Pop-Rock.com



Roxy Music : "For your pleasure"
Lust for life

lundi 30 novembre 2009, par Jérôme Delvaux

DANS LA MEME RUBRIQUE :
New York Dolls : "New York Dolls"
Aerosmith : "Toys in the attic"
Janis Joplin : "Pearl"
Public Image Ltd. : "Public Image (First issue)"
Pink Floyd : "Atom heart mother"
Deep Purple : "Stormbringer"
Ultravox ! : "Ultravox !"
Genesis : "Selling England by the pound"
Thin Lizzy : "Jailbreak"
Isaac Hayes : "Shaft"


La luxure désigne un penchant immodéré pour la pratique des plaisirs sexuels. Elle renvoie aussi à une sexualité désordonnée ou incontrôlée. Pour le catholicisme, c’est l’un des sept péchés capitaux. Dante évoque la luxure dans ses cercles infernaux. Dans sa représentation, il place les luxurieux au deuxième cercle de l’Enfer. Il les décrit comme tourmentés par la bourrasque infernale : "Et je compris qu’un tel tourment était le sort des pécheurs charnels qui soumettent la raison aux appétits". (Selon Wikipedia.fr)

A l’heure la plus sombre du crépuscule, Voskoboinikov et moi descendons le boulevard Anspach, nous dirigeant silencieusement vers l’Archiduc, comme guidés par un radar. Mon camarade de débauche ne dit pas mot depuis que nous avons quitté le Belga. Le punk répugnant assis amorphe devant son vomi, sur les marches de la Bourse, ne lui arrache même pas une réflexion. Il s’autorise cependant un sifflement égrillard en direction d’une femme qui se dirige vers les Halles Saint-Géry - une métisse, du monde au balcon, une chute de reins superbe, des talons hauts. Nous retrouvons à l’endroit convenu Albane. Elégante, comme à l’accoutumée, elle est attablée près du piano, devant un verre de Baileys. Nous commandons la même chose.

- Moi : Qu’est-ce qu’on mangerait bien ?
- Voskoboinikov, fixant Albane : Quelque chose de blond avec des gros nénés.
- Albane, riant : Pourquoi n’irions-nous pas chez Bonsoir Clara, par exemple. C’est juste à côté…

Séduit par l’idée, j’abonde dans son sens : « D’accord, on passe au Canal après, autant ne pas trop s’éloigner du centre. »

- Oh, merde, fait Voskoboinikov. On va au Canal ? La semaine dernière, j’y ai ramassé cette Uccloise…
- Oh non, tu ne vas pas recommencer, gémit Albane.
- Pourquoi, il y a quelques chose qui te gêne ? rétorque Voskoboinikov.
- Oui. J’étais là. Je n’ai pas besoin d’entendre encore cette histoire, répond-t-elle d’un air agacé.
- Mais je ne t’ai jamais raconté ce qu’il s’est passé après, fait remarquer notre ami franco-russe, haussant les sourcils.
- Hé, mais c’était quand cette soirée ? dis-je. Et pourquoi je n’étais pas là, moi ?
- Toi, tu étais au DNA, occupé à dragouiller je ne sais plus qui. Sans doute Yeti Popstar. Maintenant, tais-toi et écoute. Bon, donc, je ramasse cette nana d’Uccle au Canal - brune premier choix, cheveux longs, gros nénés, des jambes comme ça, un vrai petit trésor -, et je lui offre un ou deux kir-champagne. Elle me dit qu’elle termine des études de psycho et elle commence presque à me sucer dans la boîte, dans le petit salon…
- Ben dis donc… Et je peux te demander où est ton officielle, pendant ce temps-là ?
- Oh, va te faire voir, Delvaux, grimace Yû. Tout ce que je veux, c’est une pipe. Une fille qui me laisse…
- Je ne veux pas entendre ça, dit Albane, plaçant ses mains sur ses oreilles d’un air offusqué. Je sens qu’il va sortir une horreur.
- Espèce de mijaurée, ricane Voskoboinikov. Ecoute, il n’est pas question de prendre un appartement ensemble, ni de s’envoler pour un week-end dans les Baléares. Tout ce que je demande, c’est une nana qui me laisse m’asseoir sur sa figure pendant trente ou quarante minutes.

Je lui jette mon bâtonnet à cocktail.

- Quoi qu’il en soit, nous voilà à mon hôtel, et alors… écoutez ça… (il s’approche de la table). A ce stade, elle avait bu assez de champagne que pour euthanasier un berger allemand, et bien, vous savez quoi ?
- Elle t’a laissé la baiser sans préservatif ? dis-je d’un air grivois, m’amusant d’avance de la réaction d’effroi d’Albane.

Voskoboinikov lève les yeux au ciel. « Il s’agit d’une nana d’Uccle, pas de Charleroi. »

Albane me donne une petite tape sur l’épaule. « Ce qui veut dire quoi, exactement ? »

- Bon, vous écoutez ? En arrivant, je commence par chercher un CD à jouer, car je déteste baiser sans musique. Elle me demande si je n’aurais pas un disque du groupe qu’on a écouté dans la voiture. C’était Quiet life de Japan. Comme je n’ai pas pensé à le remonter, je sors de ma cédéthèque la réédition remasterisée de For your pleasure, me disant qu’elle n’y verra que du feu.
« Ceci ? ». Je la lui tends et observe sa réaction lorsqu’elle découvre la superbe pochette signée Nicholas Deville et Antony Price. Elle cligne des yeux, fixe le boîtier pendant quelques longues secondes, puis me dit que c’est une image incroyablement glamour. De fait.
Je lui explique qu’il s’agit d’Amanda Lear, qu’elle a été la muse de Dali, qu’elle sortait à l’époque avec Bryan Ferry, qu’elle a aussi baisé avec David Bowie, mais plus tard. J’ôte ensuite délicatement le CD de son boîtier et je me livre à un cérémonial rituel comparable à celui qui entoure la dégustation d’un excellent vin : je tends le disque compacte vers la lumière, le retourne pour me voir dedans, comme dans un miroir, et j’en profite au passage pour me recoiffer. Je vérifie qu’il ne s’y trouve aucune griffe, poussière ou résidu indésirable, que rien n’est susceptible d’en entraver la lecture, j’ouvre ensuite le chargeur de ma platine et l’y dépose avec autant de soin et de douceur que j’en aurais pour un nouveau né, quand bien même je n’en serais pas le père…

Il mime la scène pour nous et semble s’y revoir. Il en tremble presque. Albane et moi nous regardons d’un air amusé.

- Il poursuit : Quelques instants passent, Do the Strand commence. Je ferme les yeux et me laisse submerger par la musique, je regrette d’avoir sniffé toute la coke qu’il me restait avant de sortir. Lorsque je rouvre les yeux, je vois qu’elle est en train d’esquisser un gracieux pas de danse au milieu du salon. « C’est à la fois très rock n’roll et très… glamour », dit-elle. Ben oui. Je lui explique que cela parle d’une danse imaginaire, voire d’un courant musical, et que le Strand était encore en 1973 un quartier hyper branché de Londres, ce qu’il n’est plus guère aujourd’hui.
Lorsque débute la deuxième plage, Beauty queen, je me dis qu’il est temps de passer aux choses sérieuses. Cette chanson parle de toi, lui dis-je, sentant le désir monter en moi. « Vraiment ? » fait-elle, d’un air ingénu. « En fait, non, ça parle d’une certaine Valérie, sur qui Ferry avait apparemment plus que des vues, mais elle avait comme toi des swimming-pool eyes », dis-je d’un air conquis. Alors, elle me prend dans ses bras et, vous savez quoi ? Elle voulait… Vous êtes prêts ?

Il fait une pause, ménageant le suspense. « Elle voulait juste me branler, et là, vous n’allez pas me croire… elle a gardé son gant. » Il se renverse sur sa chaise et boit une gorgée de son Baileys, d’un air satisfait, vaguement suffisant.

Nous encaissons le coup avec gravité. Nous ne songeons pas à nous moquer de lui, malgré cette anecdote qui révèle son incapacité à faire preuve d’autorité face à cette petite nana. Nous ne disons rien, mais Albane - qui aime autant que nous le sexe avec les femmes - et moi pensons la même chose : Ne jamais ramasser une fille d’Uccle.

- Ce qu’il te faut, c’est une Flamande, déclare Albane, une fois remise de l’histoire.

Mais Voskoboinikov continue son récit : « Le truc marrant, et c’est la première fois que ça m’arrivait, c’est que j’ai joui en plein pendant le couplet final de In every dream home a heartache, après le break. J’ai éjaculé en travers de la figure de cette petite garce au moment précis où débutait cet aussi hallucinant que splendide déchaînement infernal des instruments, lorsque la guitare rugit, que la batteur cogne comme un fou et que Ferry hurle par dessus. Et ça, je vous garantis que ça le fait ! ». Il ferme les yeux et chantonne les dernières paroles du morceau en question.

- C’est pas cette chanson qui parle d’une poupée gonflable ? demande Albane, qui a souvent entendu ce disque chez moi.
- Si, c’est bien celle-là, dit-il. Il y a des reprises gothiques par Rozz Williams et les Fields of Nephilim, et j’ai vu sur YouTube que Mike Patton s’y est essayé également, mais la version originale reste un joyau, un monument tout bonnement insurpassable.

Je m’empresse d’ajouter, hochant la tête, que Peter Murphy, le chanteur de Bauhaus, l’a reprise aussi durant sa dernière tournée. Cela avait d’ailleurs eu le don de me mettre dans une transe comparable à ce que Voskoboinikov a vécu avec cette gamine.

- C’est le titre qui symbolise le mieux ce versant-là du glam-rock seventies, ajoute-t-il, très sûr de lui. Cela va bien au-delà de que T. Rex et même Bowie ont pu faire dans le genre.
- Et donc, elle t’a branlé le temps d’à peine trois chansons, dis-je, un rien sadique.
- Heu, oui, c’est à peu près ça, avoue-t-il, un peu gêné. Du coup, j’ai eu ma déprime post-coïtale pendant The Bogus man, ce qui est aussi une expérience à part. Ce rythme répétitif, ce saxo plaintif, ces lignes de chants psychédéliques, tout ça m’a fait me sentir dans un drôle d’état… Surtout qu’il dure presque dix minutes, ce morceau. Mais bon, je n’ai pas commis le sacrilège d’interrompre le CD en court de lecture - il y a des choses qui ne se font pas. Je l’ai laissé tourner et j’ai terminé la bouteille de vodka que j’avais entamée le matin en me levant.

Quelques secondes s’écoulent sans que personne ne dise rien, puis Albane s’écrie : « Au fait, c’était pas un homme, Amanda Lear ? »



Répondre à cet article

Jérôme Delvaux





Il y a 12 contribution(s) au forum.

Roxy Music : "For your pleasure"
(1/6) 2 décembre 2009, par DP
Roxy Music : "For your pleasure"
(2/6) 1er décembre 2009
Roxy Music : "For your pleasure"
(3/6) 1er décembre 2009
Roxy Music : "For your pleasure"
(4/6) 30 novembre 2009, par sebf20
Roxy Music : "For your pleasure"
(5/6) 30 novembre 2009
Roxy Music : "For your pleasure"
(6/6) 30 novembre 2009, par prop-rock




Roxy Music : "For your pleasure"

2 décembre 2009, par DP [retour au début des forums]

Heu, le coup de la branlette avec le gant, c’est pas dans American Psycho ça ?...

[Répondre à ce message]

Roxy Music : "For your pleasure"

1er décembre 2009 [retour au début des forums]

Un chroniqueur à virer vite fait.

[Répondre à ce message]

Roxy Music : "For your pleasure"

1er décembre 2009 [retour au début des forums]

Quelle platitude...

[Répondre à ce message]

Roxy Music : "For your pleasure"

30 novembre 2009, par sebf20 [retour au début des forums]

Nous faire languir pour ça...

[Répondre à ce message]

    Roxy Music : "For your pleasure"

    30 novembre 2009, par Stéphane Le (pas) clair [retour au début des forums]


    Synthèse de tous les phantasmes de l’auteur.

    Imagination moins fertile qu’il ne le pense et tristesse de découvrir qu’il rêve sa vie.

    Enfin, une plume infiniment moins bonne qu’il ne doit le penser au fond de lui-même.

    Quel est l’intérêt de publier ceci sur un blog censément consacré à l’actualité pop-rock ?

    Auto-promo ? Chambre de compensation pour frustrations personnelles ?

    [Répondre à ce message]

      Roxy Music : "For your pleasure"

      30 novembre 2009, par Humphrey [retour au début des forums]


      Rôôô, ça parle de zique quand même, d’une façon comme une autre de la goûter. En plus, cette histoire est tout à fait crédible. Ca l’aurait été d’ailleurs beaucoup moins avec le Japan égaré –enfin ce que j’en dis hein…

      [Répondre à ce message]

    Roxy Music : "For your pleasure"

    11 juin 2013 [retour au début des forums]


    Quelque chose de blond avec des gros nénés : On n’en trouve pas à chaque coins de rue.

    résultats CAP 2013

    résultats cap 2013 pour l’académie de Lyonrésultats CAP 2013 résultat bep 2013 résultat bts 2013 date resultat bep 2013

    [Répondre à ce message]

Roxy Music : "For your pleasure"

30 novembre 2009 [retour au début des forums]

Ce qui pêut être déduit de cette chronique, c’est que, le jour où Jérôme lira ’Lolita’ de Nabokow, pop-rock sera en danger de mort :-)

[Répondre à ce message]

Roxy Music : "For your pleasure"

30 novembre 2009, par prop-rock [retour au début des forums]

On est sur un site de musique là, ou sur un site de pseudo essayistes prépubères ? Alors épargnez nous les dialogues dignes de romans photos à 1 euro qui font 6 lignes de long et qui sont juste là pour arriver à glisser in extremis le titre des chansons. La luxure merci on sait ce que c’est. Pas la peine de parler de pipe, de branlette et de baise pour nous apprendre ce que c’est.
Franchement certains "chroniqueurs" (gros guillemets) commencent à avoir la tête comme des melons ici...
Bien à vous

ps : je m’attends à une réponse offusquée et cinglante, et tant mieux, ça confirmera ce que je pense.

[Répondre à ce message]