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T.Rex : "Electric warrior" Le dernier dinosaure samedi 4 décembre 2004, par |
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Album phare de la scène glam britannique, Electric warrior permit à T.Rex de dominer sans partage l’année 1971. Le seigneur des dinosaures déclenchera alors une hystérie collective telle qu’on n’en avait plus vu depuis les débuts des Beatles, et laissera dans son sillage un culte profond et une influence incommensurable encore aujourd’hui.
Marc Bolan était né pour être un star. Conscient de son physique avantageux, ambitieux jusqu’à l’excès et faisant montre d’un goût prononcé pour l’auto-publicité, le jeune homme fonde le groupe folk John’s Children. Insatisfait des résultats, il teinte sa musique de psychédélisme, d’heroic-fantasy Tolkienienne et d’humour absurde, et délaisse le nom John’s Children pour le plus offensif Tyrannosaurus Rex. Rien n’y fait : malgré son succès, Tyrannosarus Rex n’est pas encore le mythe qu’il doit être. Désespérément assoiffé de reconnaissance, Bolan renifle alors l’air du temps et ne tarde pas y dénicher la solution : la légèreté glam. Le groupe, abrégé en T.Rex laisse tomber les mélopées acoustiques pour entrer de plein pied dans un rock’n roll aux refrains popisants et aux accords spasmodiques. Le batteur se voit adjoindre le joueur de bongos Mickey Finn, les textes ésotériques sont délaissés pour une approche plus consensuelle et sentimentale, Bolan se pavane en déesse glamour : en moonboots, redingote de satin scintillant et boa en plumes autour de cou, la T.Rexstasy est en marche ! Lorsqu’on écoute Electric warriorplus de 30 ans après sa sortie, on est frappé par la simplicité qui s’en dégage. Si le titre laisse supposer qu’on va avoir droit à un torrent de riffs sauvages, la vérité est toute autre. Utilisant la méthode ayant fait ses preuves pour les Beatles à leurs débuts, les compositions de Mark Bolan sont gentillettes, rythmées et moelleuses, pleines d’invitations sucrées au flirt. Une apparente innocence qui contraste avec l’attitude scénique de Bolan. Une fois sur scène, il joue de la crinière dans ses tenues extravagantes, et ses feulements, bruits de gorge et autres astuces vocales ajoutent vite un petit côté indécent à ses propositions... Le talent vocal de Bolan ne fait aucun doute, même s’il est clair qu’une partie en est sciemment sur-employée pour affoler le public féminin, et son style haletant qui confine parfois au chevrotement a fait nombre d’émules. Contrairement à ses successeurs, Electric warrior atteint une sorte de perfection pop, qu’on ne retrouve que sur de très rares albums comme Revolver ou Pet sounds. Qu’il s’agisse de rock assez tranchant comme Rip off, du boogie sentimental de Jeepster ou des très belles balades Cosmic dancer et Life’s a gas (utilisées pour les besoins du film Billy Elliott), toutes les plages sont dopées par la production classieuse de Tony Visconti. Et bien entendu, l’inoubliable Get it on, l’une des chansons les plus enjouées des années 70, est également de la fête. Le riff d’intro de ce monolithe de la pop anglaise a d’ailleurs été l’un des plus pillés qui soient, ne serait-ce que de manière honteusement voyante par Oasis pour Cigarettes & alcohol. Sic transit gloria mundi. L’apothéose pour T.Rex sera de courte durée, la faute à un certain... David Bowie. Bien conscient de l’intérêt du public pour le strass et les paillettes, ce dernier décide de se jeter dans la bataille à sa manière. Lorsque Ziggy Stardust débarque sur terre, tout le monde se jette sur cette musique audacieuse et spatiale, délaissant les tenants du glam classique. N’ayant jamais réussi à s’imposer aux USA, incapable de se remettre en question, Bolan ne parviendra plus à retrouver l’alchimie d’Electric warrior. Les albums suivants, dans une veine plus rock, connaitront nettement moins de succès. Il faudra paradoxalement attendre l’année punk, 1977, pour que Bolan aperçoive le bout du tunnel. Présentateur d’une émission télévisée, il reçoit les nouvelles coqueluches du moment : The Damned, The Jam ou Generation X, tout en se produisant avec son propre groupe. Alors que Bowie lui même répondait à l’appel, histoire de renvoyer l’ascenseur à son malchanceux challenger de 1972, Bolan se tue dans un accident de voiture à l’âge de 30 ans. Electric warrior n’a certes pas la même portée artistique ni la même stature dans l’histoire du rock que Ziggy Stardust. Mais le génie pop, celui qui permet de composer des thèmes à succès instantané, y est aussi, sinon plus apparent que sur l’album de l’homme de l’espace. Tony Visconti y est d’ailleurs pour beaucoup, ayant travaillé en étroite collaboration avec Bolan, comme on peut s’en rendre compte sur la version remasterisée de 2001 (qui renferme une dizaine de bonus-tracks présentant les chansons à l’état work in progress, et permet de saisir l’atmosphère du studio d’enregistrement). Le raffinement, l’apparence, la personnalité glamour flamboyante, le talent de composition de Marc Bolan et de T.Rex, ont aujourd’hui une aura et une influence qu’on n’aurait jamais cru possibles lorsqu’on repense au degré d’oubli dans lequel ils étaient tombés au milieu des années 70. Des exemples d’artistes à leur avoir rendu hommage ? Oasis, Frankie Goes To Hollywwod, Bauhaus, Suede, Placebo, Morrissey ou même les Guns’n Roses. Oubliez Slade, The Sweet, Suzi Quattro ou même les albums suivants de T.Rex : avec Ziggy Stardust, Electric warrior est définitivement le seul album de la période glam des seventies à ne pas fonctionner à la nostalgie et au culte un peu kitch que l’on rend d’ordinaire à ce genre de groupe. Electric warrior est un monument de simplicité assumée et aguichante et, par conséquent, l’un des tout meilleurs albums pop des années 70. |
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Il y a 20 contribution(s) au forum. T.Rex : "Electric warrior"
(1/3) 10 juin 2013, par nicole > T.Rex : "Electric warrior"
(2/3) 4 décembre 2004, par joanny > T.Rex : "Electric warrior"
(3/3) 4 décembre 2004 |
> T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004, par Uncle Luke [retour au début des forums] En fait, la philosophie de Marc Bolan était la suivante : la plupart des tubes (de son époque, en tout cas) était construits sur des permutations d’accords de Blues, il suffit donc d’en trouver une qui marche pour faire des tubes à la pelle. "Get it on", "Hot Love", "Jeepster", "20th Century Boy" et plein d’autres chansons fonctionnent là-dessus. D’ailleurs, si on regarde son meilleur copain-rival David Bowie, on remarque qu’il a construit certaines de ses chansons sur ce principe : "Jean Genie" (emprunté à Muddy Waters et à John Lee Hooker) et "Hang onto yourself" (qui rappelle furieusement les standards d’Eddie Cochran. En revanche, si tu te demandes pourquoi Oasis est taxé de pilleur et pas Bolan, je dirais que comme ce riff a été popularisé par la chanson de T. Rex, il est attribué à Bolan, et ceux qui le suivent sont en conséquence taxés d pilleurs. Pour reprendre l’exemple de Bowie, il a piqué le riff de "Jean Genie" à des bluesmen, mais en même temps il l’a popularisé, donc on ne lui en a pas voulu. Alors que Sweet a repris ce riff APRES pour leur tube "Blockbuster", du coup on les a accusés de plagiat. Comme on dit : "avant l’heure, c’est pas l’heure, et après l’heure, c’est plus l’heure". C’est un peu injuste, soi dit en passant... > T.Rex : "Electric warrior" 6 mars 2006 [retour au début des forums] En parlant de "pillage", ou d’hommage à Marc Bolan
Devendra Banhart - "Rejoicing In The Hands" 2004 Mais bon sa fait toujours de plaisir de voir des artistes comme lui à notre époque... > T.Rex : "Electric warrior" 31 mai 2007, par colocasia [retour au début des forums] " Sweet a repris ce riff APRES pour leur tube "Blockbuster"," Sauf que le single de Sweet était sorti AVANT celui de bowie.....
> T.Rex : "Electric warrior" 13 juin 2007 [retour au début des forums]
Pour Jean Genie, il est également question d’un emprunt à La Fille Du Père Noël de Jacques Dutronc, c’est vrai cette histoire ? > T.Rex : "Electric warrior" 7 avril 2005, par Killer Cole [retour au début des forums] Tout à fait d’accord, la musique est une perpétuelle évolution. Oasis a reprit T Rex, comme beaucoup d’autres ont pu faire. Citons Led Zep, stratosphérique groupe des années 70, qui a reprit des blues de Dixon pour les passer à la sauce heavy et créer le heavy blues !!! Oasis a reprit aussi Led Zep, tout ça dans le but de redonner une âme au rock. Chaque groupe phare ( comme Oasis ) a eu un but et a laissé des traces. Deep Purple et Led Zep ont été les pères du hard, Les Beatles du rock moderne et de la pop ou encore Chuck Berry, du rock tout court. Oasis a dépoussiéré le rock, faisant appel à ses pairs et y mettant sa touche personnelle. Avec eux, le rock est entré brillament dans les nineties !!!
> T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004 [retour au début des forums] C’est vrai que la même année sortait "IV" de Led Zep, "Sticky Fingers" des Rolling Stones, "Who’s Next" des Who et puis "Master of Reality" de Black Sabbath... > T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004 [retour au début des forums] sans oublier "LA Woman" des Doors, "Aqualung" de Jethro Tull, "Pearl" de Joplin, "Imagine" de Lennon, etc. > T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004, par Uncle Luke [retour au début des forums] C’est vrai qu’on s’en souvient encore maintenant. Mais qu’en était-il à l’époque ? Je veux dire, ces albmus nous paraissent mythiques aujourd’hui, mais est-ce qu’on leur vouait le même culte dès leur parution ? Où est-ce que le culte est venu après, pour se construire au fil du temps ? En ce qui concerne "Electric Warrior", en tout cas, le succès a été foudroyant et immédiat. C’est peut-être pour ça que l’article parle de "domination sans partage". OK, c’est un peu fort, mais il faut tenir compte du contexte. > T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004 [retour au début des forums] tu rigoles ou quoi ? Led Zeppelin était le groupe qui vendait le plus à cette époque, tout simplement sans comparaison avec T.Rex. idem pour les Stones, et Lennon qui a attiré tous les fans des Beatles. > T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004, par Uncle Luke [retour au début des forums] J’ai posé la question justement parce que je ne savais pas et que je voulais m’instruire... Bon, j’étais quand même conscient du succès des Led Zep, de T.Rex et de Lennon, mais je n’ai pas non plus les charts de cette année sous les yeux, alors c’est difficile pour moi de comparer. > T.Rex : "Electric warrior" 3 avril 2006, par tallulahx [retour au début des forums] Attendez... T -Rex en 1971/1972 c’est prés de 100 000 ventes jour et hot love plus de 7 semaines d’affilées numéro 1 en angleterre. On peut dire ce qu’on veux mais 1972 c’est l’année T Rex-Bolan. Paul et Ringo ont eux même reconnu que sur cette période T-Rex avait fait plus fort que les Beatles. > T.Rex : "Electric warrior" 4 décembre 2004, par Fafi [retour au début des forums] Extrait de Disco 2000, les indispensables, hors-série de Rock & Folk : "L’album, sorti en 1971, on ne l’avait pas, non, on ne savait même pas qu’il existait. T-Rex, c’est un 45t, get it on, point. > T.Rex : "Electric warrior" 9 décembre 2004 [retour au début des forums] effectivement, c’est du beau n’importe quoi. surtout que l’année 71 est l’une des plus riches de toute l’histoire du rock. et je n’ai pas les charts, mais de ce que je me souviens cet album n’était même pas parmi les premiers. par contre comme dit ci-dessous, le single avait cartonné. renseignez-vous svp... > T.Rex : "Electric warrior" 20 avril 2005 [retour au début des forums] Désolé, mais c’est vous qui dîtes n’importe quoi. Electric Warrior fut bien numéro un, il fut même l’album le plus vendu cette année-là en Grande-Bretagne !
Cela dit, l’expression "dominer sans partage" était effectivement exagérée, mais peut-être pas tant que ça, si on se limite à la Grande-Bretagne. > T.Rex : "Electric warrior" 24 mai 2005 [retour au début des forums] Tout cela est exact. J’étais ado à l’époque, j’ai acheté Hot Love en 45 T et on le passait en boucle. (1 er ’vrai’ Tube de T. Rex, je me rappelle même qu’Antoine en avait fait une version française imbuvable). Hot Love passait régulièrement en radio.
Vrai que bien d’autres album ’mythiques’ sont sortis en 1971. Mais il faut resituer l’époque et savoir que ce n’etait pas aussi aisé que maintenant d’entendre un groupe en radio et ensuite de trouver le disque. > T.Rex : "Electric warrior" 14 septembre 2005 [retour au début des forums] Complètement d’accord avec cette ambiance de l’époque que j’ai également vécue Ado. Et la nostalgie revenant, je ne peux m’empêcher de quémander les paroles d’HOT LOVE
> T.Rex : "Electric warrior" 15 octobre 2005 [retour au début des forums] Je veux pas en rajouter mais Electric Warrior a eu en effet un succès énorme en Grande Bretagne, il a été numéro un comme déjà dit. Avant cela Ride A White Swan avait fait n°2 vers la fin 70, Hot Love n°1 ainsi que Get It On, enfin Jeepster a fait n°2. Il faut voir, entre autre, le DVD Born To Boogie pour comprendre la folie qui entourait T.Rex à cette époque là. Malheureusement ce phénomène : 1) n’a pas vraiment dépassé les frontières de la Grande Bretagne (le groupe n’a jamais eu de succès aux USA comme le dit l’article) ce qui fait qu’aujourd’hui, avec le recul, on a tendance à l’oublier, lui et son impact. Pas comme des groupes tels Led Zeppelin, The Who, Rolling Stones ou autres qui ont toujours eu une renomée mondiale... 2) a été fulgurant, de fin 70 à milieu-fin 72 (et encore je suis gentil, on pourrait résumer à 71-72). The Slider, l’album qui a suivi Electric Warrior, sorti en 72 s’est bien vendu mais n’a pas rencontré autant de succès que son prédecesseur. En 1973 le groupe était déjà sur le déclin, ne rassemblant plus les foules, Bolan tombant dans une certaine auto-suffisance, jouant une musique moins pop et moins acoustique et puis la mode "glam" elle-même était déjà sur le déclin. A noter malgré tout la sortie, cette année-là, d’un excellent album : Tanx. S’en est suivi une période noire (exil fiscal aux USA, drogues...) où pratiquement tout le monde a oublié T.Rex, même en Grande Bretagne (inutile d’imaginer dans les autres pays) ! Avant un début de renaissance en 76-77 (et la sortie d’un autre album indispensable du groupe : Dandy In The Underworld. Pour moi T.Rex ne se résume définitivement pas à Electric Warrior). Enfin l’article dit le reste... Bien sûr T.Rex n’a certainement pas dominé sans partage 1971, normal vu le monde au balcon, mais il est clair que ça a été un groupe majeur de cette année, surtout en Grande Bretagne je le répète. Bref tout ça pour dire qu’il est bien dommage que T.Rex soit tombé dans l’oubli même si son influence est revendiquée et se ressent deci delà, car la musique que Marc et son groupe (énorme section rythmique avec Steve Currie à la basse et Bill Legend à la batterie qui sort un son impressionnant, jouissif, une des bases du son T.Rex puis Mickey Finn aux bongos, partenaire depuis les débuts en duo du groupe sous le nom T.Rex) nous ont laissé est exceptionnelle, instinctive, simple, directe et sans fioritures une certaine idée de la musique pop parfaite...
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