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David Gilmour : "David Gilmour"
Need a break ?

dimanche 3 juin 2007, par Geoffroy Bodart

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Malgré l’ouragan punk, malgré les tensions internes de plus en plus vives, malgré l’accueil mi-figue, mi-raisin de leur dernier album, le pourtant excellent Animals, le navire Pink Floyd tient bon. Et alors que Roger Waters planche sur les projets The Wall et The pros and cons of hitch-hicking qu’il soumettra à ses exécutants, David Gilmour, de son côté, s’offre une petite pause.

Tout comme Richard Wright, d’ailleurs, qui sortit également un album solo cette année-là, preuve supplémentaire, si besoin en était, de la mainmise quasi-absolue de Waters sur le groupe et de la nécessité de ces musiciens hors pair de laisser exprimer leur créativité dans un environnement plus léger.

A la basse et à la batterie, Gimour invitera respectivement Rick Willis et Willie Wilson, avec qui il jouait avant d’entrer dans la Machine Floyd. Tout comme sur le dernier On an island, pour lequel il s’était adjoint la compagnie de son épouse et d’amis proches (parmi lesquels Phil Manzarena de Roxy Music ou Crosby & Nash), on retrouve déjà en 1978 ce besoin d’un entourage relax et convivial. La musique qui en ressort est à l’image de l’ambiance telle qu’on l’imagine en studio : détendue.

Détendue, mais impeccable à tous niveaux. David Gilmour ne profite pas de la liberté qu’il vient de s’octroyer pour brader la qualité de ses compositions, bien au contraire. Mais aux chansons à rallonge et aux structures architecturales de Dark side of the moon ou Wish you were here, il préfère des morceaux courts et aligne la formule couplet-refrain-solo. Ben oui, solo quand même... Car malgré sa voix remarquable et chaleureuse, le bonhomme est bel et bien guitariste, et cet album est avant toute chose un florilège de ce dont il est capable. Sans esbroufe, mais avec une maîtrise improbable qui, sous ses dehors plus abordables qu’avec le Floyd, n’en recèle pas moins énormément de nuances.

Alors bien sûr, on ne peut pas ne pas penser à Pink Floyd tout le long du disque. Quoi de plus normal vu que ce son de guitare est l’une des caractéristiques les plus identifiables du groupe ? Le guitariste n’évite d’ailleurs pas certains tics, comme par exemple sur le final de Cry from the street, qui rappelle celui de Sheep. Mais les signaux de la rupture artistique sont pourtant nets. La structure des chansons, on en a déjà parlé. L’ouverture de l’album, également, Mihalis. Bien qu’instrumental, ce titre est très loin d’une introduction classique à la Pink Floyd (qu’il s’agisse de la brutalité de In the flesh ou de la délicatesse de Shine on you crazy diamond, les intros des albums du quatuor ont toujours servi de base, de déclencheur, d’un disque pensé comme un tout). En effet, on est embringué directement dans une rythmique qui semble ne pas nous avoir attendus, un peu comme si on avait raté les deux premières minutes de l’album, qu’on était arrivé à l’improviste dans une soirée privée qui avait commencé sans nous.

A partir de là, l’album s’écoule d’une traite. Mis à part un No way flamboyant et au riff entêtant, et un It’s deafinitely qui rompt l’ambiance sereine par son côté « et si on prenait des champignons qui font rire » plus que prononcé, les autres titres, pour aussi bons qu’ils soient, ne cherchent pas à passer à la postérité. Pas mal de ballades au programme, et les titres plus blues ou plus rock ne sont pas sources de déflagrations dantesques. C’est justement ce qui plaît. Cet album est humble, il est sans ambition, il est totalement décontracté, David Gilmour ne cherche qu’à se faire plaisir. Il y est parvenu, et ce plaisir rejaillit immanquablement sur l’auditeur.



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Geoffroy Bodart





Il y a 4 contribution(s) au forum.

David Gilmour : "David Gilmour"
(1/3) 16 février 2008
David Gilmour : "David Gilmour"
(2/3) 21 août 2007, par rené
David Gilmour : "David Gilmour"
(3/3) 3 juin 2007, par naughtyfrog




David Gilmour : "David Gilmour"

16 février 2008 [retour au début des forums]

si il y a bien un seul album à avoir de Gilmour, c’est bien celui là !
compos sans esbrouffe mais classieuses/jeu fluide mais énergique.
pour ceux qui aimait le Gilmour de l’époque 68/78, il est là !

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David Gilmour : "David Gilmour"

21 août 2007, par rené [retour au début des forums]

Qu’on se le dise, David Gilmour plane à vingt mille années lumières au dessus de Clapton. Il y a plus dans les solos de Time, Confortumbly Numb et l’ouverture de Wish you were here que dans toute l’oeuvre de ce fichu Clapton dont on nous rabat les oreilles. Hors, et c’est un mystère, ce david Gilmour - enfin débarassé de Roger Waters - était capable de pondre des albums immenses et n’a pondu que trois albums moyens. POurquoi ? Pourquoi ? Je vous le demande !

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David Gilmour : "David Gilmour"

3 juin 2007, par naughtyfrog [retour au début des forums]

cher crapaud j’espere que cet album datant des temps benis du rock est bien meilleur que le pauvre "on an island" dont tu nous a affligé la critique l’année dernière
salutations Maidiennes

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    David Gilmour : "David Gilmour"

    4 juin 2007, par Geoffroy Bodart [retour au début des forums]


    Meilleur, moins bon, chacun appréciera. Il est en tout cas fort différent. C’est sans doute pour ça que j’ai du mal à dire lequel je préfère.

    Si On an island a été conçu et vendu comme le seul et unique disque que les fans de Pink Floyd aurait à se mettre sous la dent, celui-ci a été composé dans une toute autre optique et se démarque assez clairement des albums du Floyd de l’époque.

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