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Alain Chamfort : "Amour, année zéro"
Jet Society

lundi 13 décembre 2010, par Jérôme Delvaux

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Serge Gainsbourg reste – et restera – le plus grand auteur-compositeur de musique populaire en langue française, ce point ne doit même plus être discuté. Son œuvre pluridisciplinaire s’étale sur cinq décennies et ses facettes multiples continuent de toucher, près de vingt ans après sa mort, plusieurs générations d’auditeurs. Posséder l’intégrale de ses albums, recueils de chansons, enregistrements de concerts et musiques de films ne suffit toutefois pas à pouvoir prétendre « avoir fait le tour » de ses réalisations. Car Gainsbourg écrivait aussi pour les autres.

Alain Chamfort émarge à cette catégorie d’artistes français qui ont bénéficié des grâces et de la générosité (ou l’opportunisme, clameront certains) de Gainsbourg, le parolier. Après un début de carrière en dents de scie comme chanteur à minettes, puis quelques succès sortis sous l’égide de Claude François, le Parisien connaît un sérieux passage à vide. Il entame alors une collaboration artistique avec l’auteur de Histoire de Melody Nelson, sans doute le seul capable de donner une nouvelle dimension à sa carrière. Gainsbourg fournit des textes et laisse à Chamfort le soin de les mettre lui-même en musique, mais la sauce tarde à prendre. Leur premier album réalisé à deux, Rock’n rose, sort en 1977 et ne rencontre qu’un accueil timide du public. Il faut attendre le LP Poses, deux ans plus tard – plutôt dans une veine disco, suivant la mode de l’époque – pour que l’union du poète maudit et du chanteur de charme porte ses fruits. Gainsbourg, trop occupé ailleurs, ne trouve pourtant cette fois le temps que de signer trois chansons du disque. Mais l’une d’elles, Manureva, connaîtra un succès commercial énorme (et reste d’ailleurs son simple le plus connu à ce jour).

L’album Amour, année zéro, en 1981, présente donc un artiste requinqué, réaffirmé dans son statut de star et bien décidé à se débarrasser de sa réputation d’interprète de chansonnettes un peu légères. Son nouveau disque se veut à la fois moderne et « adulte », dans le sens où, à 32 ans, il entend bien séduire aussi un public au moins aussi âgé que lui.
L’enregistrement a lieu à Los Angeles avec parmi les principaux musiciens Wally Badarou, le claviériste franco-béninois de Grace Jones, convoqué pour son habilité à créer des sonorités et ambiances métissées, entre synth-pop, disco et funk. Car Chamfort s’éloigne désormais de la variété pour se rapprocher, à sa façon, de la new wave, le courant musical du moment. Et les textes de Gainsbourg, bien éloignés de ceux, parfois crus, de Mauvaises nouvelles des étoiles, son album reggae sorti peu avant, y trouvent parfaitement leur place. En neuf chansons, presque autant de classiques (Bambou, écrite au sujet de la compagne junkie de Serge, Chasseur d’ivoire, Jet Society, Malaise en Malaisie,...), ils s’élèvent bien au-delà du niveau moyen de la production française. Bien plus qu’une simple collection de tubes potentiels alternant fantasmes d’exotisme et rêveries romantiques, Amour, année zéro est un album de pop classieuse et élégante, à l’image de son interprète, qui se rêve manifestement en une sorte d’équivalent frenchie de Bryan Ferry, comme on peut le constater dès la pochette.

Son ambition durant la conception du disque est telle qu’il entrera en conflit avec son bienfaiteur pendant les séances d’enregistrement : il n’est pas question qu’il accepte certains de ses textes, qu’il juge convenus, fadasses et trop faciles. La pourtant jolie Souviens-toi de m’oublier sera rejetée en dernière minute (et offerte à Catherine Deneuve, pour qui Gainsbourg écrit simultanément un album). Elle sera remplacée sur le disque par Paradis – peut-être bien le meilleur morceau de sa carrière d’interprète, soit dit en passant –, écrit par Eric Hagen Dierks, alias le parolier belge Jacques Duvall. Ce dernier est recruté par l’intermédiaire de Lio, la petite amie de Chamfort, dont Duvall est le principal fournisseur de tubes depuis ses débuts.

« Rendez-vous au Paradis,
Attention, c’est un piège,
Les anges ne sortent pas le samedi soir,
En ensemble beige de chez Courrèges. »

Ce refrain inoubliable scelle la fin de la « période Gainsbourg » du playboy. Chamfort volera dorénavant de ses propres ailes, avec des hauts et (surtout) des bas. Amour, année zéro, au sujet duquel la presse spécialisée des années 80 établira des rapprochements flatteurs avec l’esthétique de Roxy Music (!) et les poses de Duran Duran (! !), reste à ce jour le disque incontournable de sa carrière. Et un must pour tous les fans de Gainsbourg, au même titre que Pull marine d’Adjani et Play blessures de Bashung.



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Jérôme Delvaux





Il y a 19 contribution(s) au forum.

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Alain Chamfort : "Amour, année zéro"

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Alain Chamfort : "Amour, année zéro"

12 janvier 2012 [retour au début des forums]

"Serge Gainsbourg reste et restera..., ce point ne doit même plus être discuté". C’est surtout incroyable d’être quelqu’un plein de certitudes à ce point-là !

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Alain Chamfort : "Amour année zéro"

13 décembre 2010, par Phil Dantachambre [retour au début des forums]

Très bien, allez + de disques français.
N’hésitez pas, Bashung, Kat Onoma, Marc Seberg, HF Thiefaine,
y a de quoi faire.
Et pourquoi pas, Polnareff, Daho, Sheller.

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