmer au Futurama 1985 de Deinze aux cotés de déjantés comme Jeffrey Lee Pierce ou Executive Slacks.

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Chris Isaak : "Silvertone"

3 janvier 2009, par Vintage [retour au début des forums]

Ah oui ! "Silvertone" est un disque de Chris Isaak impeccable !!!
tout comme son deuxième album (sans nom) d’ailleurs, qui est un prolongement de celui-çi (je les trouve assez indissociables en fait).
Que des bons morceaux sur ces deux galettes : Dancin’ - Back On Your side - Voodoo - le sombre Funeral In The Rain - The Lonely Ones - l’enlevé Gone Ridin’ - You Owe Me some Kind Of Love - l’excellente reprise des Yardbirds Heart Full Of Soul - le poignant Lie To Me - l’archi connu Blue Hotel mais pourtant toujours aussi agréable à entendre - Wild Love ..... etc.
Oui, de sacrés bons disques indémodables ! j’ai toujours une affection particulière pour le Chris Isaak de cette époque, d’autant plus que j’avais eu l’immense plaisir de le voir en concert en Avril 1987 au Bataclan et que le monsieur avait derrière lui de sacré musiciens qui bastonnaient !!! quelle claque !

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