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Queen : "Queen" I have sinned dear Father, Father I have sinned. jeudi 16 décembre 2010, par |
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Depuis le 23 octobre 2002, je n’ai écrit pour Pop-Rock.com qu’un seul et misérable article, le premier. [1] Depuis, j’ai laissé la place et la plume à d’autres rédacteurs, certains plus talentueux que moi, d’autres moins, mais assurément plus prolixes. C’est en lisant les articles sur les marottes honteuses de notre benevolent dictator, Jérôme Delvaux (de Duran Duran à Spandau Ballet, en passant par une certaine gloire des eighties que je tairai par charité chrétienne) que j’ai eu l’idée de sortir de mon trou et de profiter de mon statut de rédacteur honoris causa en vous insupportant avec quelques-uns des disques que je trouve indispensables. Avec parfois comme dommage collatéral de faire découvrir quelques perles passées sous silence, pour prétendue ringardise.
Queen – dans l’imaginaire collectif – c’est le groupe du « trop ». Trop produit. Trop grandiloquent. Trop pompeux. L’anti-punk par excellence. Or, parmi les quatorze albums du groupe, seuls quatre disques, parus entre 1981 et 1986 – l’époque de la moustache, dans ma taxonomie propre – sont de piètre qualité, même si je les connais néanmoins par coeur, aveuglement fanatique de l’intransigeante adolescence. Hélas, ce sont ces quatre disques qui ont marqué l’inconscient collectif. Flash Gordon. Hot space. The works. A kind of magic. Je propose ici un retour aux sources, avec le tout premier album du groupe, paru en 1973. Une écoute de ce disque réchauffera le coeur de tout fan de hard-rock, dans l’acception originale du terme, à savoir la musique de Led Zeppelin, Deep Puple et Black Sabbath. Et de Led Zeppelin il est question de la première à la dernière note de ce 33 tours, tant les influences du groupe de Robert et Jimmy, à ses débuts sont ici prégnantes. Pour remettre les choses en contexte, en 1973, le puits de créativité Led Zeppelin commençait déjà à se tarir : en langage politiquement correct, on dit qu’ils intégraient à leur musique des éléments nouveaux, tels le reggae ou le funk. Bullshit. Queen, quant à eux, en 1973, proposaient un album dans la lignée des quatre grands de Led Zeppelin. Parfois en l’égalant, parfois même — et je vais me faire lyncher pour avoir osé dire ça — en les surpassant. Sur ce disque, la puissance vocale de Mercury, la virtuosité de May, la qualité des compositions de ces deux derniers ont accouché de perles (Liar), d’ambiances, de mondes que le dirigeable, trop plombé, n’a pu lui-même approcher. L’apport de l’un des bassistes les plus sous-estimés du rock et pourtant des plus influents de son époque (écoutez l’intro de Sweet child of mine de Guns n’ Roses et comparez-la à son travail sur A day at the races si vous voulez une preuve), John Deacon, n’est pas à négliger. Quant à Roger Taylor, le batteur, s’il excelle derrière ses fûts et dans ses backing vocals, force est de reconnaître qu’il est étouffé dans ce creuset de talents. Musicalement, comme Queen l’indiquait fièrement sur chacun de ses albums jusque 1979, « No synthesizers ». Formation ultra-classique voix, guitare, basse, piano, batterie. Les pourtant très riches décors sonores sont dus à des harmonies vocales et à des instruments poussés dans leurs derniers retranchements. Et le résultat est époustouflant. Je me demanderai toujours comment ces quatre jeunes fils de bonne famille surdiplômés ont ils pu acquérir une telle virtuosité : un perfectionnisme de ce niveau, ça porte des noms médicaux et pas des plus jolis. Riez, bonnes gens, mais nous avons peut-être là l’album ultime de hard-rock. Riez. Et quand vous aurez fini de rire, écoutez. Vous pourriez être surpris. [1] Ceci mis à part, mais ce n’était pas censé être publié. |
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