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John Cale : "Slow dazzle"
So lonely he could die

samedi 27 février 2010, par Jérôme Delvaux

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Question de Madame Belpaire, de Loches : « Je suis grande fan du Velvet Underground et de la carrière solo de Lou Reed. A part un ou deux titres entendus sur Classic 21, je ne connais par contre rien de ce qu’a fait John Cale après avoir quitté le groupe. Lequel de ses albums me conseilleriez-vous d’écouter en premier ? »

Slow dazzle, Madame Belpaire, Slow dazzle ! Son cinquième disque en solo, le deuxième de sa période chez Island Records, en 1975. A 33 ans, l’ancien bassiste du Velvet y apparait déjà au sommet de sa carrière d’auteur-compositeur. Entouré, il est vrai, d’une belle brochette de musiciens (Phil Manzanera de Roxy Music, Chris Spedding, Brian Eno,…), il y présente tout simplement quelques-unes des plus belles chansons de tout son répertoire.

La lumineuse Mr. Wilson, tout d’abord, qui n’est rien d’autre qu’un hommage du chanteur à Brian Wilson, le principal compositeur des Beach Boys, qui vivait à l’époque des moments très difficiles (drogues, démence, la totale !). La musique en elle-même est ouvertement inspirée par celle des plagistes (période Pet sounds) et le texte n’est rien d’autre qu’un message de réconfort adressé par le Gallois au célèbre musicien californien. « Don’t believe the things they tell you, don’t let them get in your way », lui conseille-t-il, au moment précis où l’attitude de Wilson incitait ses frères à essayer de l’évincer du groupe…

Et puis, à l’opposé de ce soutien amical à un confrère qu’il admire, John Cale s’en prend vertement, sur Guts, à un autre musicien. Les premières paroles de la chanson posent le décor : « The bugger in the short sleeves fucked my wife. Did it quick and split ». Hé oui, le texte est bien autobiographique. Même si celui-ci n’est jamais cité nommément, le bugger (terme argotique qu’on peut traduire par « enculé ») n’est autre que Kevin Ayers, le bassiste de The Soft Machine. Cale fait ici référence à un incident survenu la veille du fameux concert du June 1, 1974, lorsqu’il a surpris sa femme au lit avec Ayers. Toute l’amertume, la colère et la haine ressenties pour son épouse infidèle et celui qu’il croyait son ami sont perceptibles dans son interprétation de cette chanson, probablement la plus habitée de sa carrière. Et pour cause.

Toujours sur le thème de la rupture, des déceptions amoureuses et de la solitude, Heartbreak Hotel est l’autre moment fort de l’album. Il s’agit d’une reprise d’un des premiers succès d’Elvis Presley, rendue méconnaissable par un tempo ralenti, des orchestrations très sombres, délibérément cafardeuses (ces synthés sinistres d’Eno !), et des chœurs qui hurlent à la mort. Dans une forme vocale époustouflante, Cale en magnifie le texte et en souligne toute la portée tragique (« Since my baby left me, I’m so lonely I could die ») parfois passée inaperçue à l‘époque de sa sortie, lorsque les teenagers n’avaient d’yeux que pour les déhanchés ‘scandaleux’ (pour les années 50) du King.
Pour moi, il s’agit ni plus ni moins d’une des meilleures reprises de tous les temps.

Parmi les autres chansons de haute tenue, épinglons également Dirty ass rock n’roll, un titre à considérer au second degré et sur lequel notre grand intellectuel cite Freud de sa voix la plus roots. Il démontre aussi que, lorsqu’on s’appelle John Cale, on n’est jamais ridicule, même lorsque l’on chante « Make a man’s heart go bibbity-bom bippity-bom bippity-bom ».
Plus loin, Rollaroll se distingue par son piano enjoué et ses rythmes chaloupés. Et puis, il y a cette intrigante plage finale, The jeweller. On pense ici à la fois au spoken-word de The gift (sur White light/White heat du Velvet Underground), mais aussi aux orchestrations minimalistes/dépouillées concoctées par Cale pour les albums néoclassiques/gothiques tristes-à-se-flinguer de Nico (The end, entre autres). Très, très spécial…

Même lorsqu’il porte une veste en cuir et les lunettes noires assorties pour faire le petit dur, John Cale reste John Cale : un dandy d’une élégance innée. Sur cet album, on perçoit aussi en lui un pur rockeur doté d’une sensibilité à fleur de peau, un écorché vif qui nous parle de sa vie, ses joies, mais surtout ses peines, nous crache son dégout à la figure et nous faire ressentir son mal-être avec lui. Sale type, va…



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Jérôme Delvaux





Il y a 1 contribution(s) au forum.

John Cale : "Slow dazzle"
(1/1) 9 novembre 2012, par ccocoo




John Cale : "Slow dazzle"

9 novembre 2012, par ccocoo [retour au début des forums]

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