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jeudi 1er juillet 2010

The point of Hell was to stay underground.

par Yû Voskoboinikov

La soirée bat son plein. La salle est bondée, tout le monde discute ensemble, et tandis que je viens de commander des repas pour mon groupe attablé en terrasse, une bagarre éclate non loin de l’entrée. Bon, je pourrais prétendre n’être passé devant que parce qu’elle était sur mon chemin, mais le fait est qu’il y a en Angleterre deux choses à faire : courir nu dans la rue plus de trente secondes — loin d’être facile — et participer à une rixe dans un pub. Enculé de ta race ! Je ne sais pas pourquoi, mais les Français ne s’intéressent toujours qu’à la mauvaise moitié des choses.

Nous ne sommes pas au Royaume-Uni, mais en Angleterre, à Londres, à droite de la droite, où tout le monde pense que Sarkozy est de gauche et où l’on reproche plus aux gens l’étroitesse de leur portefeuille que leur séance de trop au salon de bronzage. Je n’y suis pas pour le travail mais il s’avère par un concours de relations que je vais quand même officier, cette fois-ci aux platines, et au risque de faire danser les gens. Ici, je ne suis personne, ou presque ; un monteur de disques parfaitement inconnu avec un nom absolument ringard : DJ Bounty.

Cela remonte à loin, je venais d’acheter le nouvel album de Shazna au quai Branly, et je me préparais à revenir en cours à Dauphine lorsqu’un homme gros et gras — appelons-le Serge — m’accosta et s’intéressa à mon disque. Avec moult détails, Serge me raconta sa vie, et m’expliqua qu’il la gagnait en tant que monteur de disques, l’un des plus en vue à Paris : DJ Bounty. En lui transpirait la passion, le désir immense de faire danser les foules et de partager son bonheur de vivre avec elles, la capacité de tout donner, et surtout de recevoir. Nommément, son véritable métier était mendiant, et je m’étais promis d’une manière ou d’une autre de lui rendre un jour hommage. Vous connaissez la chanson : dont acte.

Ceci étant, n’allez pas croire que je suis moi-même monteur de disques. C’est avant tout un loisir, tout comme un nouveau champ d’expérimentation pour moi. Non pas, également, que je détienne l’Idée qui me permette de réinventer la roue. Juste, il me semble que tout comme Lester Bangs fit sa mise au point sur scène avec une machine à écrire, une excellente façon de donner vie à mes bafouilles est de présenter un florilège de la musique que j’écoute, à ma manière.

(...)

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