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Funkadelic : "Cosmic slop"
Use the Funky Force, Luke...

mardi 24 mars 2009, par Mathieu, mélomane

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George Clinton. Prince lui doit énormément, Iggy Pop serait honoré d’être mentionné dans un discours où Clinton serait mentionné, et Derrick May a décrit ainsi la techno : "C’est une erreur totale, comme Detroit. C’est comme si Kraftwerk et George Clinton se trouvaient coincés dans le même ascenseur...". George Clinton est coupable d’avoir créé quelques uns des titres d’albums les plus amusants (Free your mind... and your ass will follow ! ; One nation under a groove) et quelques pochettes de disques des plus marquantes (cherchez Maggot Brain ou Free Your Ass...). Mais comment appréhender son œuvre ? Elle est tellement vaste et variée... Clinton a commencé dans le doo-wop, est passé à un hard-rock funky plus que psychédélique, a ensuite inventé le p-funk (il est ainsi devenu un des plus grands fournisseurs de matière première musicale pour les rappeurs des 30 années qui ont suivi ; Dr. Dre et De La Soul lui sont fort reconnaissants !) et a mis les bases de l’electro avec ses albums solo. Examinons donc de plus près ce Cosmic Slop qui me semble une belle introduction, bien que peu connue, à la discographie de Funkadelic, l’un de ses groupes phare...

Au moment où Georges Clinton crée Cosmic Slop, Funkadelic est dans une phase difficile. D’abord, trois des membres originaux de Funkadelic, dont le guitariste Eddie Hazel (dans les listes des meilleurs guitaristes de tous les temps, il se trouve souvent juste derrière Jimi Hendrix), sont hors course. Ensuite, si leurs albums précédents ont joué un rôle capital dans l’histoire du rock, les ventes de leurs singles et albums ont assez rapidement laissé à désirer. C’est une chose d’enregistrer des œuvres historiques soumettant une audience à une musique hybride jamais entendue auparavant, ç’en est une autre de rentrer dans ses frais. America eats its young, le disque précédent, a été réalisé par environ 40 musiciens (quand on sait que Clinton a la fâcheuse habitude de ne pas toujours créditer ses musiciens et ses co-compositeurs...) dans 3 villes différentes. Clinton décide donc de réduire les frais et de diluer un peu son breuvage pour obtenir un peu plus de succès populaire.

Cosmic Slop est-il alors l’album du compromis, l’album lépreux sacrifié à l’autel de la rentabilité ? Que nenni. Lorsque George parle de diluer sa soupe, il diminue la dose de rock pour la remplacer par une bonne pincée de performances vocales (pas pour rien qu’on le compare à Frank Zappa) et une grosse louche d’instrumentaux plus funky que çà tu meurs. Je sais, je l’ai déjà écrit quelques fois dans des chroniques qui ont précédé celle-ci, mais, croyez-moi, sur cet album, il n’y a rien à jeter non plus. Prenez par exemple les deux premiers morceaux : Nappy Dugout, morceau à tempo lent avec des chants joyeux et des mots incompréhensibles, met de bonne humeur, et You can’t miss what you can’t measure vous fera sourire et danser. Il y a deux bonnes raisons pour que cet album devienne votre porte d’entrée dans l’univers de Georges Clinton : Clinton et son équipe en grande forme vocale sont néanmoins plus disciplinés, et les morceaux sont plus structurés et durent généralement moins de 5 minutes. Ne pensez pas, chers lecteurs, que je sous-estime vos capacités, je ne fais que prendre mon cas pour une généralité : Cosmic Slop est le premier album à m’avoir converti, et je suis certain qu’il peut aider d’autres brebis égarées à trouver leurs chemin dans l’obscurité et le marasme musical !

Deux choses encore. L’absence de Eddie Hazel ne se ressent pas du tout : les performances guitaristiques sont simplement délicieuses. De plus, Bernie Worrel, membre original, est encore toujours à bord, et le disque déborde simplement de ses talents de claviériste et d’arrangeur de cordes synthétisées. Cet enfant-prodige à la formation classique (Entendez et dégustez la fantastique ballade This broken heart sur Cosmic Slop) ne réservera d’ailleurs pas ses talents qu’au ‘Mothership’ Funkadelic-Parliament : lorsque les Talking Heads devront, pour la tournée Remain in Light de 1981, adapter du studio au live leurs expériences avant-garde et funky, ils feront appel à Bernie Worrel. L’expérience leur plaira tant que Bernie Worrel reprendra du service pour la tournée suivante. Le brillant album live Stop Making Sense en sera le témoin pour la postérité. Mais ceci est une autre histoire.



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Mathieu, mélomane





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Cléa
(1/2) 4 septembre 2014, par Cléa
Funkadelic : "Cosmic Slop"
(2/2) 30 mars 2009




Cléa

4 septembre 2014, par Cléa [retour au début des forums]

Vos analyses sont justes.

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Funkadelic : "Cosmic Slop"

30 mars 2009 [retour au début des forums]

Jolie chronique.
Euh la citation de Derrick May, elle vient du livre de Laurent Garnier non ?

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    Funkadelic : "Cosmic Slop"

    6 avril 2009, par mathieu, mélomane [retour au début des forums]


    Cette citation a été utilisée et récupérée très souvent. En faisant une recherche superficielle sur cette citation de Derrick May pour cet article, j’ai trouvé ceci un cite qui s’appelle jahsonic :

    http://www.jahsonic.com/Electrifyin...

    La phrase que j’ai traduite est extraite du texte ci-dessous :

    ’Derrick May once described techno as "just like Detroit, a complete mistake. It’s like George Clinton and Kraftwerk stuck in an elevator."

    Le texte continue ensuite avec Juan Atkins et sa passion pour Funkadelic et Parliament, et pour un personnage que je ne connais pas qui s’appelle ’electrifying Mojo’ :

    "I’ve always been a music lover," says Juan Atkins. "Everything has a subconscious effect on what I do. In the 1970s I was into Parliament, Funkadelic ; as far back as ’69 they were making records like Maggot Brain, America Eats Its Young. But if you want the reason why that happened in Detroit, you have to look at a DJ called Electrifying Mojo : he had five hours every night, with no format restrictions. It was on his show that I first heard Kraftwerk."

    Et voilà,mes sources sont dévoilées !!

    Mathieu

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