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The Doors : "The Doors" Hail to the lizard king ! vendredi 14 mai 2004, par |
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S’attaquer à une légende du rock, c’est autrement plus difficile que de s’essuyer les pompes sur les efforts pathétiques du dernier groupe pop-rock à la mode. Parce que dans un cas comme celui-ci, on ne se ramasse pas les miaulements des ados esseulés, analphabètes et sexuellement indéfinis sur le dos, mais bien deux ou trois générations de fans doués de la pensée et donc, nettement plus redoutables. Remarquez que quand je dis « attaquer », il faut lire « aborder », de la même manière que le jour où je vous dirai que je vais m’attaquer à Henry Rollins, il faudra comprendre que j’envisage d’écouter un album de Black Flag et pas de chercher une mort rock’n roll en allant raconter des choses sales sur la génitrice des 130 kg de testostérone énervée de ce brave Henry.
Et puis, que voulez-vous que j’aille reprocher aux Doors dans le fond ? Comment voudriez-vous que je dise du mal du plus grand groupe des années 60, et accessoirement des 3 décennies qui ont suivi ? Comment pourrais-je gloser sur la voix unique de Jim Morrison, cette voix capable de hurler à pleins poumons comme de soupirer les insinuations les plus scandaleuses de cette époque. Non, décidément, parler en mal des Doors n’a aucun intérêt. Il y aurait à peu près autant de chances d’être pris au sérieux qu’en déclarant avoir toujours trouvé Mona Lisa bovine et inexpressive. Ou en estimant que Stanley Kubrick aurait été plus à sa place comme photographe dans une communion solennelle. Ou même en affirmant d’un air convaincu préférer la Cara-Pils au Gewurztraminer. Bref, critiquer les Doors est non seulement vain, mais en plus sans la moindre raison d’être. Avant toute chose, je compte m’autoriser une petite digression afin de mettre les choses au point. Je n’ai vu le film The Doors d’Oliver Stone qu’assez récemment, longtemps après avoir découvert et m’être injecté la musique du groupe par intraveineuse 24 heures sur 24. Le film en lui-même m’a paru relativement honnête, même si logiquement beaucoup plus simpliste et vulgarisateur qu’une biographie de la trempe de No one here gets out alive. Et s’il a permis à certaines personnes de découvrir et de s’intéresser à ce véritable mythe des sixties, son tournage n’aura certainement pas été vain. Mais j’ai toujours trouvé fort regrettable que pour beaucoup, l’image des Doors et de leur leader surhumain soit restée celle induite par le film et le marketing grossier qui en a - sans doute involontairement - découlé. Dans la foulée de Nirvana, Jim Morrison se voyait transformé en icône adolescente niaise et fashion victim, en dépressif suicidaire, en jeune iconoclaste, rebelle juste comme il faut, en champion de la défonce positive. Certaines de ces assertions ont beau sembler à moitié vraies en surface, il est stupide de penser que les Doors se limitaient à être un pur phénomène contemporain, à la Kurt Cobain, simplement transposé aux années 60 sans même réfléchir au fait que l’environnement social, culturel et politique de cette époque n’avait strictement aucun point commun avec le début des années 90. Nirvana incarnait une époque, un son, une attitude très concentrés dans le temps. Les Doors n’incarnaient rien d’autre qu’eux-mêmes, et ne peuvent dès lors pas être considérés ni comme un groupe griffé années 60, ni comme un groupe connoté années 70. Les Doors sont intemporels, tout simplement. Au milieu des années 60, Jim Morrison, caractère instable et violent, soumis dès l’enfance à l’autoritarisme de son militaire de père, vivote sur le campus de l’université de Californie où il est théoriquement inscrit dans la section cinéma. Peu attiré par le rock, il lui préfère de loin rhythm’n blues et spirituals. En attendant qu’il se passe quelque chose, Jim compose ses premiers textes mentalement, traîne avec la faune bohème de Los Angeles, se soûle et se ravage les neurones à l’acide avec le futur Alice Cooper, découvre avec passion les théories nietzschéennes et les poètes de la Beat generation et s’invente sa propre personnalité, mélange de Friedrich Nietzsche, Arthur Rimbaud et Dean Moriarty, personnage principal de On the road de Jack Kerouac. La rencontre avec Ray Manzarek sera l’étincelle qui déclenchera la genèse d’une des plus fantastiques épopées de l’histoire du rock. Prodige du piano classique passé au blues et s’étant tourné sur le tard vers des études de cinéma, Manzarek est nettement plus âgé que Jim mais les deux hommes se vouent une fascination réciproque. Morrison est certain d’avoir rencontré celui qui pourra mettre ses pensées et ses poèmes en musique, tandis que Manzarek est impressionné par le foisonnement d’idées du jeune poète, et intrigué par son tempérament excessif et emporté. Persuadé du mélange potentiellement explosif que pourrait donner les idées de Morrison sous sa direction musicale, il l’invite à rejoindre le groupe de blues qu’il a créé avec ses deux frères. Les excès et les écarts de conduite du nouvel arrivant ne tardent pas à faire déguerpir ces derniers. Il ne restait plus qu’à attendre l’arrivée du batteur de jazz John Densmore et du guitariste Robbie Krieger, tous deux férus de méditation transcendantale, pour que la légende puisse prendre son envol. Quatre très fortes personnalités qui transformeront un simple groupe de rhythm’n blues en phénomène unique et inimitable de l’histoire de la musique. Celui que l’on n’appelle pas encore le Roi-Lézard prend très vite le commandement des opérations, et baptise la nouvelle entité The Doors, en référence à un essai d’Aldous Huxley, lui-même inspiré par un poème de William Blake. La célèbre citation d’Huxley sous l’emprise de la mescaline, If the doors of perception were cleansed, things would appear as they truly are, infinite semble avoir été conçue expressément pour coller à l’atmosphère unique de ce qui reste à mes yeux le plus grand groupe de l’histoire. Break on through (to the other side) semble annoncer d’emblée que l’on ne va pas écouter un groupe « normal » mais assister à une célébration hors du temps et de l’espace. En cette période fertile en expérimentations diverses et en tentatives de gagner un hypothétique « ailleurs », Morrison invite à passer de l’autre côté, à transgresser, quoi qu’il y ait à transgresser. Malgré les outrances scéniques permanentes de leur chanteur, ses crises de démence sous acide, et les appels à l’insurrection que, fasciné par le pouvoir d’attraction du rock sur les foules, il ne peut s’empêcher de lancer avec un certain succès, les Doors étaient à des années lumières d’être un groupe versant vulgairement dans la provocation. Leur présence sur scène provoquait une fragrance unique qu’aucun autre groupe de rock n’a jamais été en mesure de retrouver. Manzarek, des années après le décès de Jim, tentera de résumer l’atmosphère de cette fantastique année 67 : « Jim était comme le chaman dans le rituel peyotl qui fait cette danse indienne bizarre, en sautillant avec des maracas. Notre boulot était de créer de la musique pour cette transe, un rythme hypnotique... Après ça, le public s’en allait et personne n’applaudissait. L’effet était cathartique. » Tout n’est pas que bruit et fureur rock’n roll. Le fantomatique End of the night ralentit la frénésie des morceaux précédents. Et en 2 minutes 30, les Doors offrent une des plus merveilleuses ballades de l’histoire de la musique : le sublime, le pléthorique, le sensuel et poétique The crystal ship. Rien que le court break instrumental au piano, pourtant d’une simplicité crevant les yeux, est d’une délicatesse à tirer les larmes de l’être le plus endurci. A l’opposé, Alabama song ne met pas deux secondes à vous remettre d’aplomb en n’importe quelle circonstance. Les Doors ont transformé le fruit de la collaboration entre Bertolt Brecht et Kurt Weill, tiré du Aufstieg & Fall der Stadt Mahagonny, en sautillant morceau country/blues dont il arrive fréquemment qu’on reprenne à tue-tête le premier couplet alors que l’on cherche vainement un bistrot ouvert à Namur un samedi soir : Oh show me the way to the next Whiskey bar… oh don’t ask why, oh don’t ask why…for if we don’t find the next Whiskey bar, I tell you we must die, I tell you we must die. Vous l’avez compris, c’est du vécu. L’imparable Light my fire, quant à lui, est le classique par excellence des Doors. Ce morceau composé par Robbie Krieger, basé sur une mélodie éminemment accrocheuse et des paroles simples, sera le premier grand succès radio des Doors et restera N°1 pendant près de 3 semaines durant l’été 67. Malgré la mauvaise volonté du groupe qui répugnait à penser que son album puisse être considéré comme autre chose qu’un tout, le label Elektra parviendra à faire sortir Light my fire en single, malheureusement amputé de sa longue section d’orgue baroque. Outre la reprise d’un vieux standard blues de Willie Dixon, un Back door man salace tout en grondements félins qui ouvrait systématiquement les premiers concerts de 1967, The Doors renferme son lot de courtes chansons pop plus simples d’accès : Soul kitchen, le sarcastique Twentieth century fox ou encore, Take it as it comes et son entraînante atmosphère liturgique. Des titres mineurs serait-on tenté de dire… mais uniquement par comparaison avec les chefs-d’œuvre éternels de ce premier album. Et il est déjà temps de parler de la dernière chanson, la plus emblématique des Doors, la chanson par excellence symbolisant et résumant à elle seule Jim Morrison, facette sombre. Le chef-d’œuvre de 12 minutes à la poésie hallucinée et hermétique. L’un des quatre ou cinq morceaux totalement indispensables du rock. Celui qui commence comme une mélancolique et hypnotique évocation des temps enfouis, et se termine en chaos sonore distordu, après être passé au travers de métaphores mystérieuses et de ce mythologique hurlement de rage œdipienne, devenu un véritable classique : Father ? Yes, son. I want to kill you. Mother ? I want to…. Si sur cet album, le moment crucial est assourdi sous les hurlements, les premières interprétations du morceau, non censurées, valurent au leader des Doors d’être interdit de séjour au célèbre Whiskey A-go-go, puis d’être considéré comme l’ennemi public N°1 et le responsable bien pratique de la corruption de jeunesse américaine. Le morceau, enfin, que les Doors, reformés sous l’appellation The Doors of the 21st century avec Ian Astbury de The Cult, refusent absolument de jouer en concert, arguant qu’il s’agit de « La » chanson de Jim, la seule à être si personnelle et si symptomatique de la personnalité du défunt génie qu’il vaut mieux ne jamais plus y toucher. Et ils ont raison, que diable ! Car, bien que je soupçonne a priori Astbury de s’acquitter honnêtement et modestement de sa tâche, l’idée de voir interpréter ce monument par tout autre vocaliste que Jim tient de la profanation avec préméditation. Bref, je vous ferai l’injure de vous rappeler qu’on parlait de The end tout en espérant du plus profond de moi avoir réellement perdu mon temps en apportant cette précision. Fin de chronique. Fin de chronique ? Tout à fait. D’habitude, j’essaie au moins de respecter les laborieuses règles de dissertation vaguement apprises voici une dizaine d’années, mais l’existence d’une conclusion implique qu’on y reprenne le pour, le contre, avant de mixer les deux en outro finale. Mais le problème avec cet album des Doors est qu’il n’y a pas de « contre » possible ni envisageable, et qu’il serait scandaleux de devoir le résumer, même pour la forme, en moins de 100 lignes. Ne pas aimer les Doors est un acte tout à fait inconcevable. Cela n’existe pas. Ou alors, je ne veux pas le savoir. Le plus grand album des années 60 et au-delà, probablement l’un des meilleurs de tous les temps. Comment ça, je suis subjectif ? Vous en doutiez encore ? |
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Il y a 42 contribution(s) au forum. The Doors : "The Doors"
(1/22) 12 juin 2013, par martina The Doors : "The Doors"
(2/22) 9 juin 2013, par nice Pour le plus grand groupe du monde
(3/22) 17 mai 2011, par Maxime 17 ans The Doors : "The Doors"
(4/22) 10 mars 2011, par Coco1720 The Doors : "The Doors"
(5/22) 10 juillet 2008, par Jimbo The Doors : "The Doors"
(6/22) 8 juin 2008, par Jimbo The Doors : "The Doors"
(7/22) 25 juin 2007, par NIKEL The Doors : "The Doors"
(8/22) 15 mai 2007, par thomas et hugo The Doors : "The Doors"
(9/22) 6 mai 2006 The Doors : "The Doors"
(10/22) 21 avril 2006 The Doors : "The Doors"
(11/22) 15 avril 2006, par Quelqu’un The Doors : "The Doors"
(12/22) 17 mars 2006 > The Doors : "The Doors"
(13/22) 23 juillet 2005, par dionycos > The Doors : "The Doors"
(14/22) 27 décembre 2004, par DAID > The Doors : "The Doors"
(15/22) 21 décembre 2004, par Youki Smayas > The Doors : "The Doors"
(16/22) 11 novembre 2004 > The Doors : "The Doors"
(17/22) 7 septembre 2004, par Fulgore > The Doors : "The Doors"
(18/22) 13 août 2004 > The Doors : "The Doors"
(19/22) 30 juin 2004 > The Doors : "The Doors"
(20/22) 20 juin 2004, par maitre cap > The Doors : "The Doors"
(21/22) 16 mai 2004, par Jé > The Doors : "The Doors"
(22/22) 16 mai 2004 |
The Doors : "The Doors" 18 octobre 2006, par Huguette [retour au début des forums] Voici la liste des meilleurs albums de cette magnifique 2ème moitié des sixties :
The Doors : "The Doors" 24 juin 2007, par ledzepfan42 [retour au début des forums] perso :
The Doors : "The Doors" 25 décembre 2012, par chinatabletpc [retour au début des forums] Oppo says it spent plenty of time crafting the Star B94M 5’s design, so it’s not all about the display.
> The Doors : "The Doors" 2 septembre 2005 [retour au début des forums] "Light My Fire"....Pour un type qui se prétend fan, ça fait un peu l’air con.... > The Doors : "The Doors" 3 septembre 2005, par R.T. [retour au début des forums] Il aurait aussi pu écrire "The hand", un sur deux, c’est déjà pas mal......... > The Doors : "The Doors" 20 janvier 2006, par Guelmy [retour au début des forums]
Vives les fans encores existant des Doors
Pour moi le meilheur album a éte le premier. G adoré les suivant mais il y a une ambiance particuliére dans THE DOORS. LA WOMAN est trés puissant aussi. Ainsi ke Strabge days, le grand Morrison Hotel. Et les autres. Jim chante trés bien bourés (voir The lost paris tapes et certains lives). J’aimerai revenir dans le temps pour le voir ainsi ke le big boss du reggae. Pas besoin de dir son nom. Ses états d’ivresses lui ont coutés des rivales comme Janis Joplin. Il est vrai kelle chante trés bien ivre ; beiu ke Jim il fo l’avouer. Elle fait des voix impossibles. Mais bom pour moi jim et les DOORS sont le mouvement psycakelic á suivre dans notre génération.
> The Doors : "The Doors" 20 janvier 2006 [retour au début des forums] Peut-être un peu moins de champignons pour être un peu plus clair. Mais sinon, tu as écouté Hendrix ? Essaye un peu, si tu aimes les Doors et Janis, je pense que tu devrais apprécier. > The Doors : "The Doors" 3 avril 2006, par Jesus [retour au début des forums] non, hendrix, c’est tout un autre style, que je n’aime ps d’ailleur, le bleus à la jimli henrix, pafffffffffffff > The Doors : "The Doors" 24 juin 2007, par ledzepfan42 [retour au début des forums] oui mais le style psychédelique ca marche > The Doors : "The Doors" 10 mars 2011, par Coco1720 [retour au début des forums] LA Woman est une perfection ! Le titre éponyme l’est également
> The Doors : "The Doors" 20 janvier 2006, par Guelmy [retour au début des forums]
Encore heuerux ke Jim est mort á cet age. (je m’exuse si je blaise kelkun)
Il est mort parcekil l’a voulut. Pas de gosse, pas d’hiritage musikal. Parfait pour un mythe et un homme dont l’ont se souviendra longtemps de son existense. A mon avis Jim et Les Doors ne sont pas pres de mourrir. Tant ke l’ont parlera d’eux ils ne seront pas morts. Le délire c sa tombe au Père Lachaise. Restera labas pour toujours ? Ou les amérikains la voudront pour eux ?
Le futur des Doors depend ke de nous : les fans.
Mes enfants auront la chanse d’écouter ce son. Du moin g l’espére. Et en l’an 3000 ils seront encore vivant !
> The Doors : "The Doors" 27 décembre 2004, par DAID [retour au début des forums] TA UN PROBLEME DE...SONO
> > The Doors : "The Doors" 17 mars 2005 [retour au début des forums] Ouais bin vu ton post, t’as pas du aller beaucoup à l’école, toi... Sais-tu au moins ce qu’est l’existensialisme ou même la philosophie ? As-tu au moins déjà lu du Sartre ? Restons sérieux tout de même ! Tu ne me connais pas et je ne te connais pas, alors évitons toute quérelle, surtout sur un sujet aussi puéril... > > The Doors : "The Doors" 7 avril 2005 [retour au début des forums] j ai 50 ans vieux > > The Doors : "The Doors" 9 avril 2005 [retour au début des forums] Et alors ? L’intelligence n’est pas proportionnelle à l’âge. Et c’est encore plus navrant de voir qu’une personne de 50 ans ait des raisons d’ados en crise comme ça. Enfin bon, le "débat" est clos. > > The Doors : "The Doors" 11 avril 2005 [retour au début des forums] "...des "réactions" d’ados..." > The Doors : "The Doors" 13 avril 2006, par Ca y est je me calme, j’écrit des choses meilleurs [retour au début des forums] HOHOHOHOHOHHOHOHO, du calme la, on ne s’engeule pas ... deja, t’a esseé toi de faire ce que tu dit, de t’interesser à tout ca ? hein, alors fait pas chier espece de petit ...
> The Doors : "The Doors" 27 décembre 2004, par daid [retour au début des forums] le meilleur c est le premier etle....dernier !etonnant non ?
> The Doors : "The Doors" 9 février 2006 [retour au début des forums] la blague hahaha > The Doors : "The Doors" 8 avril 2007 [retour au début des forums] ma foi je suis en train de terminer pour ma part une chornique de l’album, commeje le fais depuis déjà quelques mois avec d’autres classiques.
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