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Bryan Ferry : "Boys and girls"
L’art de séduire

mardi 22 janvier 2008, par Jérôme Delvaux

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Vous avez invité votre dernière conquête chez vous ce soir et vous avez très envie de conclure. Tout est prêt : vous avez mijoté un bon petit plat (ou commandé chez le traiteur le plus chic du quartier), vous avez sorti le service en cristal, mis le champagne au frais, dressé une belle table, allumé les bougies, augmenté la température de quelques degrés et tamisé l’éclairage. Tout est prêt ? Non, il vous reste à trouver le fond sonore qui accompagnera comme il se doit ce moment romantique. Heureusement, Carmen, votre femme de ménage, a remis Boys and girls de Bryan Ferry à sa place après l’avoir écouté pour la cent dix-huitième fois en mettant de l’ordre dans votre garçonnière...

Vous la trouvez cliché mon introduction ? Vous n’avez certainement pas tort, mais sachez toutefois que peu de disques conviennent aussi bien à ce genre de moments agréables que Boys and girls. C’est qu’après le second split de Roxy Music, Bryan Ferry a voulu se spécialiser dans ce qu’il savait faire de mieux : des chansons d’amour suaves et élégantes. A son image. Après son petit coup de blues de la fin des années 70, lorsque sa muse, la top-modèle Jerry Hall, l’a abandonné, le chanteur a retrouvé foi en l’amour et goût en la vie. Après une chute de cheval, il faut vite remonter en selle, n’est-ce pas ? Bryan a donc séduit puis épousé la belle Lucy Helmore (elle aussi mannequin, quel hasard...), de quatorze ans sa cadette et qui lui donnera quatre fils. Tout va donc de nouveau pour le mieux dans la vie de cet homme si charmant et raffiné. Se disant sans doute que sa petite famille serait encore plus heureuse si son compte en banque grossissait de manière spectaculaire, il décide d’imiter la démarche de son camarade David Bowie qui, deux ans plus tôt, a raflé le jackpot en laissant les prises de tête artistiques de côté pour sortir un album 100% commercial : Let’s dance. Ferry renonce donc totalement à ce qui a contribué à faire la réputation d’excellence et d’intégrité de Roxy Music pour se concentrer sur ce qui marche : des ballades faites sur mesure pour la bande FM et des slows crapuleusement adhésifs saupoudrés d’harmonies pop classieuses.

Se souvenant sans doute que les musiciens de session de son album solo précédent, The bride stripped bare, n’avaient pas toujours été à la hauteur, il s’entoure cette fois-ci en studio de véritables pointures. Se croiseront ainsi les guitaristes David Gilmour de Pink Floyd, Mark Knopfler de Dire Straits et Nile Rodgers de Chic (par ailleurs producteur du précité Let’s dance de Bowie), mais aussi le bassiste Tony Levin de King Crimson et le batteur Andy Newmark, rescapé du dernier line-up de Roxy Music. Citons également le jazzman Marcus Miller et le fameux saxophoniste américain David Sandborn. Que du beau monde !

Alors bien sûr, même sans le savoir, vous connaissez forcément Slave to love, l’un des plus gros tubes de l’année 1985. Slave to love, c’est une de ces chansons d’amour absolument imparables : le romantisme dans toute sa splendeur. Elle est immédiatement suivie de Don’t stop the dance, co-écrite avec le producteur Rhett Davies et qui aurait très bien pu être sous-titrée « Comment enrouler une nana en quatre minutes dix-neuf secondes ? », ou encore figurer en première position du classement des slows de l’ouvrage La drague pour les nuls (c’est d’ailleurs peut-être le cas, mais je ne l’ai jamais lu). Le tempo est lent, juste comme il faut, les paroles aguichantes, les arrangements d’une finesse extrême et la voix de Ferry plus belle et plus sensuelle que jamais. Les sept autres titres, même s’ils ne sont pas tous aussi réussis, sont également d’un excellent cru et ne font jamais retomber l’ambiance - torride - que cet album crée immanquablement. Fiez-vous aux dires d’un expert. En vous souhaitant une agréable soirée et une très bonne nuit !



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Jérôme Delvaux





Il y a 16 contribution(s) au forum.

Bryan Ferry : "Boys and girls"
(1/3) 23 janvier 2008, par the kioure
Bryan Ferry : "Boys and girls"
(2/3) 23 janvier 2008
Bryan Ferry : "Boys and girls"
(3/3) 23 janvier 2008




Bryan Ferry : "Boys and girls"

23 janvier 2008, par the kioure [retour au début des forums]

on dirait bashung sur la photo

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Bryan Ferry : "Boys and girls"

23 janvier 2008 [retour au début des forums]

Un disque beauf pour les beaufs

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    Bryan Ferry : "Boys and girls"

    23 janvier 2008 [retour au début des forums]


    Un commentaire pauvre pour les pauvres. Tapé avec un seul doigt. Trop fatigué pour se diriger vers le pavé numérique pour faire son point final. Final espère-t-on.

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      Bryan Ferry : "Boys and girls"

      23 janvier 2008 [retour au début des forums]


      Tu veux de la classe et de la séduction eighties, t’écoutes Sade.
      Bryan Ferry ces années là, c’est juste la version anglaise de Marc Lavoine

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        Bryan Ferry : "Boys and girls"

        23 janvier 2008 [retour au début des forums]


        Sade, je préfère le lire que l’écouter. ;-)

        [Répondre à ce message]

          Bryan Ferry : "Boys and girls"

          24 janvier 2008 [retour au début des forums]


          Et l’importun, intrigué quand-même, de s’atteler sur-le-champ à une traduction opiniâtre des lyrics de l’infortuné Ouäille-kantouilive-tougëzeur... Ouf ! mille merci ;)
          Il nous reviendra plus posé après ce labeur, comme vidé par "cette espèce de dégoût qui suit le délire des passions".
          Après tout même les beaufs ont des passions*. Ca les rend parfois touchants, parfois même trés trés obéissants...

          *la bière tout ça...

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        Bryan Ferry : "Boys and girls"

        25 novembre 2013, par fzfze [retour au début des forums]





        Sadec’estdela merde.
        C’estmou,lent,ennuyeux à crever

        [Répondre à ce message]

Bryan Ferry : "Boys and girls"

23 janvier 2008 [retour au début des forums]

L’album le plus classe qu’il m’ait été donné d’écouter, le plus bourgeois aussi. J’ai presque failli devenir hétéro en le découvrant. Belle chronique et documentation -sans l’once d’une polémique. Bravo, continuez monsieur !

"Bête Noire" (1987) contient également quelques perles. A offrir toute l’année.

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