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Fleetwood Mac : "Rumours"
Thérapie de groupe, thérapie de couple

samedi 24 février 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Si l’on veut parler de pop et de rock, alors il est indéniable que certains albums faisant figure de classiques doivent être abordés afin de comprendre pourquoi, malgré l’épreuve du temps et les nouvelles évolutions musicales, ce genre d’opus a pu acquérir une notoriété quasi-légendaire. C’est le cas de ce Rumours, icône de pop/rock qui a su susciter bien des vocations, malgré le fait qu’il ait été enfanté dans la douleur par les cinq membres du groupe américano-britannique.

Un groupe américano-britannique qui ne l’a pas toujours été, puisque les connaisseurs savent qu’à ses débuts, à la fin des années 60, ce que l’on appelait "le" Fleetwood Mac était en fait un groupe de blues énergique et un brin progressif, qui se targuait d’abriter en son sein le fantastique guitariste Peter Green. Cette époque révolue se succéda ensuite par plusieurs changements de line-up avant d’aboutir, au milieu des années 70, par la formule la plus populaire du Fleetwood Mac tel que l’histoire de la musique s’en souvient. On y retrouve ainsi trois Britanniques : Mick Fleetwood à la batterie, John McVie à la basse (les deux compères ayant par ailleurs subtilement prêté leurs patronymes au groupe), sa compagne Christine McVie aux claviers et au chant (elle aussi intégrée de longue date au groupe) ; s’ajoutent à ces trois personnages les deux nouvelles recrues américaines que constitue le couple formé par le très sous-estimé guitariste Lindsey Buckingham et la jolie chanteuse Stevie Nicks. Ces deux derniers protagonistes permettront au Fleetwood Mac de gagner ses lettres de noblesse en matière de pop racée et de songwriting raffiné.

Après le succès affirmé du premier album du Fleetwood Mac sous cette formation (album éponyme servi par l’appréciable single Rhiannon) en 1975, le quintet récidive ainsi en 1977 par cet album de pop californienne qui emprunte énormément aux Beach Boys ou encore aux Beatles, sous l’influence grandissante de Buckingham et Nicks. Malheureusement, comme tous les albums qui participent à la légende de la pop et du rock, Rumours est avant tout le testament douloureux d’une tragique époque pour le groupe, dans la mesure où il représente avant tout le témoin de deux ruptures qui auront ralenti la production de l’album et mis le groupe en difficulté. Pendant l’enregistrement de l’album, alors que Fleetwood, McVie et Buckingham décident d’habiter ensemble, se livrant ainsi à toutes sortes d’excèse (drogues, alcool et sexe bien évidemment), Christine McVie et Stevie Nicks voient leurs compagnons respectifs sombrer dans des addictions diverses, condamnant ainsi leurs relations. Aux émois des premiers jours d’enregistrement succèdera alors une période réellement sombre et emprunte de dépression pour la plupart des membres, avec pour seul socle solide le caractère fédérateur de Mick Fleetwood, qui tentera avec toute son énergie de sauver le groupe de la déliquescence et de rassembler les talents de ses compagnons de route.

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Le Fleetwood Mac de 1977

Cet album a failli ne jamais se faire. Cependant, les différents titres permettent de mesurer tous les déboires sentimentaux des deux couples en question : le fabuleux You make loving fun de Christine McVie constitue un appel désespéré à son compagnon, Stevie Nicks s’empare de Dreams comme d’un porte-voix pour tenter de ramener Buckingham à la raison, alors que Buckingham s’épanche à son tour sur Second hand news ou Go your own way. Malgré les refrains plutôt entrainants et les accords majeurs, on sent que derrière les paroles se cachent une véritable souffrance de la part des musiciens, qui n’avaient alors plus qu’un seul moyen pour dialoguer entre eux : s’écrire des chansons et tenter de le mettre en musique, ensemble, de la façon la plus ironique qui soit. Chacun était alors bien conscient de messages de l’autre, et cela ne faisait qu’aggraver les tensions au sein du groupe. Des tensions qui apparaissent avec merveille sur le titre The chain, écrit par tous les membres du groupe (chose suffisamment rare pour être notée) et constitué d’une interlude intercalée entre un couplet et un refrain disparus au cours de l’enregistrement. Paradoxalement, The chain constituait le témoin de ce qui réussissait à tenir les membres du Fleetwood Mac ensemble, tant dans la sémantique de son titre que dans sa composition.

Musicalement cette fois, cet album parvient à mélanger des influences diverses, aussi bien du côté de la pop californienne vantée par Buckingham et Nicks que des influences plus sixties et plus folkloriques de Christine McVie. Parfois, on parvient même à récupérer ça et là quelques éléments de l’ancien blues prôné par les deux membres fondateurs du Fleetwood Mac. Qui plus est, à la fin de The chain, on a même le droit à une sorte de new wave avant la lettre, savamment distillée par la basse étonamment mélodique de John McVie et la guitare de Buckingham qui parvient à nous faire instantanément penser aux pontes les plus reconnus du genre (comprenez The Smiths ou même The Cure). Mais avant tout, cet album reste légendaire dans la mesure où il sera cité par bon nombre d’artistes et présentera même un répertoire inépuisable de reprises possibles (la plus connue étant le Dreams de The Corrs), d’où sera même tiré une compilation en 1998 titrée Legacy : A tribute to Fleetwood Mac’s Rumours, et qui rassemblera une belle brochette d’artistes internationaux, de Jewel en passant par Dolores O’Riordan ou encore Elton John.

Bien plus qu’une simple lubie d’anthologistes de la pop et du rock, Rumours est un véritable album rempli d’émotions et de bons morceaux musicaux, rien de plus, rien de moins. La légende autour de Rumours est sans conteste renforcée par la ribambelle de tubes que cette galette a engendrés, mais elle est tragiquement servie par les ruptures lentes et lancinantes des deux couples officiant au sein du Fleetwood Mac - cela semble être le lot de tout album réellement légendaire : il lui faut absolument une tragédie corollaire. Après le déchirement des couples sur Rumours, le quintett poursuivra sa carrière sous cette forme en passant par l’ambitieux et expérimental Tusk en 1979, et ce jusqu’au Tango in the night de 1987. Actuellement, le groupe a à nouveau sorti un très bon album en 2004 intitulé Say you will, avec toutefois l’absence remarquée de Christine McVie. Pour ces dinosaures de la pop et du rock, on espère que cette histoire qui dure depuis la fin des années 60 poursuivra son cours, puisqu’ils restent les témoins privilégiés de l’Histoire de la musique de ces quarante dernières années.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 11 contribution(s) au forum.

Fleetwood Mac : "Rumours"
(1/6) 27 octobre 2013, par Mike
Fleetwood Mac : "Rumours"
(2/6) 10 juin 2013, par nicole
dropshippingwatch
(3/6) 5 avril 2010, par Administrator
Fleetwood Mac : "Rumours"
(4/6) 5 janvier 2008
Fleetwood Mac : "Rumours"
(5/6) 22 mars 2007, par ex prof
Fleetwood Mac : "Rumours"
(6/6) 26 février 2007, par Lemmyke




Fleetwood Mac : "Rumours"

27 octobre 2013, par Mike [retour au début des forums]

This is awesome !

Quelle

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Fleetwood Mac : "Rumours"

10 juin 2013, par nicole [retour au début des forums]

back to the clients of Harrington Brooks & all associated companies under the control of Nick Holmes & in thẻ vip Miles Grady

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dropshippingwatch

5 avril 2010, par Administrator [retour au début des forums]

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Fleetwood Mac : "Rumours"

5 janvier 2008 [retour au début des forums]

ouais ! album gigantissime.... il y a enviton 10 ans ou peut-être un peu plus, ARTE diffusait le samedi soir une serie d"émissions ou des albums cultes etaient dissequés, dans leurs sessions d’enregistrement. les musiciens , producteurs, proches etaient invités, interviewés. le truc sur la console ! merveilleux !
et cet album avait fait l’objet d’une spéciale. hallucinant !

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Fleetwood Mac : "Rumours"

22 mars 2007, par ex prof [retour au début des forums]

A propos du ’mac’ période bluesy ,c’est bien beau de mentionner l’immense Peter Green(tjs une référence pour tous les bluesmen anglais) mais n’oublier pas les excellents guitaristes Danny Kirwan et Jeremy Spencer,et Mrs Mc VIe autrefois Christine Perfect
accompagnait Stan Webb au sein du fabuleux Chicken Shack.
Quelle époque jeunes gens !

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Fleetwood Mac : "Rumours"

26 février 2007, par Lemmyke [retour au début des forums]

Fabuleux album (réellement indémodable - je l’ai découvert à 17 ans et je vais en avoir 40) et excellente critique...
Si vous ne l’avez pas, préférez la version remasterisée bourrée de démos.

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