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Kevin Ayers, John Cale, Brian Eno & Nico : "June 1, 1974"
Un coup d’un soir

mercredi 1er juillet 2009, par Jérôme Delvaux

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June 1, 1974 est l’enregistrement d’un concert unique donné à ladite date, au Rainbow Theatre de Londres, par un « super-groupe » à la Crosby, Stills, Nash & Young, formé à l’initiative de Kevin Ayers, l’ex-bassiste de The Soft Machine. En plus de Brian Eno, fraichement échappé de Roxy Music, et de John Cale et Nico, deux survivants de l’époque warholienne du Velvet Underground, on retrouve parmi les musiciens rien de moins que Robert Wyatt et Mike Oldfield. Pas de la petite bière !

De cette joyeuse bande, Kevin Ayers, l’initiateur du projet, reste aujourd’hui la figure la moins connue. Il fut pourtant l’un des membres fondateurs de The Soft Machine, avec le batteur et chanteur Robert Wyatt. Après avoir joué sur Volume one (1968), le premier album de cette formation d’avant-garde qui tentait de marier jazz et rock psychédélique, Ayers décide de se lancer en solo. Il sort quelques disques bien accueillis par la critique mais qui ne rencontrent, le plus souvent, qu’un succès commercial mineur.

Pour son quatrième album, Confessions of Dr. Dream and other stories (1974), il invite Nico à venir poser sa voix caverneuse sur un morceau expérimental de dix-huit minutes (en fait toute la seconde face du LP), caractéristique de son univers. L’idée germe ensuite chez Ayers de proposer à l’ex-muse d’Andy Warhol de le rejoindre sur scène à l’occasion d’un des concerts de sa tournée. Lorsqu’il lui en parle, elle vient tout juste de terminer The end, son premier album pour Island. Son producteur n’est autre que John Cale, un de ses anciens comparses du Velvet Underground, qui est aussi l’un des principaux modèles de Kevin Ayers (il imite jusqu’à son timbre de voix...). De fil en aiguille, Cale se retrouve également invité à ce concert. Il accepte et embarque avec lui Brian Eno, dont il est à l’époque inséparable (Eno joue sur ses albums solos et il lui rend la pareille...).

Le groupe Ayers, Cale, Eno & Nico, ou plus simplement « ACEN », voit le jour. Une semaine de répétitions plus tard, trois mille spectateurs massés au Rainbow Theatre sont prêts à le découvrir sur scène. Malgré un incident survenu la veille du concert (John Cale aurait surpris sa femme au lit avec Kevin Ayers...), le show aura bien lieu. Cale est pro et respecte ses engagements contractuels. Il est toutefois évident qu’aucune forme de suite ne pourra être envisagée entre ces deux-là... En tout cas pas dans l’immédiat. ACEN ne sera donc que le groupe d’un soir. Mais quel soir !

Le concert s’ouvre par Driving me backwards et Baby’s on fire, deux titres tirés de Here come the warm jets, le premier album solo de Brian Eno. C’est un bonheur rare d’entendre le fougueux producteur chanter en live, tant il a été avare de tournées dans sa carrière post-Roxy Music. John Cale lui succède ensuite au micro avec Heartbreak Hotel, une reprise méconnaissable d’Elvis Presley ; méconnaissable car il n’en garde que les paroles et les plaque sur un tempo lent et des orchestrations austères à même de souligner tout le contenu tragique du texte (« I’m so lonely I could die »). C’est ensuite au tour de Nico de glacer l’assemblée avec The end, sa reprise bouleversante des Doors déclamée de sa voix d’outre-tombe et seulement soutenue par un orgue lugubre.

La seconde face du LP comprend cinq titres de Kevin Ayers, dans un registre finalement assez proche de ce que fait John Cale en solo. Les différents membres d’ACEN, mais aussi Robert Wyatt, Mike Oldfield et The Soporifics, le backing-band officiel d’Ayers, vont et viennent en fonction des morceaux... Jusqu’au final, Two goes into four, qui les rassemble tous.

En plus de proposer le plaisir extrêmement rare d’entendre Brian Eno chanter en live, June 1, 1974 permet de découvrir en Kevin Ayers, par le biais de titres comme May I ? (partiellement chantée en français) et Stranger in blue suede shoes, un artiste doué, attachant et qui mérite au moins autant que les autres prestigieux protagonistes qu’on fouille sa (riche) discographie.

Les limitations techniques de l’époque, liées au support vinyle, n’ont malheureusement permis d’inclure sur le LP que neuf titres joués ce soir-là. D’autres, comme Buffalo Ballet de John Cale, ou l’adaptation de l’hymne national allemand par Nico seule à l’orgue, ont été omis. Island Record avait en effet jugé qu’une sortie sous la forme d’un double-album risquait de ne pas être rentable. On attend donc avec impatience une réédition CD digne de ce nom, remasterisée et qui comprendrait l’intégralité de ce concert à tous points de vue exceptionnel.



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Jérôme Delvaux





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Kevin Ayers, John Cale, Brian Eno & Nico : "June 1, 1974"
(1/2) 27 octobre 2013, par Sandra S
Kevin Ayers, John Cale, Brian Eno & Nico : "June 1, 1974"
(2/2) 10 juin 2013, par nicole




Kevin Ayers, John Cale, Brian Eno & Nico : "June 1, 1974"

27 octobre 2013, par Sandra S [retour au début des forums]

Amazing album.... one of the best out there...

Option Binaire Biz

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Kevin Ayers, John Cale, Brian Eno & Nico : "June 1, 1974"

10 juin 2013, par nicole [retour au début des forums]

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