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Bob Seger & The Silver Bullet Band : "« Live » bullet" Same ol’ clichés mardi 18 décembre 2007, par |
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Malgré une quarantaine d’années de scène et une petite vingtaine d’albums au compteur, Bob Seger n’a jamais vraiment percé sur le vieux continent. Et il y a fort à parier que sa notoriété serait encore moindre si Metallica n’avait pas eu la bonne idée de reprendre une de ses chansons sur son Garage Inc. Les raisons de ce relatif incognito sont probablement à chercher du côté du son très (trop ?) américain de Bob Seger, à rapprocher de celui des Eagles, avec lesquels il coécrivit le single Heartache tonight. Quintessence du rocker US avec sa moto et ses santiags, toujours prompt à causer de rock, de moto et de filles, il nous livre avec ce « Live » bullet ce qui peut être considéré comme la meilleure introduction à sa discographie.
Notez bien les guillemets autour du mot « Live ». Bob Seger n’essaie même pas de s’en cacher, même si le matériau de base est constitué de deux concerts donnés à Detroit, une grande partie de ce qui est livré sur disque fut réenregistré en studio. Tenter de soutenir la thèse inverse relèverait par ailleurs du suicide. Le mixage, apparemment confié aux soins de la concierge sourde du stagiaire amateur est l’un des pires qui puissent exister. Les applaudissements sont coupés brutalement avant que la chanson ne débute, reviennent tout aussi soudainement une fois celle-ci terminée, disparaissent dans un fade-out, reprennent immédiatement dans un fade-in annonçant le titre suivant. Du grand n’importe quoi ! Quant aux chansons, on alterne les morceaux totalement réenregistrés (Travellin’ man, Turn the page, etc.) et ceux laissés « en l’état » (Nutbush City limits, Let it rock), tiraillant l’auditeur entre les chansons à écouter et celles à ressentir en guise de témoignage du live. Et pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, cet album est une vraie réussite. Car derrière le jemenfoutisme patent de la production et les tricheries évidentes, il y a surtout des très bonnes chansons. Du good old rock’n’roll en plein, exécuté par des musiciens qui sont loin d’être des manches, qui nous renvoie sur les routes des USA en un tournemain. Doté d’une bonne voix rocailleuse, Bob Seger nous conte ces petites historiettes qui fleurent bon le rêve américain avec une sincérité et un plaisir évident. Bien qu’il n’y en ait pas un à jeter, si on ne devait retenir qu’un seul titre sur les quatorze de ce « live », ce serait bien évidement Turn the page. Bien que superbement interprété par Metallica et illustré par un mémorable clip, la version de Bob Seger demeure incontestablement quelques crans au-dessus. Ce saxophone qui prend immédiatement à la gorge, cette guitare étouffée, ce chant las qui n’explose qu’en toute fin de chanson, sont autant d’éléments qui magnifient un des plus beaux textes écrits sur le quotidien des artistes en tournée, mettant en avant l’ennui ressenti sur les routes et le pathétique de cette vie hors du monde réel. Hormis ce chef-d’œuvre, point de moment inoubliable sur cette galette, mais un débit continu de morceaux qui font taper du pied et qui prennent toute leur saveur une fois écoutés soit en voiture sur l’autoroute, soit une chope à la main. S’il manque au répertoire de Bob Seger l’un ou l’autre grand classique qui lui permettrait de s’asseoir au panthéon des songwriters, sa longévité et son côté cliché l’inscrivent de facto dans le decorum de la musique US. Ce « Live » bullet, parfaitement représentatif tant du bonhomme que de sa carrière, trouveront donc une place de choix dans la discothèque de tout amateur de rock dans sa forme la plus basique et efficace qui soit. |
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