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Deep Purple : "Stormbringer (Remaster Edition)"
Hommage tardif

dimanche 11 juillet 2010, par Vincent Ouslati

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Non, n’allez pas vous lacérer le dos dans une procession orgiaque sous mes fenêtres, Le Pourpre n’a pas donné de successeur à Rapture in the deep. Il a fait mieux (selon moi), il a ressuscité un mort. Un cheval fou qui depuis trente-cinq ans hennissait de bizarre manière, ce qui ne lui enlevait certes pas son charme mais bloquait quelques potentiels cavaliers apeurés par sa production miséreuse.

En 1974, Stormbringer était bel et bien le second essai de Deep Purple en mode funk. Burn avait été un coup de génie, Stormbringer se fera souvent passer pour un mauvais second, un second essai pas bien brillant en plus, sorti la même année tel un recueil de chutes de son encombrant prédécesseur.

Erreur, bande de moules, Stormbringer est tout aussi abouti que Burn, n’en déplaise à la plèbe. Et il est temps de le vérifier. Deep Purple entama en 1995 avec son mythique In Rock une grande phase de remasterisation de son catalogue, utilisant comme prétexte l’accomplissement des vingt-cinq (In Rock, Machine Head, Made in Japan, Fireball), trente (Burn), voire trente-cinq ans (donc Stormbringer) de tel ou tel album.
Si les grands classiques ont de fait déjà bénéficié de ce nettoyage de qualité, il est étonnant que cette galette moins fameuse en profite également, trente-cinq ans après sa parution.

D’un point de vue technique, c’était nécessaire, étouffé, pas claquant, le son des pressages CD est une catastrophe et il fallait jusqu’à aujourd’hui se dénicher une noble version vinyle pour sentir quelques soubresauts. Et comme d’habitude, le travail a été aussi minutieux que bénéfique. Mais d’un point de vue historique, c’est une vraie claque. Pensez donc que cet album, boudé par Blackmore qui n’y officia que par lassitude, sans rapports aucun avec Gillan et Glover qui n’étaient plus sur le navire, tenu à bout de bras par le couple Coverdale/Hugues, cet album donc se voit aujourd’hui mis au rang de classique, d’incontournable de Deep Purple.

Voila qui n’est pas rien tout de même. On le railla tant ce disque, on se moqua de sa fausse tranquillité, de son aspect par trop peu rock alors qu’il vomissait du funk par tous ses rayons, on se gaussa tant et si bien qu’il tomba dans un relatif oubli, dans une ignorance qui le fit aimer de peu de gens. Les rares gens qui le connaissaient et qui comme votre primate l’aiment toujours autant.

Cette remasterisation, contrairement aux replâtrages grossiers d’un Dave Mustaine, n’a qu’un seul objectif, renaissance. Il suffit de constater les rééditions du catalogue du Pourpre Profond pour s’en convaincre, il s’agit moins d’enfiler les thunes (un peu aussi mais quoi de plus normal ?) que de rendre réellement hommage. Après d’aussi glorieux ainés, que Stormbringer se voie ainsi mis en lumière est une belle décoration de la part du groupe qui reconnaît ici, malgré les différents lines-up, toute la qualité de ce disque.

Je n’irai pas vous reparler des titres, ce sont les mêmes bien entendu et les quelques remixes de Hugues tels que Holy man, You can do it right, Love don’t mean a thing ou encore Hold on sont certes agréables mais ne constituent aucunement la principale raison de s’exciter. Encore moins la version instrumentale de High ball shooter qui ravira les fans de karaoké mais pas plus. Ce qui me fait tirer des hectolitres de larme de joie, ce sont connement ces neuf titres réarrangés, magnifiés, sortant de trente-cinq ans de poussière pour vous exploser aux oreilles dans la seconde.

Le son est enfin parfait, rendant tout le génie de ce compositions. Tout y gagne, même la guitare du colérique ménestrel profite de l’aubaine pour faire entendre mieux encore ses maigres soli. J’adulais déjà Stormbringer avec ses sons minables et sa production vieillotte, mais ici, c’est un nouveau coup de foudre (euh...). Sortez du placard votre casque et dégustez-le ainsi, c’est un feu d’artifices dans les esgourdes.

Je sais maintenant pourquoi cette galette est un incontournable de la carrière de Deep Purple. Nerveux, sensuel, excitant en somme, cet album est enfin reconnu à sa juste valeur par ses créateurs, trente-cinq ans après sa parution. L’hommage est d’importance, et peu importe que la reconnaissance soit aussi tardive, elle n’en a que plus de poids.



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Vincent Ouslati





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Deep Purple : "Stormbringer (Remaster Edition)"
(1/1) 11 juillet 2010




Deep Purple : "Stormbringer (Remaster Edition)"

11 juillet 2010 [retour au début des forums]

Stormbringer, l’album mal aimé de beaucoup de monde (y compris de gens qui se disent fans du groupe. ...surtout de ceux là d’ailleurs !). mais finalement le cas n’est pas isolé dans la discographie de Deep Purple car Fireball et Who Do We Think We Are ? n’ont jamais eu vraiment la cote (même Ritchie Blackmore déteste ces 3 là !). le désintérêt général est peut-être dû au fait que le groupe sort des sentiers battus et tente autre chose sur ces albums et il est bien connu qu’une grande partie du public n’aime pas les changements d’orientation et le renouvellement de la part de ses artistes préférés ! pourtant si on écoute bien les albums de Deep Purple jusque là, on s’aperçoit que dans chaque disque qu’ils ont sorti, l’inspiration et le talent des musiciens est assez large pour que chaque morceau qui compose un de leurs albums ait une identité, un son qui lui est propre. Deep Purple n’a jamais été uniquement un groupe de hard rock (loin de là même !). si l’on prend le cas de Fireball et Machine Head par exemple, on s’aperçoit que le côté un peu ’funky’ ou ’rhythm and blues’ était déjà présent dans des morceaux comme no one came ou maybe i’m a leo. bien entendu dans le contexte de Stormbringer (Hughes & Coverdale), le groupe se lache et passe à la vitesse supérieure dans ce domaine, mais pas uniquement ! on perçoit aussi une nette influence de la musique Californienne dans les compositions et le son des claviers de Lord mais également dans le jeu de Blackmore, que ce soit dans ses ryhtmiques que dans ses soli ! (s’en est d’ailleurs assez étonnant, mais aussi assez jouissif, il faut le dire !). Stormbringer est un album formidable dans lequel tous les morceaux sont de qualité égale (c’est à dire, excellents et inspirés !). je n’ai pas encore entendu le mix en quadriphonie du DVD audio dans cette Remastered Edition, mais j’imagine que ça doit être quelque chose !..... (il y eut un quadriphonic mix en 74, sorti à quelques exemplaires, et cette double édition renferme cette curiosité d’époque).

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