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Big Black : "Songs about fucking"
King-Kong Porn ?

lundi 7 juin 2010, par Yû Voskoboinikov

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Non mais, regardez-moi cette jaquette dégueulasse ! Un groupe nommé Big Black, dont l’album est titré Songs about fucking, présentant une blanche en train de se faire prendre avec force. Ah, sans doute un noir ! Et les uns de dire qu’il est honteux de montrer une blanche se faire violer par un noir, pendant que les autres s’offusquent de ce que l’on fasse tout un plat de ce qu’un noir se tape une connasse de blanche — notez bien que ce sont des blancs qui disent cela —, tandis qu’il en reste quelques-uns pour se féliciter de la chose, car après tout ces salauds de racistes de blancs ne devraient jamais coucher avec d’autres blancs — j’en passe et des meilleures. Le point commun de tous ces malades ? Ils parlent sans savoir, et sont finalement plus racistes que ceux qu’ils pensent dénoncer.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous déballer une redite démagogue visant à promouvoir les ailerons gauche ou droit d’un même corps acéphale. Les gens ne sont pas égaux, ainsi que l’écrivait si bien Ian Dury : « Remerciez le Créateur de ne pas être dans le même état que moi. » Et le fait est qu’il y a encore des gens que cela choque, qu’autrui ne soit pas comme eux, qu’autrui soit différent. Or, l’inconnu est justement ce qui est différent de nous, et que soit nous rejetons (les racistes), soit nous érigeons en idole (les antiracistes). Pourtant, si l’on s’en réfère au texte de l’Exode 20, 4-5 :

Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.

Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent. [1]

En soi, le fait d’embrasser — dans le sens de s’assimiler totalement à — ce qui nous fait peur n’est-il pas une forme d’idolâtrie, puisque revenant à personnifier l’inconnu tout en se niant soi-même pour justement mieux se conformer à ce dernier ? [2] Après tout, nous avons beau dire « les noirs », mais lorsque nous le disons, nous avons chacun dans notre esprit une image personnificatrice, ainsi que l’explique brillamment un anonyme à Coluche dans le film Banzaï : « Pour moi, New York, c’est un grand noir, avec un grand couteau, qui vous court après, c’est tout ! » Et chacun de se faire sa propre image, et de se créer ainsi sa propre idole, accompagnée de son inévitable dogme. Ce qui me fait dire que les racistes, tout comme les antiracistes, ne sont que des déséquilibrés mentaux qui ont perdu toute raison, aveuglés par leur incapacité à accepter le fait qu’autrui est différent.

Il en va de même pour Steve Albini qui, avec son groupe Big Black, a enregistré ce qui est sans doute la plus virulente diatribe contre le numérique jamais posée sur — on prend l’argent là où il est — disque numérique : un son dégueulasse à souhait, au service d’une musique bruitiste se voulant résolument engagée, ne serait-ce qu’au travers de la haine du numérique que vit Steve Albini de tout son déséquilibre mental ; car Albini est un raciste du numérique, et c’est tout ce qui donne son identité à l’album, sorte de Mein Kampf de la musique, où l’auteur (se) tâche de nous expliquer comment « lentement, sans effort, chacun devient ce qu’il méprise le plus. » Dont acte, puisque c’est en dénonçant tous les « fachos » de l’Amérique que Steve Albini est devenu l’un des leurs, un vieux connard obtus qui refuse la différence d’autrui en se drapant de bons sentiments et autres auréoles nobiliaires, et dont le manifeste se nomme Songs about fucking — qui ça, Steve, ta mère ? La question se pose...

Mais avant d’y répondre, revenons-en aux fantasmeurs hystériques de l’introduction, en rappelant que les Grecs antiques — les seuls vrais avant-gardistes de l’Occident — considéraient que l’art en tant que produit suppose un savoir-faire, utilisant le mot technè pour désigner autant l’art que le savoir-faire permettant de dévoiler cet art. Car la technè est pour eux un mode du savoir, en tant que dévoilement de la vérité : retirer le voile d’ignorance — souvent crasse et agressive — qui couvre la connaissance. Dans le cas présent, il suffit de retourner la jaquette pour découvrir l’insoutenable vérité :

Car non seulement seul le mal voit le mal, mais en plus Steve Albini est jaloux de son père, Songs about fucking n’étant finalement que l’expression à la graisse de chevaux de bois de son complexe d’Œdipe.


[1] (Traduction : Louis Segond.)

[2] cf. Anaïs, Elle sort qu’avec des black



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Yû Voskoboinikov





Il y a 84 contribution(s) au forum.

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Big Black : "Songs about fucking"

1er juin 2012, par Bolivian [retour au début des forums]

That is sure for the majority of broadminded persons. Similar material would be a must for many instirutions as college term paper http://allfreepapers.blogspot.com has in its account is a way to get the audience bigger.

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Big Black : "Songs about fucking"

20 juin 2010 [retour au début des forums]

Vivement la découverte de Rapeman et Shellac...

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Big Black : "Songs about fucking"

9 juin 2010 [retour au début des forums]

Les tournures de phrases sont un peu lourdes, non ? A l’image de l’auteur qui les écrit, en somme.

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Big Black : "Songs about fucking"

7 juin 2010 [retour au début des forums]

n’importe quoi cet article. tu viens de découvrir big black ou quoi ?

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Big Black : "Songs about fucking"

7 juin 2010 [retour au début des forums]

Des catcheurs ! Il fallait y penser !

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