Pop-Rock.com



The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"
L’art de passer inaperçu

lundi 27 février 2006, par Marc Lenglet

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Rainbow : "Rising"
Suicide : "Suicide"
Patti Smith : "Easter"
T.Rex : "Electric warrior"
Alice Cooper : "Billion dollar babies"
The Stooges : "Fun house"
Queen : "A night at the Opera"
Miles Davis : "Live evil"
David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
Roxy Music : "Stranded"


Bien qu’il soit encore aujourd’hui une figure récurrente de la musique pop anglo-saxonne, il y a bien longtemps que Bob Geldof ne produit plus rien qui puisse attirer les foules. Mais le statut d’initiateur du Band Aid, quoi qu’on puisse reprocher à cette grand’messe bourrée de bons sentiments, permet à l’homme de maintenir un statut de commentateur respecté de la scène musicale. Une position que n’aurait sans doute pas pu lui apporter son propre groupe...

Car, quelque part, les Boomtown Rats sont toujours restés dans l’ombre des actions humanitaires de leur encombrant leader dans les années 80. Un fait regrettable, car ce groupe irlandais méconnu ne s’en tirait pourtant pas mal du tout dans son registre. Ce qui l’empêcha probablement d’atteindre la consécration et le statut de formation dont on se souvient longtemps encore après son split est l’absence définitive de morceaux qui sortent du lot. Ou la quasi absence. Car il existe tout de même une chanson des Boomtown Rats à avoir marqué son temps. Un morceau qui se trouve justement sur The fine art of surfacing, tiens. Ce fameux titre phare se nomme I don’t like Mondays, excellent tube de pop symphonique au demeurant, qui retrace l’histoire réelle d’une adolescente américaine qui partit un jour pour l’école et y flingua onze personnes de sang froid, ne montrant par la suite aucun remords ni ne fournissant aucune explication à son geste. Peut-être effectivement n’aimait-elle pas les lundis. En dehors de cette indiscutable evergreen, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent qui soit réellement extraordinaire...

En parallèle avec les punks grossiers et revanchards, les Boomtown Rats, plus présentables quoi qu’issus de la même portée, annonçaient déjà la new wave naissante. Si le ton est volontiers caustique et si les guitares savent se faire entendre quand il le faut, le souci de la mélodie et des arrangements rangent plutôt ce groupe du côté de la pop. Someone’s looking at you ou Diamond smiles sont efficaces, bien troussées et accrochent l’oreille de la manière la plus charmeuse qui soit, mais des chansons efficaces, bien troussées et qui accrochent l’oreille, ce n’est pas ce qui manquait à l’époque. Une fois de plus, il manque l’impondérable, le petit truc qui fait que...

Au début des années 80, les Boomtown Rats cessèrent progressivement d’être un pur groupe de rock pour se teinter de fortes influences funk et world-music, encore une fois sous l’impulsion d’un Bob Geldof plus qu’interessé par les musiques exotiques. Le groupe sortit quelques albums colorés qui ne marquèrent pas les foules, avant de splitter dans une relative indifférence en 1986. Finalement, les Boomtown Rats auront surtout été le groupe d’un seul album, voire même d’un seul morceau pour ce qui est de réellement marquer l’histoire de la musique. Ce qui explique sans doute qu’on se rappelle aujourd’hui surtout de Geldof comme de l’initiateur de l’énorme Band Aid en 1985, ou même comme de l’interprète de Pink dans le film The Wall, bien davantage que comme leader des anecdotiques Boomtown Rats...



Répondre à cet article

Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"
(1/3) 27 mars 2008, par superlinus
The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"
(2/3) 21 août 2007, par rené
The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"
(3/3) 16 avril 2006, par Youki Smayas




The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"

27 mars 2008, par superlinus [retour au début des forums]

Au risque de contredire tout le monde, j’aime beaucoup cet album.
Je l’ai acheté à l’époque de sa sortie et je l’ai beaucoup usé.

Bien sur il y a "I don’t like Mondays", record de vente de singles outremanche à l’époque. Mais "Someone ’s lookin’ at you" est aussi géniale avec son orgue démesuré.

Et puis l’album dans son ensemble regorge de trouvailles sonores, bruitages diverses et ne sombre jamais dans la monotonie. L’album se finit par exemple par un rire de gorgonne récurrent et angoissant qui finit par faire rire.
Les morceaux se déroulent souvent sur un rythme épileptique et Bob Geldorf dans ses vocaux ne fait pas dans la sobriété.

Même si certains morceaux ne tiennent pas la rampe, c’est un album à écouter. Il reste dans mon souvenir à l’égal du "1,2,3, 4,..." de Midnight Oil. Même nervosité, même époque...

Pour finir, il faut noter qu’à sa sortie , cet album fut une grosse déception en Grande Bretagne où les deux premiers albums, plus basiques, entre punk et pub rock avaient cartonné !
Donc Respect pour les Boomtown Rats et leur loufoquerie (un des musiciens ne s’habillait que de pyjamas !).
et puis... superble pochette de disque !

[Répondre à ce message]

The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"

21 août 2007, par rené [retour au début des forums]

qui aujourd’hui s’intéresse encore aux Boomtown Rats et à Bob Geldorf ? Personne. Et c’est mérité.

[Répondre à ce message]

    The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"

    4 mai 2008, par tahitiboy [retour au début des forums]


    Oubliés les Rats certes, mais injustement ! Car "The fine art..." est un album de pop péchu avec une floppée de titres bien foutus, parmi lesquels "I don’t like Mondays" est au final, plutôt moyen (à mon avis).
    Moins sophistiqués et moins intellos que XTC (total respect) les Rats avaient pour eux - outre une réelle efficacité des compositions - une énergie qui fait encore plaisir à entendre.
    "A tonic for the troops", autre album de la même période, est également sympathique, mais un poil en dessous.

    [Répondre à ce message]

The Boomtown Rats : "The fine art of surfacing"

16 avril 2006, par Youki Smayas [retour au début des forums]

Peu de clients pour les debuts oublies de Gedorf. Je me rappelle surtout du 1er album et d’un titre nommé "Heart of Neon"... Ecoutable mais plutot en dessous de ce qui se faisait de mieux à l’époque (Magazine, TH, Wire, ou meme le 1er album des cars). La morale de cette histoire etant que l’humanitaire, s’il ne resout pas les problemes de la planete, a au moins le merite de fabriquer ses propres stars.

[Répondre à ce message]