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Elvis Presley : "From Elvis in Memphis" King for a day, fool for a lifetime vendredi 14 mai 2010, par |
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Elvis, en 1969, rêve de donner un véritable second souffle à sa carrière. Son contrat avec la MGM se termine, il peut légitimement espérer redevenir autre chose qu’un piteux acteur de comédies musicales de série B. Il n’a, dès lors, plus qu’une seule ambition, la seule qui devrait animer un chanteur de son rang : entrer en studio et graver sur sillon de véritables albums. Comme les Beatles. Comme les Stones. Comme Dylan. Comme Hendrix. Autant d’artistes qui, disque majeur après disque majeur, ont pris les sixties à leur compte pendant qu’il cultivait le navet à Hollywood.
Elvis au cinéma, d’un point de vue purement Marketing, c’est une idée de génie. Quand il tourne Love me tender, en 1956, il est le King, probablement la plus grande idole que la terre aie porté, la première dont chaque apparition déclenche des émeutes, des crises d’hystérie, des scènes d’évanouissements collectifs ; son insondable beauté, ses déhanchements suggestifs (« obscènes ») et les rythmes endiablés de sa musique, le rock’n’roll (« la musique du Diable »), poussent toute une jeunesse américaine à s’émanciper d’un seul coup du joug d’une éducation très stricte, d’une influence encore grande de la religion et de sa morale désuète sur la vie quotidienne, la sexualité et les mœurs en général. Ses premiers films remportent, comme prévu, un succès populaire colossal. Il faut pourtant se rendre à l’évidence, les scénarios sont quasi inexistants et Elvis n’a pas le talent de comédien de James Dean ou Marlon Brando, loin s’en faut. Ces films ne sont que des prétextes à placer ses chansons, ce qui permet de gagner sur tous les tableaux. Les historiens du rock considèrent d’ailleurs qu’en introduisant ses vignettes chantées à l’écran, il a en quelque sorte inventé le vidéo-clip. L’affaire est extrêmement rentable mais, d’un point de vue musical, c’est un gâchis. L’un des plus grands interprètes de tous les temps, si pas le plus grand, est sous-employé, délibérément maintenu dans un registre juteux mais artistiquement proche du néant. Telle est la volonté de son manager, l’autoproclamé Colonel Tom Parker. Et Elvis, fortune faite, s’y plie de bonne grâce. Lorsque les années soixante sont sur le point de s’achever, le nom du chanteur est apparu au générique d’une grosse trentaine de films. Le public l’a lâché en chemin, lassé d’assister à de tels non-évènements, et son nom ne figure plus dans les hit-parades depuis bien longtemps. Il accueille donc la fin de son contrat comme une libération. Pour signifier son retour, la chaîne NBC organise une émission spéciale en prime-time, un concert unplugged (le premier du genre !), qui sera le programme le plus regardé de l’année 1968 aux Etats-Unis. Le Colonel Parker veut que l’idole y apparaisse déguisé en Père Noël. Mais pour une fois, son poulain tient bon : ce sera sa combinaison de cuir noir ou rien. Entouré des musiciens de ses débuts, il joue ses anciens tubes et de vieux classiques du rock’n’roll. Le succès est total, les fans se réconcilient avec leur King. L’Elvis acteur est mort, le chanteur est de retour. Il se met alors à rêver de retrouver son lustre d’antan, à reprendre la seule place qui lui aille vraiment, la première, occupée aujourd’hui par les Beatles. Il est conscient du retard qu’il a à combler (pendant qu’il tournait des Paradise Hawaiian Style et autres Viva Las Vegas, ils enregistraient des Rubber Soul, Revolver et Sgt. Pepper, eux) et il sait que cela passe par la case studio. Elvis s’enferme donc à Memphis, à l’American Studio, avec la crème de la crème des musiciens de sessions du moment et deux cadors à la production, Chips Moman et Felton Jarvis. Comme par le passé, il sélectionne des chansons écrites par d’autres (rappelons qu’à l’instar d’un Sinatra, Presley n’est qu’un interprète, il n’a jamais rien composé lui-même) et se charge d’en livrer les meilleures versions jamais jouées. De ces sessions historiques naissent les bandes de From Elvis in Memphis, sans doute son album le plus personnel. En décrire chaque chanson est un exercice à la fois difficile et vain. Elvis fait du Elvis, tout le monde sait très bien ce que cela signifie : il s’agit d’une musique résolument américaine, du rock teinté ça et là d’influences country, rhythm’n’blues et même gospel, le tout porté par une voix d’or. Magique. Inimitable. Parfaite. La voix du King, sensuelle autant que puissante. Il a 34 ans, il ne hurle plus, ne gesticule plus comme en 1956, mais il a gagné en maîtrise et en maturité ; il est au sommet de sa forme et de son art. Les simples tirés de ces sessions, In the ghetto, Suspicious minds et Don’t cry daddy (les deux derniers, pas repris sur le LP à l’époque, ont été ajoutés en bonus sur les rééditions CD), replacent Elvis au sommet des charts internationaux pour la première fois depuis une éternité. Avec In the ghetto, une critique sociale que n’aurait pas renié Dylan, il endosse, bien qu’il s’en défende, un costume plus sérieux de protest singer ; il ne chante plus sur l’amour, les filles, les vacances à Honolulu et les cœurs brisés, mais sur un sujet plus politique et sensible. Et il le fait avec un charisme époustouflant. Une autre chanson, Only the strong survive, va dans le même sens, tandis que Long black limousine s’attarde sur les aléas de la célébrité. En poursuivant de la sorte, en continuant à enregistrer de vrais albums dotés de vraies bonnes chansons, bien que n’écrivant pas lui-même ses textes, Elvis aurait pu gagner la crédibilité d’un Dylan, justement, ou d’un Lennon. Au lieu de ça, à nouveau mal conseillé, il est parti s’enfermer à Las Vegas, défendre un tour de chant pompier avec grand orchestre. Une nouvelle prison dorée après celle des studios d’Hollywood. From Elvis in Memphis reste donc un disque sans réel lendemain, un retour éphémère, un album unique ; peut-être bien le meilleur, ou en tout cas le plus sincère et entier d’un des artistes les plus remarquables de l’histoire de la musique populaire. |
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Il y a 13 contribution(s) au forum. Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(1/10) 7 mai 2013, par John Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(2/10) 7 mai 2013, par John Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(3/10) 7 mai 2013, par John Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(4/10) 7 mai 2013, par Punk Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(5/10) 7 mai 2013, par Punk Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(6/10) 7 mai 2013, par Punk Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(7/10) 7 mai 2013, par Punk Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(8/10) 19 décembre 2012, par Antoun S Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(9/10) 5 octobre 2012, par weng Elvis Presley : "From Elvis in Memphis"
(10/10) 23 décembre 2010, par Erwin |
Elvis Presley : "From Elvis in Memphis" 28 décembre 2010 [retour au début des forums] Il est bien dit dans l’article que Suspicious Minds, bien qu’enregistré durant les mêmes sessions, ne figure pas sur le disque original mais seulement comme bonus sur ses rééditions en CD. Elvis Presley : "From Elvis in Memphis" 13 janvier 2011 [retour au début des forums] bonjour : "From Elvis in Memphis" et sa suite somptueuse "Back in Memphis" où figure en autres joyaux "the grass won’t pay no mind" (Elvis fait de la pop) de Neil Diamond.. ;du caviard !!!
Elvis Presley : "From Elvis in Memphis" 13 janvier 2011 [retour au début des forums] le caviar sans D c’est meilleur
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